30% de cas de maladie de Crohn en plus

L’augmentation de la prévalence de la maladie de Crohn est visible partout en Europe, selon le Dr Vijverman, gastro-entérologue à l’hôpital de la Citadelle (Liège). » En France, le registre Epimad montre une augmentation de 30 à 40% des nouveaux cas diagnostiqués, sur les 20 dernières années.  » Parmi eux, plus d’enfants qu’auparavant.

Pour expliquer cette augmentation, la spécialiste évoque les facteurs environnementaux: d’un côté la pollution, et de l’autre, l’excès d’hygiène qui rend le système immunitaire plus vulnérable. » C’est une réaction auto-immune, l’intestin considère sa propre flore comme un ennemi, parce qu’il n’a pas été exposé dans l’enfance à certains germes pathogènes . »

Peu de facteurs peuvent être vraiment pointés comme véritables déclencheurs. » Il y a une prédisposition génétique…Mais le seul élément qui aggrave réellement le risque, c’est le tabagisme.On remarque aussi qu’avoir eu une appendicectomie augmente la probabilité. « 

Traitement en 3 étapes

Ces vingt dernières années, les objectifs de traitements ont évolué.Là où avant on cherchait clair une amélioration clinique, le traitement poursuit trois objectifs.  » Le 1erpalier, c’est la rémission clinique: la disparition des symptômes. » L’étape 2 se penche sur les biomarqueurs: « La prise de sang doit montrer une normalisation des traceurs inflammatoire. Dans l’analyse de selles, le dosage d’une protéine inflammatoire – la Calprotectine – doit incomber à la normale.  »

La 3eétape, c’est l’amélioration de l’endoscopie, c-à-d que les lésions soient cicatrisées. « Quand il y a une cicatrisation au niveau intestinal, le pronostic du patient est corrigé: moins de complications, de risque de chirurgie, de cancer. « 

Quel traitement?

La spécialiste explique que trois classes de traitements ont été développées.  » Les immunosuppresseurs comme les thiopurine sou le méthotrexate. Ils sont une action de remise à niveau du système immunitaire.  » Ces dernières années, les immunosuppresseurs sont moins utilisés, ou pas seuls.  » Parce qu’on a des biothérapies plus ciblées et efficaces . »

Il s’agit des anticorps monoclonaux .  » Ils ciblent et détruisent les protéines inflammatoires en excès dans le tube digestif. « 

 » Quand l’inflammation se déclenche dans les intestins, il y a une cascade de protéines produites. Trois classes médicamenteuses sont utilisées dans les biothérapies pour la maladie de Crohn: les TNF alpha (infliximab et adalimumab), les anti interleukines et les anti intégrines… elles visent trois protéines différentes.  » Ces biothérapies sont bien tolérées, selon la spécialiste.

Administré à l’hôpital

La plupart du régime, les anticorps monoclonaux sont administrés à l’hôpital, par arrivée intraveineuse, à raison d’une injection toutes les 4 à 8 semaines.

 » Il existe aussi des formes autoinjectables, par arrivée sous-cutanée, au moyen d’un “stylo”, qui peut être utilisé à la maison..Alors, c’est toutes les semaines ou tous les 15 jours. L’avenir est dans le développement de petites molécules, qui ne sont pas des anticorps monoclonaux, que l’on prend sous forme de comprimés.Ils sont déjà disponibles pour la rectocolite ulcéreuse, mais il y a un peu de retard pour la maladie de Crohn . »

Les traitements sont poursuivis en continu, car on ne guérit pas vraiment de la maladie. Mais il y a parfois des « drug holiday » ou des interruptionsprovisoires.  » On essaie les interruptions pour la maladie Crohn, dans certaines conditions, mais le taux de rechute à 1 an est de 40%.Pour les rectocolites, c’est plus délicat car les études montrent un risque de colectomie (chirurgie) plus élevé en cas de rechute. « 

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