Accélérateur d’innovation : le CNRS crée son 200ème LabCom

Le CNRS célèbre lors d’un événement inédit au Palais Brongniart, à Paris, la création du 200e laboratoire commun en activité l’associant, aux côtés de ses partenaires académiques, à une entreprise, en l’occurrence TotalEnergies. Fruit d’une dizaine d’années d’échanges fructueux, le Centre de résonance magnétique électronique pour les matériaux et l’énergie vient ainsi tout juste d’être constitué entre le Laboratoire de spectroscopie pour les interactions, la réactivité et l’environnement (CNRS/Université de Lille) et TotalEnergies. Il vise à identifier de nouveaux matériaux plus durables, à très faible impact carbone, appliqués au secteur de l’énergie. Il cherchera également à améliorer la fiabilité et la sécurité de batteries tout-solide, et étudiera le vieillissement de panneaux solaires.

Formes privilégiées de la recherche partenariale, les laboratoires communs ont su séduire 135 entreprises de toute tailles aux besoins et aux moyens variés : grands groupes (34 %), PME (38 %), ETI (16 %) et TPE (12 %). Certaines entreprises ont fait confiance au CNRS et à ses partenaires à plusieurs reprises et mènent de front plusieurs collaborations  : Total Energies (12 laboratoires commun avec le CNRS et ses partenaires académiques) ; Michelin et Stellantis (8 laboratoires), EDF et Thales (7 laboratoires), Solvay (5 laboratoires), Naval Group, Saint-Gobain, CILAS – ArianeGroup – et Groupe Airbus (3 laboratoires).

Construits autour d’une thématique scientifique commune répondant à la fois à des enjeux de recherche ambitieux et à des enjeux industriels de long terme, les laboratoires communs jouent le rôle de catalyseurs. De rupture ou plus incrémentales, les innovations issues de ces laboratoires apportent une valeur ajoutée directe au cycle de développement des produits de l’entreprises. Près de la moitié des travaux de recherche portent sur l’énergie et les matériaux (48%), le numérique (20 %) ou les sciences de la vie (13 %). Plus de 80 brevets et plus de 20 logiciels sont co-déposés par an.

Des pansements qui stimulent la cicatrisation, des fibres optiques adaptées aux environnements extrêmes ou encore des diffuseurs de phéromones pour lutter contre les parasites agricoles ne sont que quelques illustrations concrètes de ces partenariats entre des unités de recherche du CNRS et de ses partenaires académiques, et une entreprise. Citons par exemple le laboratoire commun Fractory qui propose des logiciels et expertises pour modéliser les milieux géologiques complexes afin d’obtenir la connaissance très détaillée du sous-sol nécessaire à l’enfouissement définitif de déchets nucléaires ou bien le laboratoire I3M qui utilise la modélisation mathématique et l’intelligence artificielle pour le traitement et l’analyse automatique des images afin d’obtenir une aide au diagnostic et au suivi thérapeutique dans les pathologies du cerveau, du cœur et du rein.

Sur le millier de laboratoires de recherche que le CNRS a en commun avec ses partenaires académiques, 144 ont initié au moins une structure de collaboration avec le secteur privé, ce qui représente 12 % des unités dont le CNRS assure une tutelle. Cette réussite illustre le besoin d’ancrage des relations établies entre les entreprises et le monde académique dans un cadre structurant, souple et pérenne. Derrière ces structures associant mondes de la recherche et de l’entreprise, il y a avant tout un lien humain entre personnes qui s’estiment, se font confiance et qui veulent marier leurs efforts après plusieurs années de collaboration, via des prestations scientifiques, des co-encadrements de thèses ou des contrats de collaboration.

« La raison d’être du CNRS est de faire de la recherche fondamentale au meilleur niveau international, et de la mettre au service de la société. Valoriser la recherche, et renforcer notre attractivité sont au cœur de notre stratégie. Penser le long terme pour anticiper ce que sera le monde de demain, contribuer à une économie et une industrie plus forte sont des ambitions que nous partageons avec nos partenaires économiques. Ensemble nous construisons des projets de recherche nécessaires pour créer des innovations de rupture et ainsi gagner un marché, le conserver, créer de la valeur et des emplois en se démarquant de la concurrence », déclare Antoine Petit, président-directeur général du CNRS.

Pour en savoir plus :

Un dossier du CNRS le Journal  

De belles histoires de LABCOM  

La plaquette LABCOM

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