avec le Cultivarium, Ramd’Âm saisit l’occasion de prendre racines essentielles et culturelles en cité ardente (vidéos) (Liège)

Pour son 6e anniversaire, la boutique de médias culturels Ramd’Âm a trouvé son équilibre et sa joie de (re)vivre aux Carmes. Pour fêter ça, une 2e boutique ouvrira en avril à Liège.

Autre ville, autre monde. Le bail est signé depuis mardi, le Cultivarium va pouvoir germer au n° 3 de la rue du Pied-Pont–des-Arches à Liège.  » Au coin d’une ruelle entre les rues de la cité et en neuvice, s’enthousiasme Jérémy Arnould, l’un des cousins fondateurs de Ramd’Âm, ce magasin d’occasions culturelles (musique, films, littérature traditionnelle ou graphique, jeux). À 5 minutes de la gare Palais et de la place Saint-Lambert, nous serons à la frontière du quartier alternatif avec celui commercial traditionnel. L’endroit est stratégique mais il va nous falloir changer les habitudes des badauds, pour qu’ils fassent un crochet chez nous. »

Google Street View

 

Google Street View

 

 

Une source

 

Le choix naturel des deux Namurois d’adoption (Jérémy, le romaniste, vient de Carlsbourg; Simon, l’éducateur spécialisé et cinéphile, de Lillois), était de rester en Wallonie. Sans connaître vraiment la cité ardente, mais en étant conscients qu’il pourrait y avoir une connivence dans leur manière délirante d’envisager la (seconde) vie, les cousins ont pris le temps de l’explorer, de faire des rencontres ou de demander des conseils.

 » Nous ne voulions pas intégrer un centre commercial et nous n’avons pas trouvé d’endroit qui soit l’équivalent des Carmes. Il nous fallait un lieu pas trop inaccessible en voiture et un plus grand espace que ce que nous comptons à Namur, où nous sommes un peu à l’étroit. Mais nous ne pouvions pas non plus nous permettre le loyer d’une grosse boîte! »

En octobre, le tandem a eu son coup de cœur, un grand bâtiment vitré au coin d’une rue, près de 300 m2 (le double de la surface namuroise), trois étages, tous ouverts sur un escalier.  » Quand on entre, on est obligé de faire un choix. Soit on monte, vers ce qui sera le comptoir avec espaces musique, cinéma et BD, ou on descend vers le -1 et l’espace littérature ou jeunesse. » Et, au -2, la surprise!  » Le visiteur trouvera les ruines des fondations d’un ancien pont, classé. Il y a une grande voûte avec une plateforme centrale entourée d’un bassin d’eau. C’est fou pour une libraire, nous prenons le pari, nous aérerons suffisamment. »

 

Merveilleux fous des machines et de l’humain

 

L’équipe entend bien mettre en valeur cet espace exceptionnel, qui vaut le détour. « La nuit, je n’en dors pas, sourit Jérémy qui y verrait bien des événements et, qui sait, un jour, un coin Horeca, il faut mériter un tel espace. »

La source irriguera en tout cas le concept, verdoyant. « Ouvrir un 2e magasin, nous n’y avions plus pensé depuis notre accompagnement Azimut, avant de créer Ramd’Âm, quand on nous demandait de nous projeter à 5 ou 10 ans. » Puis le Covid est arrivé. « Il a annulé tous les petits extras professionnels, concerts ou exposition, que nous nous permettions et qui venaient casser notre routine, créaient des dialogues insoupçonnés, une relation plus riche avec nos clients du quotidien. »

Cet arrêt du volet événementiel a dégagé un peu de déprime mais aussi du temps pour réagir. « Nous ne voulions pas faire Ramd’Âm 2, ça n’avait aucun sens. Le Cultivarium, plus encore qu’un lieu de réemploi, se rêve en lieu de Culture. Celle qui a été déconsidérée et bâillonnée. Pourtant, c’est essentiel, c’est ma base alimentaire, la Culture! »

Et le double-sens est devenu concept, à la seconde main verte. « La Culture, c’est cultiver son potager mais aussi ce qui nourrit l’esprit, les rêves. »

La boutique adoptera la grammaire alimentaire, de la verdure et de la lumière. Les conseillers seront habillés en jardinier.

Clients et vendeurs s’appelleront « cultivores  » et vénéreront une autre de ces machines dont les Ramd’Âmeurs ont le secret: une plante non pas carnivore mais cultivore.  » Elle sera l’œuvre de notre fidèle plasticien auvergnat, Nicolas Savoye, et fera 3 m de haut. On la verra des différents étages du magasin. Avec un escabeau, le curieux pourra déposer son achat sur la langue de la créature et elle s’animera. Mais gardons encore un peu le mystère.  » Une technologie de pointe pour montrer ce qu’il se passe dans nos têtes, avec des couleurs, quand on fait face au spectacle des arts, de la vie rendue illimitée et même enrichie par le réemploi.

Pour rappel, la première machine de Ramd’Âm, c’est elle :

 

 

Crowd… supporting

 

Pour le lancement de Ramd’Âm, en 2016, Jérémy et Simon Arnould avaient mis en place un crowdfunding, coup de pouce pour financer leur machine et un petit livre de présentation. « Cette fois, nous sommes solides et suivis par les banques mais nous voulions quand même solliciter nos supporters, comme au foot.  » Histoire de lier utile et agréable, dans les semaines qui arrivent, la team lancera des ateliers avec des pros. « Par exemple, du macramé pour les suspensions de plante. Ce sera gratuit mais, en échange, les participants nous laisserons leur création.  » Un « win-win » qui permettra à chacun d’apporter sa pierre à l’édifice, de cette mini-jungle liégeoise. À l’ouverture le Cultivarium invitera aussi les Namurois à un happening, une manifestation festive.

 

Ne pas lâcher Namur d’une bretelle

 

Dans la capitale wallonne, Ramd’Âm a trouvé son public. Pour le moment, la mode, c’est le manga. « On n’y connaît rien mais c’est génial, ça nous amène un public très jeune, à la sortie de l’école. Ça amène de la vie. »

Aux Carmes, la boutique n’était pas la première ni la dernière. « Nous sommes arrivés dans l’énergie, tout feu tout flamme, le Caméo s’était relancé un mois avant. La rue convenait à un certain public et à certains projets. Aujourd’hui, nous ne sommes plus étonnés si un nouveau magasin ouvre, qu’il propose un projet différent.  » Reste que la boutique est à l’étroit. « Pour grandir, nous aurons peut-être à déménager dans Namur. Il faudra également voir comment la ville évolue. Là, aux Carmes, nous avons très peur des travaux à venir, pendant trois ou quatre ans, sur l’emplacement de l’ancienne Fortis (NDLR. pour y créer des commerces et des bureaux, un hall omnisports et des appartements ). Nous ne voulons pas nous bloquer. »

 

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