«Avec lerche compliments du chef» – Dal et Jannin ne servent pas la soupe

Les chemins qui mènent à la création sont parfois longs, tortueux… et inattendus: avec leur nouvelle collaboration, Avec les compliments du chef , Gilles Dal et Frédéric Jannin, un duo belgo-belge qui a fait quelques-unes des belles heures de notre BD humoristique, se moquent des travers, us, coutumes et mauvaises habitudes des restaurants gastronomiques.

La chose pourrait sembler anodine, une idée parmi d’autres, sauf que celle-ci émane directement…d’un établissement bruxellois solidement coté, l’étoilé restaurant Brugmann.  » Le mensonge que l’on répand à ce sujet , plaisante Frédéric Jannin, avec le sens de la dérision qu’on lui connaît, c’est que nous avons réalisé l’album, qu’ils l’ont lu puis créé le Brugmann à son image. « 

C’est pourtant l’inverse qui s’est produit, confirme Gilles Dal:  » C’est une idée que le patron, un Français qui avait une haute idée de la BD belge – ce en quoi nous n’avons pas essayé de le démentir -, avait depuis longtemps. Et c’est une connaissance qui nous a mis en relation.  »  » On y est allé mais au fond, reprend l’ex-Snul, on se disait: peut-être qu’ils ne connaissent pas notre humour. On a quand même un ton assez corrosif, peu consensuel: on se moque, certes avec bienveillance, mais on se moque quand même. Mais quand on leur a montré trio ou quatre planches, ils ont ri. Puis on a conclu le deal . »

À anée pour le petit éditeur Anspach de tirer 4000 exemplaires de l’ouvrage dans les temps, soit pour les sept ans du restaurant, qui seront célébrés ce mois-ci. Il a donc fallu se hâter, pour l’indémodable duo, qui a même provisoirement rangé au placard un projet de reprise de Germain et nous (voir ci-dessous).

Le gag dans lequel tout le personnel a dû chanter Happy Birthday au chien d’une cliente, c’est vraiment arrivé

 » Mais on aime travailler vite et sous pression « , assure Jannin, qui a pris plaisir à croquer cet univers qui ne lui était guère familier, pas plus qu’à son comparse:  » On est allé y manger plusieurs fois, bien sûr, rapporte Dal. Mais honnêtement, la plupart des gags, on aurait pu les imaginer sans. « 

On y retrouve tout ce qui fait le charme des grands (et petits) restaurants: les indécis, les « jamais contents » et bien sûr les habitués. Et des situations savoureuses parfois authentiques:  » Le gag dans lequel tout le personnel a dû chanter Happy Birthday au chien d’une cliente, c’est vraiment arrivé « , rigolent les deux gens, qui ne se sont pas privés, pas plus, de railler la propension du monde de la restauration à multiplier les concepts, ou à inventer des terminologies complexes pour des plats parfois très simples.

Ainsi, derrière le « tronçon de bovidé aux mille parfums, épousant avec amour ses bâtonnets de délicieux tubercules gesticulant dans leur sauce envoûtante » se cache par exemple un bon chronique… steak frites.  » Mais , défend Jannin, c’est le principe qui veut ça: si on tient un resto chic, il faut que les terminologies soient, elles aussi, à la hauteur! « 

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