Boris Johnson dans l’embarras: ce qu’il faut savoir sur le «partygate»

Premier scandale à réellement coller à Boris Johnson et à fragiliser sa position politique, le «partygate» met en lumière une déconnexion entre les élus britanniques et la dureté des mesures sanitaires subies par l’électorat.

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Documentées avec précision par les nombreux titres de la presse anglaise, les fêtes organisées dans les bureaux du premier ministre britannique n’ont aucunement été que de «simples réunions de travail», comme celui-ci a pu l’affirmer. 

Voici ce qu’il faut savoir sur le «partygate».      

  • 30 novembre 2021 – La bombe du Daily Mirror    

C’est à ce moment que le quotidien expose initialement la controverse: des fêtes ont été organisées dans les bureaux du premier ministre par des membres de son équipe pour célébrer différentes occasions en novembre et décembre 2020, pendant des périodes de restrictions en Angleterre de niveau 3, soit le niveau le plus élevé outre le confinement complet.    

  • 1er décembre – Boris Johnson nie en séance au parlement    

Questionné par le chef de l’opposition Keir Starmer sur le sujet, Boris Johnson explique «à l’honorable et distingué gentleman que toutes les recommandations de la Santé publique ont été respectées [lors des fêtes] au 10, Downing Street».    

  • 7 et 8 décembre – Boris Johnson continue de nier alors que de nouvelles allégations et vidéos font surface    

Que ce soit en entrevue télévisée, au parlement ou dans des communiqués, le premier ministre britannique continue de nier toutes entorses aux règles. Néanmoins, une vidéo qui montre des conseillers qui s’amusent à imaginer les mensonges qu’ils raconteraient à la presse si la survenue de ces fêtes s’ébruite fait scandale. 

Boris Johnson explique comprendre la colère que les gens peuvent ressentir, fureur que lui aussi dit exprimer à la vue de ce clip, puisqu’il affirme s’être toujours assuré que son personnel respectait les mesures sanitaires.     

  • 10 décembre – Ouverture d’une enquête interne    

Elle a été confiée au secrétaire de cabinet Simon Case. Ce dernier a démissionné 7 jours plus tard lorsqu’il a été appris qu’il a aussi participé à des fêtes illégales.    

  • 16 décembre à début janvier 2022 – Humiliation électorale et chute de popularité    

C’est ce jour-là qu’une humiliation concrète se produit, avec la perte d’un château fort conservateur de 200 ans dans la circonscription de North Shropshire. La cote de popularité de «Bojo» devient inquiétante avec 71% d’opinions défavorables, selon YouGov. Cela met à risque son leadership au sein du caucus conservateur.    

  • Mi-janvier – Remous au sein du caucus    

Le 18 janvier, le Guardian rapporte le plan de députés rebelles au sein du caucus conservateur pour mettre fin à la position de leader conservateur et de premier ministre de Johnson.

Le 19 janvier, le député conservateur Christian Wakeford décide de traverser les bancs et de rejoindre l’opposition. 

Ces députés, qui représentent pour la plupart des régions populaires prises au Labour lors du dernier scrutin, expriment ainsi la crainte de voir le nouvel ancrage dans ces régions disparaître aussi rapidement qu’il s’est produit en raison des actions de Johnson.    

  • 25 janvier – Ouverture d’une enquête policière et annonce de l’abandon des mesures sanitaires    

Cette enquête est toujours en cours et est qualifiée d’inquiétante pour le premier ministre par la BBC. En vue de conserver le soutien de sa base, «Bojo» a annoncé le même jour la levée des restrictions sanitaires.      

  • 31 janvier – Remise du rapport Gray    

Pour en finir avec cette «patate chaude», Boris Johnson a ouvert un nouveau front en demandant un rapport à la haute fonctionnaire Sue Gray, considérée comme «Mme Incorruptible» au sein de l’administration. Ce rapport rendu le 31 janvier indique qu’il n’y a eu «que des échecs de leadership et discernement de la part du gouvernement».    

  • Depuis le début février – Vague de démissions dans l’entourage du PM    

Plusieurs conseillers, dont certains proches de Boris Johnson, ont remis leur démission après la publication du rapport Gray. Si le bureau du premier ministre parle de réorganisation, les partants critiquent la gestion de la crise actuelle ou le comportement récent de Boris Johnson envers le chef de l’opposition Keir Starmer. 

Parmi ces personnalités, on retrouve Martin Reynolds, secrétaire en chef de Boris Johnson, et Munira Mirza, responsable des politiques à Downing Street.

Quel avenir pour Boris Johnson?

Alors que les preneurs de paris du Royaume-Uni ne voient pas Boris Johnson survivre aux prochaines élections locales du printemps qui s’annoncent catastrophiques, la polémique liée à cette affaire continue d’être nourrie par de nouvelles révélations et de nouvelles sorties: refonte de sa défense, montant des amendes encourues par les participants à venir…

Pour un PM qui pense être dans un épisode de Geordie Shore, la fin de saison pourrait en fait arriver encore plus tôt que prévu.

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