Boris Johnson veut tourner la page de la COVID

Malgré les critiques, le premier ministre britannique Boris Johnson doit annoncer lundi sa stratégie pour «vivre» avec la COVID-19 sans restrictions, en mettant fin à l’isolement obligatoire pour les malades et en proposant une quatrième dose aux plus vulnérables. 

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Dès le pic de la vague Omicron passé en janvier, le chef du gouvernement conservateur avait déjà levé l’essentiel des restrictions en vigueur en Angleterre, telles le masque en intérieur et le pass sanitaire pour les discothèques ou évènements de masse.

Englué dans un scandale sur des fêtes organisées à Downing Street durant les confinements, qui menace sa survie politique et fait l’objet d’une enquête de police, il veut désormais aller encore plus loin et accélérer l’assouplissement des restrictions anti-Covid critiquées par une partie de sa majorité et de son électorat.

Il s’agit notamment de mettre fin à l’obligation de s’isoler en cas de test positif, voire de supprimer ou réduire l’accès à des tests gratuits.

Dans un communiqué, Boris Johnson a vanté «un moment de fierté après l’une des plus difficiles périodes de l’histoire de notre pays alors que nous commençons à apprendre à vivre avec le Covid».

«La pandémie n’est pas terminée mais grâce à l’incroyable déploiement du vaccin, nous franchissons une étape de plus vers un retour à la normale», a-t-il ajouté.

Quatrième dose

Signe des tensions entourant ces dernières étapes, le conseil des ministres prévu dans la matinée pour valider ce plan a été reporté à la dernière minute et devait avoir lieu plus tard dans l’après-midi, a indiqué Downing Street.

Selon les médias locaux, des désaccords entre le ministre des Finances Rishi Sunak et celui de la Santé Sajid Javid concernant le possible abandon des tests gratuits expliquent ce report.

Une fois le projet finalisé, le premier ministre doit faire une déclaration devant le Parlement puis tenir une conférence de presse dans la soirée.

Figurant parmi les pays les plus durement touchés par la pandémie, le Royaume-Uni déplore plus de 160 000 morts depuis deux ans. Le nombre de cas a fortement baissé mais reste autour de 40 000 par jour, dont dimanche la reine Elizabeth II, qui selon le palais de Buckingham ne souffre toutefois que de symptômes «légers».

Parallèlement à ce relâchement, le gouvernement entend poursuivre sa campagne vaccinale, avec l’administration «au printemps» d’une nouvelle dose d’un vaccin anti-Covid aux personnes de plus de 75 ans et aux plus vulnérables, a annoncé Sajid Javid, car «nous savons que l’immunité diminue avec le temps».

«Effet domino»

Selon Robert West, psychologue à University College London et membre du conseil scientifique du gouvernement interrogé sur Times Radio, la levée de toutes les restrictions serait une décision «irresponsable» qui se traduirait par une augmentation des cas, des hospitalisations et des décès.

«Cette semaine, une dame de 95 ans attrape le Covid. Ayant été testée de manière précoce, on peut lui prescrire des antiviraux qui doivent être pris dans les trois à cinq jours de l’infection pour être efficaces», a tweeté dimanche soir Stephen Reicher, un expert très critique de la politique sanitaire gouvernementale, en allusion à la reine.

«La semaine prochaine, une autre dame de 95 ans attrapera peut-être la Covid, sans avoir les moyens d’acheter des tests», a-t-il poursuivi. «Sa vie compte également».

L’envoyé de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Europe, David Nabarro, a quant à lui fait part de son inquiétude que le pays «choisisse une ligne qui va à l’encontre du consensus de santé publique», qui créerait «un effet domino dans le monde».

En matière de santé, les décisions du gouvernement à Londres sont limitées à l’Angleterre du fait de la dévolution qui confère des pouvoirs aux Parlements des trois autres nations. Écosse, Pays de Galles et Irlande du Nord ont souvent adopté une approche plus prudente.

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