Charles Clocherieux nous a quittés (Cerfontaine)

Charles Clocherieux aura oeuvré durant 71 ans comme correspondant de presse pour les journaux de l’Entre-Sambre-et-Meuse

C’est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris le décès de Charles Clocherieux ce lundi à l’âge de 93 ans. Né le 1er juillet 1928, il sera instituteur durant 35 ans, tout d’abord à Clermont puis à l’École Moyenne de Beaumont. Mais en dehors de son statut d’enseignant, il va vouer ses heures de loisirs à deux passions, le chronométrage automobile (50 années au service du RACB) et la correspondance de presse qu’il pratiquait toujours, certes dans une moindre mesure depuis 71 ans.

 

Correspondant depuis 1951

 

C’est surtout avec cette seconde passion qu’il va se faire connaître de tout le monde dans les environs de Beaumont et de Walcourt. Donner la vie à des mots, disait-il, est une vocation qu’il devait à un de ses oncles, Georges Henaux, inspecteur principal dans l’enseignement de son état. Instit dans son village, il sait que Roger Matis, secrétaire communal, va abandonner la correspondance de presse pour le Journal de Charleroi. Et de nous confier, il y a quelque temps: « C’est ainsi que depuis ce temps, j’écris chaque jour! » Au service de différentes revues comme Mont Clair, Su’l’Roc, la Tocante ou encore le chrono-digest. Mais bien entendu, c’est vers le Journal que la plupart de ses mots vont se diriger depuis un premier reportage réalisé en 1951 et publié dans Le Journal de Charleroi.  » Le 5 juillet, une montgolfière a survolé le village, ce qui était un événement à l’époque! Je l’ai suivie à vélo, j’ai pris des photos et j’ai interrogé son pilote, après son atterrissage à Fontenelle  » nous avait-il confié en 2008.

Des accidents de la route aux noces d’or en passant par les conseils communaux, les fêtes locales, etc. il va traîner sa bosse de Clermont à Beaumont, Walcourt, Froidchapelle, Lobbes, Thuin et même Chimay et Momignies. C’est dire s’il était connu dans une belle partie de l’Entre-Sambre-et-Meuse.

Il n’y eut pas seulement le Journal de Charleroi mais également la Meuse, l’Indépendance, le Peuple, la Dernière Heure, la Nouvelle Gazette, le Courrier de Philippeville, la Voix du Nord en France, et bien entendu Le Rappel et Vers l’Avenir qui deviendra L’Avenir.

Comme on le voit, ses mots couchés sur papier étaient réclamés de tous. Des mots sortis tout droit de sa plume car à l’époque, l’informatique et les traitements de textes étaient du domaine de l’inconnu. Mais ces 20 dernières années, il s’était mis à l’ordinateur et moyennant quelques explications de confrères, il ne s’en tirait pas trop mal. « J’ai eu un peu de mal à m’y faire mais, maintenant, je ne pourrais plus m’en passer. Je trouve même que je suis mieux inspiré devant un écran… » Et de nous confier aussi, il y a quelque temps: « Avec la correspondance de presse, des souvenirs j’en ai plein la tête, des bons, des moins bons et des mauvais » faisant allusion pour ces derniers aux décès lors d’accidents.

 

La passion du chronométrage de rallye

 

Son autre passion, c’était le chronométrage au service du RACB. « De la Mer du Nord aux Ardennes, disait-il, de Liège à Tournai ou de Maasmechelen à Chimay, je suivais tous les rallyes ». Et là aussi, les moyens techniques n’étaient ceux d’aujourd’hui. Et c’est ainsi que de jour comme de nuit, il attendait les voitures assis dans la sienne au coin d’un bois, dans une prairie indiquant patiemment les temps de passage. Avec le temps il est devenu responsable d’épreuves au niveau du chronométrage.

Mais ce lundi, le destin n’a pas voulu qu’il quitte Clermont. Installé dans l’ambulance, il a laissé échapper son dernier souffle sur ses terres.

 

Des souvenirs à la pelle

 

Il y a quelques années, notre journaliste Patrick Lemaire réalisait l’interview de notre plus ancien correspondant de Vers l’Avenir à l’occasion des 90 ans du journal. Charles avait plaisir à raconter cette passion de correspondant, truffée d’anecdotes : « En juillet 1951, une montgolfière a survolé le village de Clermont, ce qui était un événement à l’époque ! Je l’ai suivie à vélo, j’ai pris des photos et j’ai interrogé son pilote, après son atterrissage à Fontenelle ». C’était son premier papier avant tellement d’autres pour une foule de journaux.
Et de confier à notre journaliste : « Oh oui ! avant, j’écrivais mes articles au bic et je les envoyais par la poste au journal. Les informations les plus urgentes paraissaient avec deux jours de retard ! Je me souviens, lors de la pose d’une plaque commémorative sur la maison natale d’Arthur Masson, avoir développé mes négatifs dans une chambre noire improvisée, faite d’un morceau de pantalon de mon père, avant de les passer à quelqu’un pour qu’il les amène à la rédaction en voiture ! »
C’était cela la correspondance de presse à l’époque et de reconnaître que l’arrivée de l’ordinateur lui a posé plus d’un problème : « J’ai eu un peu de mal à m’y faire mais, maintenant, je ne pourrais plus m’en passer. Je trouve même que je suis mieux inspiré devant un écran… » Et à une dernière question du journaliste portant sur « Votre plus beau souvenir ? », une réponse toute simple : « Tous les reportages se valent. Mais je me souviens d’un meeting aérien à Gosselies. J’avais fait l’interview de Colette Duval, une parachutiste. J’épinglerai aussi les tirs du Roi chez les archers de Beaumont. Je n’en ai pas loupé un depuis 1951 ». Petite ou grande aventure, tout l’intéressait.
Ce lundi, son ordinateur s’est tu. Fini le bic d’antan, fini le clavier. Charles Clocherieux a tiré sa révérence après un parcours bien rempli. Toute la rédaction le pleure et présente ses plus sincères condoléances à son épouse Lise, à sa fille Ariane et à toute sa famille, dont ses deux petits-enfants et ses 7 arrière-petits-enfants. Adieu Charles et merci.

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