« Chez Bodart », le grand restaurant du cinéma (vidéos) (Bruxelles)

« Chez Bodart », une série de vidéos dédiées aux cinéphiles et aux gourmets.

« J’aime la bouffe, et j’adore le cinéma. » Ce sera la seule justification, suffisante certes, du pourquoi Nicolas Bodart s’est lancé dans la réalisation de vidéos sur la cuisine dans le cinéma. Depuis quatre mois, ce Velainois d’origine fait le tour des bonnes tables du 7e art, assisté de deux comparses derrière les caméras, Nicolas Van Ruychevelt et Nathan Van Den Berg. Le concept, extraire un plat ou une boisson d’un film célèbre et commenter sa recette et son origine en présence de producteurs, restaurateurs et autres gardiens de la gastronomie. Et ce, enrobé d’un brin de mise en scène et épicé de quelques répliques bien senties.

 

James Bond, le Parrain, les Ch’tis

 

« Pour le premier épisode, il fallait un film qui parle à tout le monde,donc on a choisi James Bond et son célèbre cocktail, le Vesper, dont Daniel Craig donne la recette dans Casino Royale(2006). » Nicolas Bodart s’est alors rendu avec sa caméra chez Botanical, bar à cocktails à Namur, pour goûter et partager le Vesper avec Alfonse, spécialiste du shaker. Dans cet épisode, le chef Bodart et Alfonse partagent quelques anecdotes.

À l’époque, être mondain en Angleterre (et fêtard, comme Ian Fleming, créateur de James Bond) obligeait à inventer sa propre signature du Dry Martini. Ian Fleming a publié celle-ci dès 1953, dans son roman Casino Royale, premier opus de la célèbrissime série d’espionnage. Le Vesper de James Bond est composé à l’origine de Kina Lillet, la version originale du Lillet blanc, à base de quinine. Sa production a été stoppée en 1986 et les dernières bouteilles se vendent aujourd’hui à quelques dizaines de milliers de dollars. « J’essaie d’amener un peu de contenu, faire apprendre quelques petites anecdotes par le biais du cinéma. »

 

Les productions flirtent avec le reportage de type magazine et le divertissement. En fait, on sourit, c’est baigné d’une certaine bonhomie, au point d’avoir envie de s’attabler avec le chef Bodart et ses complices chez leurs hôtes. Comme lors de cette dégustation d’un tagliatelle bolognaise (pas spaghetti!) dans une bonne adresse italienne et bruxelloise en référence au Parrain.

Et puis, Nicolas et Nicolas (Bodart et Van Ruychevelt) forment un duo comique dans tout ce qu’il a de plus classique. Le même prénom, un grand, un petit, de l’humour pince-sans-rire. L’épisode dédié au maroilles de Bienvenue chez les ch’tis est probablement le plus populaire de cette première saison: dégustation du fromage typique du Nord-Pas-de-Calais, visite du village de Maroilles, micro-trottoir à Bergues, etc. C’est un périple touristique en huit minutes dans deux villages emblématiques du Nord de la France.

Du bénévolat de qualité

 

Sur le plan visuel, le garde-manger de « Chez Bodart » est appétissant. « On est obligé d’apporter de la qualité sur la forme. La vidéo, c’est notre métier, on se doit d’avoir un rendu de pro » continue le chef Bodart. La qualité et le format (8 minutes) laisse croire que les productions sont plus adaptées aux grilles des programmes télévisés qu’à Internet.

Pour l’instant, les vidéos ne sont disponibles que sur une chaîne YouTube, nommée « Chez Bodart ». Avec dix vidéos à l’année, le Velainois n’espère pas devenir un YouTuber professionnel, loin de là. Le thème de la boustifaille au cinéma est un marché de niche, pas vraiment orienté vers la génération YouTube, soit les ados et jeunes adultes. « Huit minutes, c’est un format trop long pour espérer de la rentabilité. Si on cherchait à gagner notre vie avec « Chez Bodart », on lésinerait moins sur la qualité et on parlerait d’autre chose que de bouffe au ciné » sourit Nicolas. Dans leur prochaine production, l’équipe de tournage se rendra à Chimay pour parler de bières trappistes, appréciées par les personnages de Fast and Furious. Nicolas Bodart est aussi parti à l’aventure outre-manche, à la recherche du producteur du whisky Balvenie. Une de ses bouteilles est planquée dans un extrait du film catastrophe, Le jour d’après. Ce qui motive le chef Bodart, finalement, c’est la création d’une communauté autour de la bouffe et du ciné. Un peu comme un vrai chef, en fait: avoir du monde autour de sa table et déguster dans l’assiette les détails gourmands du 7e art.

 

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