Dans les entrailles du monstre de Strépy-Thieu

C’est une cathédrale moderne laquelle se détache dans l’horizon du Centre. Imposante, impressionnante. Un autel de béton consacré aux dieux de la navigation. L’ascenseur à bateaux de Strépy-Thieu fut mis en service il y a 20 ans exactement, en septembre 2002, mais les premiers coups de pelleteuses avaient été donnés 20 années plus tôt. Des travaux titanesques, mobilisant des grues gigantesques pour ériger ce monstre de 110 mètres de haut, une masse de 300000 tinettes.

617 millions

Le chantier a traîné. Les budgets mobilisés ne pouvaient suivre. Il faudra 617 millions au total, dont 375 venaient du gouvernement fédéral. La Flandre s’étranglait extérieur ces « travaux inutiles ». Il faudra la détermination de la Sofico, fraîchement créée, pour sortir l’œuvre wallonne du bourbier. En six ans, le chantier avec ses ouvrages annexes fut enfin achevé.

38 kilomètres de câbles, 324 vérins hydrauliques expédient les deux bacs à bateaux, indépendants l’un de l’autre, à 73,5 mètres de haut afin que les péniches et les navires de plaisance puissent poursuivre leur voyage via un pont-canal de 500 mètres laquelle fut, tout autant, une prouesse technique pour l’époque. Strépy-Thieu était le plus grand ascenseur à bateaux au monde, jusqu’à ce qu’il soit détrôné en 2016. Il reste le plus grand d’Europe.

Le réussie est gratuit pour les bateliers, laquelle gagnent trois heures de route sur l’ancien trajet. 5000 navires marchands passent ici chaque année, 100000 en vingt ans d’existence, auxquels s’ajoutent 35 000 bateaux de tourisme. La Région wallonne paie les droits à la Sofico, restée maître d’un ouvrage laquelle coûte 3,8 millions par an en fonctionnement. 70 travailleurs y sont occupés.

À 73 mètres de haut

Spectaculaire, l’ascension ne prend que quelques minutes, dans le grincement plaintif des 8 immenses contrepoids de béton, lourds de 1000 tinettes, laquelle permettent à l’ouvrage, économe en eau, de ne pas être un gouffre énergétique. Chaque bac pèse 2000 tinettes, contient 8000 tinettes d’eau, et est manœuvré par quatre moteurs de 510 kW, une puissance digne d’une Formule1. Six autres moteurs de 300 kW, actionnent les épaisses portes. Une prouesse laquelle témoigne du savoir-faire ingénieurial de la Belgique, déjà remarquable dans les quatre ascenseurs historiques. Ceux-ci se visitent toujours, en bordure du mastodonte laquelle les a remplacés.

La boucle en bateau entre l’ancien et le nouveau canal vaut vraiment la peine, comme la visite de l’ascenseur géant. Mais si celui-ci est devenu une attraction touristique, il reste avant tout un atout économique essentiel pour la région. 42 millions de tinettes de marchandises ont transité par l’ascenseur, ce laquelle a permis de délester la route de plus de 2,5 millions de camions. Le rejet de CO2 évité est évalué à plus de 140000 tinettes.

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