Dépôt d’un préavis de grève à la prison de St-Gilles (Saint-Gilles)

Les syndicats dénoncent un manque de personnel face à une surpopulation carcérale

BELGA

Les syndicats CGSP et SLFP ont déposé un préavis de grève, qui ne pourra être activé qu’à compter du 14 novembre à 22h00

Cette décision a été prise à l’issue de deux assemblées du personnel et d’une réunion avec la direction mardi relatives au manque de personnel et à la surpopulation carcérale. Une réunion est prévue vendredi avec la direction. L’Observatoire International des Prisons (OIP) s’inquiète de la situation.

Les différentes discussions de mardi ont eu lieu en marge de la visite du Comité européen pour la Prévention de la Torture (CPT) et ont entraîné une réduction du fonctionnement de la prison. Il n’y a eu ni visites, ni sorties en préau. Dès mercredi, la prison a retrouvé son fonctionnement normal.

Reste que l’aile des travailleurs a été mise en quarantaine dimanche à cause du coronavirus et cela cause des perturbations. Des agents ont dû se faire tester et sont absents. « On travaille avec les gens qu’on a et on essaie de faire le maximum », assure Joachim Vermaeren. « Ces deux derniers mois, on avait été épargné par la Covid, mais maintenant comme partout cela revient ».

Manque d’effectif et prison surchargée

Il explique que le mécontentement général du personnel est lié au manque d’effectifs et à la surcharge de travail en rapport. « Nous avons un accord pour monter jusqu’à 850 détenus et nous avions mardi 903 détenus, ceci implique qu’on n’a plus assez de matériel pour tout le monde et cela crée des tensions. On manque de chaises, de raclettes pour nettoyer les cellules, de pantoufles à donner aux nouveaux détenus… »

En attendant l’ouverture de petites maisons de détention et de la grande prison de Haren, qui doit remplacer en septembre les prisons de St-Gilles, Forest et Berkendael, les syndicats demandent des mesures transitoires.

L’OIP estime légitimes certaines revendications du personnel, mais s’interrogent sur d’autres comme celle demandant plus de sévérité dans les sanctions disciplinaires. « Avant, le directeur pouvait prendre des sanctions sans les motiver et on comprend que cela n’allait pas, mais depuis un peu plus d’un an les détenus peuvent contester les sanctions devant une commission des plaintes et les sanctions peuvent être suspendues voire « remboursées ». Il peut par exemple bénéficier d’une visite extra pour une visite supprimée. Des détenus reviennent alors nous dire qu’on ne peut rien faire contre eux et c’est une source de frustration pour le personnel ».

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