depuis 40 ans, en selle sur la FM, Radio Chevauchoir fête son anniversaire et ne lâche pas la bride (vidéo) (Namur)

Une vingtaine d’animateurs se relaient sans interruption, jusqu’à mardi, 9 h 45. Auditeurs et supporters peuvent passer à n’importe quelle heure.

EdA

40 heures d’antenne pour 40 ans. Depuis 17 h 45, dimanche, dans son QG, sur le 105.5 FM ou internet, Radio Chevauchoir fête son anniversaire par un marathon.

« Bonjour amis de Chevauchoir. La p’tite radio dans un grand cœur. Salut copains de Chevauchoir. La p’tite radio de la bonne humeur. À Chevauchoir, on est chez soi. […] » La guinguette a rouvert et la « marche » joviale retentit sur les ondes, entonnée par Katty Lou, décédée il y a tout juste quelques jours (comme Charles Massaux, Franck Olivier et quelques autres figures emblématiques de la chaîne, ces derniers mois) et à jamais liée à la radio libre wallonne. Une onde de choc parcourt l’échine des convives mais la fête continue. On n’a pas tous les jours 40 ans.

« Le grand événement aura lieu le 3 week-end de juin, comme nous ne savions pas sur quel pied danser avec le Covid. Il y aura une nouvelle bière à notre nom, venue de Li p’tite Bressene à Fosses. Mais, pour marquer le coup, depuis 17 h 45, ce 6 mars, jour J, nous nous sommes lancés dans un marathon jusqu’à mardi même heure. 40 heures d’antenne et, à n’importe quelle heure, quiconque peut venir boire un café ou une bière avec nous « , s’enthousiasme Jean-François, le mari de la patronne, Lysiane Tasiaux, la fille des fondateurs.

 

«Pas de radio, pas de télé»

 

 » Ici, on ne finit jamais une discussion, nous passons toujours du coq à l’âne. » En effet, à la table des souvenirs (où Marc Aryan venait boire son verre de lait, de passage comme David Alexandre Winter, Annie Cordy ou Benoît Poelvoorde, après Les convoyeurs attendent), dans la bouche des quarantièmes… hennissants, animateurs ou auditeurs de longue date, les sujets se chevauchent: Covid mais aussi Ukraine. Lysiane détend l’atmosphère en se souvenant d’une guerre beaucoup plus burlesque.  » En 82, c’était la guerre des radios libres (lire ci-dessous). Ma mère c’était Chiquita, mais il y avait aussi Pantoufle rouge et Félix le chat. »

Et le sien? Top secret, même Jean-François, en 30 ans, n’en a jamais rien su!  » J’étais petite quand Radio Chevauchoir est née. À même pas 11 ans, on m’a obligé à prendre le micro. C’était un devoir, une condition. Pas de radio, pas de télé ni de dessins animés. »

Et qui dit télé dit Strip-Tease, l’émission qui, sous la caméra de Benoît Mariage a fait un peu plus connaître la radio au-delà de sa zone de couverture. « L’équipe était là vers 4 h 30-5 h du matin et repartait après minuit? Pendant un mois, ils nous ont suivis partout, dans le studio mais aussi à la traite des vaches, au tronçonnage, presque jusqu’aux toilettes. De la téléréalité! Finalement, les gens n’ont vu qu’une toute petite partie de ce qui avait été filmé. Nous aimerions tellement récupérer les rushes. »

Cet épisode culte a aussi fait entrer dans la légende une contrevérité. « Nous n’avons jamais commencé dans une caravane, nous nous y sommes installés après l’incendie. Non, les débuts, c’est dans le bureau de la station-essence de mon père, avec les moyens du bord: il branchait le poste sur un petit émetteur. » On est loin du pylône de 37 mètres d’aujourd’hui.

EdA

Marcel, le père, c’était quelque chose. « Il ne supportait pas la chanson Chacun fait c’qui lui plaît. Parce qu’on pouvait s’amuser mais il fallait de la rigueur pour tenir une radio. Alors, il a cassé plusieurs fois le disque. Mais, à peine, était-il en bas de l’escalier, que l’animateur en avait remis un autre. Il en avait prévu un stock.  » Cela dit, l’équipe s’accorde à dire que c’est grâce à cette rigueur, et au soutien inconditionnel des auditeurs, que le cheval a toujours le mors aux dents. Et le micro. Même s’il arrive que Tante Éliane, à ses heures préposée aux dédicaces, prenne le téléphone au lieu du micro, et vice-versa. Tout le monde en rit de bon cœur, à la bonne franquette. Et pour souffler les 40 bougies du dada, le téléphone a beaucoup sonné dimanche.

EdA

 

 

Le plus vieux des jeunes et vice-versa

 

Aujourd’hui aux rênes de Jukebox, une émission de variétés, Steve, né à Wépion aujourd’hui installé à Marcinelle, a commencé sa carrière radiophonique à 9 ans, en 1991. Battant le record de Lysiane, et ses 11 ans.

« À un moment, j’étais le plus jeune et le plus vieux des animateurs, à la fois. à l’origine, mon père était disc-jockey. Moi, très vite j’ai eu une cibie, sous le nom Tango Alpha 182. J’avais même repris le nom de feu Radio Vers L’Avenir. Je m’amusais. Mais comme je donnais mon nom et mon adresse, j’ai très vite reçu des coups de fil d’autres cibistes qui menaçaient de me dénoncer à la RTT.  »

Steve fait partie des meubles.

EdA

L’appel lancé par Radio Chevauchoir pour trouver de nouveaux animateurs est arrivé à point pour faire les choses de manière plus « réglo ». « Je suis venu dire bonjour avec mon père un dimanche matin. Lysiane m’a accompagné pour la première émission. Puis elle m’a lâché dans la nature. Je piochais dans les 45 tours de mon père: Abba, Barzotti, Vilard, Leandros. Durant ces 31 ans sans interruptions, j’ai fait tous les jours. »

Avec quelques habitudes croustillantes. « Quand je sors fumer, le jeu de Jean-François, c’est de m’en empêcher, de me retenir par tous les moyens. » Puis, à Maillen, il y a un nid d’auditeurs, des acharnés. « Une maman et son fils. Ils nous appellent parfois jusqu’à 7 ou 8 fois par émission, à tour de rôle. Cinq minutes de discussion à chaque fois. Une fois qu’ils ont fini, il est presque temps de conclure. »

Aujourd’hui, Franck Michael, Jean Ferrat, Bob Deschamps ont appris à côtoyer Kendji, Pagny ou Badi. Dans un joyeux mélange. « Pendant le confinement, rajoute Jean-François, j’ai essayé que Les Confinis de Pierre Perret devienne un tube. Je le passais dès que je pouvais. » Par contre, la reprise à l’accordéon et en français du tube Jerusalema de Master KG, qui fait danser toutes les générations, est un des hits du moment.

 

 

 

Vite dit

 

 

Le son et l’image haute en couleur

 

Mythe de toute une région, Radio Chevauchoir et sa gouaille ont fait quelques apparitions remarquées au cinéma. Un prochain tournage, mystérieux, devrait d’ailleurs, avoir lieu au printemps. Avec Les convoyeurs attendent, l’équipe de la station avait même été invitée sur le tapis rouge du Festival de Cannes. « Mais nous ne nous y sommes pas rendus. ». L’équipe préfère, deux fois par mois, aller au casino, et pas en smoking. De toute façon, chassez le naturel, il revient galop!

 

14 000 auditeurs du coin et ceux du monde entier

 

Selon le dernier recensement, Radio Chevauchoir compte 14 000 auditeurs, fidèles ou ayant capté la chaîne au moins 15 minutes. Le tout dans un rayon englobant Fontaine-l’Évêque, Dinant, Gembloux et même quelques zones de la Baraque Fraiture (sur la ligne) et de Saint-Hubert. « Mais si vous captez, ne bougez plus.  » La licence est acquise auprès du CSA pour les huit prochaines années. Puis, il y a le monde entier à portée de clic via internet.

 

Chevauchoir, kézako

 

Pragmatique, le père Marcel a donné à la station le nom de la rue où elle est installée. Qui, elle-même, selon le mythe, doit son nom à une princesse du XVIIe siècle qui chût de son cheval en cet endroit.

 

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