« Des dealers de plus en plus créatifs » (vidéo)

Phénomène peu répandu jusqu’ici, les dealers utilisent désormais les colis postaux pour envoyer leurs substances loin de nos frontières. Reportage.

« Les dealers sont de plus en plus créatifs. Ils dissimulent la drogue vraiment partout. La douane doit donc être très créative, elle aussi, pour trouver leurs astuces. » Une boîte de conserve de choucroute, dont le contenu a été vidé et remplacé par des dizaines de pilules d’ecstasy, en main, Kristian Vanderwaeren détaille les nouveaux modes opératoires des dealers de drogue pour envoyer leurs substances illicites loin de nos frontières.

Une pilule d’ecstasy vendue trois euros en Belgique se monnaie dix fois plus en Australie ou en Amérique, mais le fait d’envoyer ça via les services postaux est un phénomène assez récent.

Si les transferts de drogue en très grande quantité n’ont évidemment pas été abandonnés et les saisies ont encore augmenté en 2021, les revendeurs de ces produits illégaux transfèrent désormais aussi leur marchandise via de plus petits paquets et utilisent notamment les envois postaux pour atteindre leurs clients, parfois à l’autre bout du globe. « Les transactions se passent en général sur le darkweb, ajoute l’administrateur général du SPF Finances. Une pilule d’ecstasy vendue trois euros en Belgique se monnaie dix fois plus en Australie ou en Amérique, mais le fait d’envoyer ça via bpost est un phénomène assez récent. Il existait sans doute déjà avant, mais il prend désormais des proportions vraiment très importantes. »

Heureusement, nos équipes font des analyses de risques et parviennent malgré tout grâce à leur expertise à faire de bonnes saisies. On estime pouvoir intercepter 20% des marchandises qui transitent par chez nous.

En 2021, grâce notamment aux nouveaux moyens et techniques mis en place par les douanes belges, ce sont plus de six tonnes et demie de drogues qui ont été interceptées dans des colis postaux. « Et nous avons screené et scanné moins d’1 % des colis qui quittent la Belgique, reprend Kristian Vanderwaeren. L’idéal serait évidemment de pouvoir le faire pour tous les paquets avant qu’ils quittent notre pays. Mais avec 950 millions de paquets, ce n’est évidemment pas possible. On est donc limité. Heureusement, nos équipes font des analyses de risques et parviennent malgré tout grâce à leur expertise à faire de bonnes saisies. On estime pouvoir intercepter 20 % des marchandises qui transitent par chez nous. »

Produite aux Pays-Bas et vendue depuis la Belgique

En général, les drogues sont produites principalement aux Pays-Bas et voyagent ensuite par les services postaux belges. Pour éviter les soupçons, elles sont dissimulées dans toutes les formes d’emballages possibles et imaginables. Les douaniers ont ainsi pu trouver des substances interdites dans des chaussures, des boîtes de café et même des bouteilles de vin.

Et alors que beaucoup pensaient voir le trafic diminuer pendant la pandémie de Covid-19, c’est tout le contraire qui s’est produit. « L’augmentation est même considérable et elle est due au commerce électronique, termine Kristian Vanderwaeren. Il a connu une forte impulsion, ce qui a propulsé le commerce illégal de drogues vers des sommets. » 

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