Des milliers de jeunes dans les rues de Glasgow pour le climat

GLASGLOW, Écosse | Des milliers de jeunes marchaient vendredi dans les rues de Glasgow à la fin de la première semaine de la conférence mondiale COP26 sur le climat, accusant les grands de ce monde d’inaction face au dérèglement climatique qui menace leur génération et les suivantes.

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Deux jours de manifestations sont prévus dans la ville écossaise pour crier l’urgence climatique, face aux effets dévastateurs à travers la planète de la hausse des températures due aux émissions de gaz à effet de serre générées par les activités humaines.

«J’espère que cette journée va changer les choses», dit Zara, 9 ans, qui habite Glasgow. J’espère qu’on va pouvoir planter plus d’arbres, avoir plus d’animaux. Je pense que chaque personne peut faire la différence».

Ils étaient nombreux, vendredi, les petits Écossais à avoir manqué l’école et à chanter de leur voix claire dans les rues de Glasgow avec des jeunes venus du monde entier.

Les habitants, penchés à leur fenêtre ou alignés le long des rues du vieux centre-ville bordées d’immeubles de grès ocre ou rose observaient la marche parsemée de bannière affichant «Pas de planète B» et scandant «Si ce n’est pas maintenant, alors ce sera quand?».

Dans la foule conduite par le mouvement mondial Fridays for Future et partie doucement du centre de Glasgow étaient attendues l’égérie de la lutte contre le réchauffement climatique la Suédoise Greta Thunberg ainsi que l’Ougandaise Vanessa Nakate.

Beth Donaldson, une Écossaise de 16 ans est venue avec des amis pour dire que non loin de là, enfermés dans l’immense centre de conférences, ce sont des adultes, au sein de délégations de près de 200 pays, qui décident jusqu’au 12 novembre de l’avenir de ses contemporains.

«Les jeunes sont conscients»

«Nous voyons à la télé tous ces dirigeants politiques dire qu’ils vont agir, mais nous ne savons jamais quel genre d’actions ils vont entreprendre. Ce n’est pas vraiment de leur avenir qu’il est question, mais du nôtre», a-t-elle lancé.

D’importantes mesures de sécurité étaient en place autour du site, déjà très sécurisé en temps ordinaire.

Julia Klein, interprète de 50 ans, est venue manifester avec son fils de 10 ans. 

«C’est les jeunes qui vont vraiment être affectés par tout ça. Et ils en sont déjà conscients. Je veux qu’ils aient une planète propre. Pas qu’ils doivent se battre pour la nourriture ou mourir dans des incendies ou des inondations», dit-elle à l’AFP.

Pour la jeune militante ougandaise Vanessa Nakate, «des manifestations comme celle-là mettent la pression sur les gens au pouvoir, et nous savons que ce mouvement doit grossir pour obtenir les changements dont nous avons besoin pour assurer la sécurité des générations présentes et futures». 

Inspirés par Greta Thunberg, des millions de jeunes sont descendus dans la rue à travers le monde en 2019 pour réclamer à leurs dirigeants d’agir plus vite et plus fort contre le réchauffement de la planète. 

Interrompues par la pandémie de COVID-19, ces manifestations hebdomadaires du vendredi reprennent depuis quelques semaines, avec toujours à leur tête leur égérie scandinave dont les formules-choc se retrouvent sur les banderoles.

Comme les «bla-bla» qui rythment ses accusations depuis quelques mois.

«Ce n’est plus une conférence climat. C’est un festival de greenwashing des pays riches. Une célébration de deux semaines du business as usual et du bla-bla», a-t-elle encore dénoncé jeudi sur Twitter, à la veille de la manifestation, pendant laquelle elle doit s’adresser à la foule.

À l’intérieur du centre de conférence, vendredi est aussi la journée de la jeunesse. 

En octobre, le ministre de l’Environnement italien Roberto Cingolani et le président de la COP26 Alok Sharma avaient promis de transmettre à Glasgow le manifeste adopté par 400 jeunes du monde entier réunis à Milan sous l’égide de l’ONU: une cinquantaine de pages de propositions en matière de transition énergétique, de financements ou de participation citoyenne.

«Nous nous battons»

Après les jeunes vendredi, une coalition plus large d’organisations appelle à manifester samedi lors d’événements simultanés partout dans le monde.

«Depuis dix ans, les tempêtes dans le Pacifique sont plus violentes, les sécheresses sont plus longues et les inondations plus fortes. Les pêcheurs ne peuvent plus nourrir leur famille. C’est pour ça que je marche», a souligné dans un communiqué Brianna Fruean, venue des Samoa avec les Pacific Climate Warriors. «Nous refusons d’être seulement des victimes de cette crise. Nous ne nous noyons pas, nous nous battons, et samedi, le monde nous entendra».

L’accord de Paris de 2015 vise à limiter le réchauffement de la planète bien en deçà de +2°C, si possible +1,5°C, pour éviter les pires impacts du dérèglement climatique, qui provoquent déjà des ravages à travers la planète. Chaque dixième de degré supplémentaire entraîne son lot de conséquences. 

Mais, selon les dernières estimations de l’ONU, le monde se dirige vers un réchauffement «catastrophique» de +2,7°C.

Ces derniers jours, de nouveaux engagements renforcés ont été annoncés par l’Inde, le Brésil ou encore l’Argentine, ce qui pourrait faire évoluer ces prévisions, mais les analyses ne sont pas encore disponibles.

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