Des milliers de manifestants en France contre l’extrême droite, loin d’être pro-Macron

«Mieux vaut un vote qui pue qu’un vote qui tue». Aux quatre coins de France, ils sont plusieurs milliers à être venus dire «non à l’extrême droite» sans pour autant soutenir Emmanuel Macron à huit jours du second tour de la présidentielle qui l’oppose à Marine Le Pen. 

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«Pas une voix pour Marine Le Pen!», la candidate du Rassemblement national (RN, extrême droite), ont martelé les organisateurs devant plusieurs centaines de manifestants à Lille (nord). 

«On est ici (…) pour la société, les libertés, mais aussi le climat. Ce serait une vraie régression si elle arrivait au pouvoir», explique à l’AFP Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France à Paris où plusieurs milliers de personnes se sont mobilisées.

À Lyon (centre-est), où les manifestants sont en majorité des jeunes, Emma, 23 ans, étudiante, dit se mobiliser «contre la banalisation des idées dangereuses, contre le racisme, l’exclusion, la dictature en puissance», et reprend un slogan: «À ceux qui osent voter les lois racistes, tout le monde répond: résistance !»

Marine Le Pen, qui s’est exprimée devant la presse plus tôt dans la matinée à Saint-Rémy-sur-Avre (nord-ouest), a estimé que «venir manifester contre les résultats d’une élection» est «profondément antidémocrate». 

«Je pense que les Français trouvent ça désagréable de voir que leur choix est ainsi contesté dans la rue, par l’intermédiaire de manifestations», a ajouté la candidate du RN, qui a recueilli 23,1% des voix au premier tour.

«En rejetant Marine Le Pen, il s’agit d’empêcher l’avènement d’un projet de société destructeur de l’État de droit, de la république démocratique sociale et solidaire que nous défendons chaque jour», affirment dans leur communiqué les organisateurs des manifestations. Il s’agit d’une trentaine d’organisations et syndicats, comme SOS Racisme, la CGT, le Syndicat de la magistrature ou encore le syndicat national des journalistes.

«On était 20 000» en 2002

Dans ces cortèges baignés de soleil, si les manifestants sont tous contre l’extrême droite, ils n’épargnent pas pour autant le président sortant.

Militant de SOS Racisme, Sasha Halgand regrette d’être face à «un duel Macron/Le Pen dont la jeunesse ne veut pas», mais «si Marine Le Pen arrivait au pouvoir, il y aurait des milices fascistes, des lois liberticides».

Lucile Muller, 19 ans étudiante à Paris, «conteste les deux candidats»: «on avait déjà ce même résultat il y a cinq ans, mais on ne connaissait pas Macron. Là, on a vu les violences policières, les lois liberticides (…) On aurait aimé avoir le choix, avec un second tour Mélenchon (gauche radicale, NDLR)/Macron, avec des débats sur l’écologie par exemple».

Mais pour Aneth Hambert, 25 ans et militante écologiste à Lille, voter Macron, c’est permettre «de choisir à qui on s’oppose. (…) On aura la possibilité d’organiser une opposition forte».

À Paris, une pancarte rappelait: «2002 c’était non, 2022 c’est toujours non», allusion au premier tour de l’élection présidentielle il y a 20 ans. La France s’était alors retrouvée sous le choc en découvrant la qualification de Jean-Marie Le Pen, le père de Marine et fondateur du Front national (ex-RN) pour un second tour, finalement remporté par le candidat conservateur Jacques Chirac. 

Des centaines de milliers de manifestants étaient alors descendus dans les rues pour appeler à faire barrage dans les urnes à Jean-Marie Le Pen.

À Nice (sud-est), une centaine de personnes se sont rassemblées samedi, là où en 2002 «on était 20 000 entre les deux tours», se souvient Jean-Pierre Lamort, 77 ans.

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