Deux sympathisants de Zemmour condamnés pour des vidéos simulant des tirs sur Macron et des Insoumis

Deux sympathisants d’Eric Zemmour ont été condamnés vendredi à de la prison avec sursis, pour avoir diffusé des vidéos dans lesquelles ils imaginaient, fusil en main, prendre pour cible Emmanuel Macron et des Insoumis. 

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Les vidéos litigieuses «ont dépassé les bornes admissibles de la liberté d’expression», avait estimé la procureure lors de l’audience devant le tribunal correctionnel de Paris. Elle avait requis quatre mois d’emprisonnement avec sursis.

Benjamin S., un militaire âgé de 21 ans, et Alain R., un cuisinier intérimaire de 30 ans, ont été condamnés respectivement à quatre et trois mois de prison avec sursis et interdiction de port d’arme pendant cinq et trois ans. Le premier a été reconnu coupable de provocation à commettre des infractions non suivies d’effet, le second de complicité.

Leur condamnation sera inscrite dans leur casier judiciaire et ils devront verser solidairement, au titre du préjudice moral, 3 000 euros au député LFI Alexis Corbières et 5 000 euros à Raquel Garrido, sa compagne et ex-porte-parole du parti. Emmanuel Macron ne s’était pas constitué partie civile.

Lors du procès, les deux prévenus avaient expliqué avoir fait de «l’humour noir et gras» et souligné que les vidéos incriminées avaient été réalisées uniquement pour faire rire leurs amis et mises en ligne à leur insu. Tous deux avaient admis s’être rencontrés à une réunion du candidat à l’élection présidentielle Eric Zemmour (Reconquête !).

Les vidéos litigieuses montrent un homme arborant une casquette «Ben voyons», un tic de langage d’Eric Zemmour érigé en slogan par ses admirateurs, s’exercer avec un fusil à lunette dans un stand de tirs. «Ben voyons les amis, on va éclater qui là ? Du jeune gaucho, du jeune communiste, du jeune bougnoule mental», s’esclaffe le jeune homme, avant d’ouvrir le feu. Fusil en joue, il mime ensuite la surprise — «Ah, Emmanuel Macron !» — et décoche un second tir.

Dans une autre vidéo tournée au même endroit, un autre jeune homme, fusil en main, explique «s’entraîner à chasser du Garrido sauvage» avant de faire feu, puis de tirer une seconde fois en évoquant le député LFI Alexis Corbière.

Raquel Garrido a salué auprès de l’AFP des «peines lourdes qui prennent en compte la gravité des faits» et qui font «passer un message fort à toute cette mouvance d’extrême droite.

Dans un communiqué publié le 22 décembre, Eric Zemmour avait fermement “condamné” ces vidéos.

Clip de campagne: Eric Zemmour condamné pour «contrefaçon de droits d’auteur»

Le candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle Eric Zemmour a été condamné vendredi pour «contrefaçon de droits d’auteur» après l’utilisation non autorisée d’images de films dans son clip d’annonce de candidature, selon le jugement dont l’AFP a obtenu copie.

Eric Zemmour, son parti Reconquête ! et l’un de ses proches, François Miramont, sont condamnés à verser solidairement un total de 70 000 euros aux plaignants.

Parmi eux, les sociétés Gaumont et EuropaCorp, les réalisateurs Luc Besson et François Ozon, la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) ou les ayants droit du réalisateur Henri Verneuil et de l’écrivain et scénariste Jacques Prévert.

Ils avaient assigné mi-janvier M. Zemmour et son mouvement pour «contrefaçon» et «atteinte aux droits moraux et patrimoniaux». 

En cause, l’utilisation non autorisée d’extraits des films «Jeanne d’Arc» de Luc Besson (1999), «Un singe en hiver» de Henri Verneuil (1962), «Dans la maison» de François Ozon (2012), «Le quai des brumes» de Marcel Carné (1938) et du documentaire «Louis Pasteur, portrait d’un visionnaire» (2011) dans le clip d’annonce de la ce clip d’une dizaine de minutes, diffusé en direct sur différents canaux le 30 novembre, a été vu plus de trois millions de fois sur YouTube.

En plus des sommes à verser en réparation du préjudice de «contrefaçon de droits d’auteur» et d’«atteinte au droit moral», le tribunal judiciaire de Paris a ordonné que le clip ne soit plus diffusé avec les extraits en cause. Cette décision doit être appliquée sous 7 jours, sous peine d’une astreinte de 1 500 euros par jour de retard ensuite. 

Le 27 janvier lors de l’audience, où le candidat d’extrême droite n’était pas présent, son avocat Me Olivier Pardo avait fustigé une tentative de «censure» et défendu l’usage d’extraits vidéo «dans le cadre d’une courte citation», réclamant l’irrecevabilité de la procédure.

«Gaumont et EuropaCorp ne font pas de politique, ils font du cinéma populaire, et nous n’avons jamais accordé l’autorisation d’utiliser des extraits à aucun parti», avait répliqué l’avocat des sociétés de production, Me Thierry Marembert.

«Nous aurions refusé à tout le monde (…), mais être associé à quelqu’un qui a des idées extrêmes, c’est un préjudice supplémentaire», avait-il ajouté. 

Gaumont demandait 25 000 euros de dommages et intérêts pour les droits du film «Un singe en hiver», 25 000 euros supplémentaires avec EuropaCorp pour «Jeanne d’Arc», et les auteurs et avant droits 5 000 euros chacun au titre du droit moral.

Par ailleurs, plusieurs médias, dont l’Agence France-Presse, avaient vivement protesté contre l’utilisation non autorisée de leurs images parmi les 144 extraits employés dans le clip, sans aller jusqu’aux poursuites judiciaires.

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