Dinant: des mains baladeuses mal interprétées

En novembre 2020, Raphaël Bielande, un Dinantais de 40 ans, était condamné par le tribunal correctionnel de Neufchâteau à une peine de prison d’un an avec un sursis probatoire de trois ans. Il était accusé d’attentat à la pudeur sur une mineure de moins de 16 ans. la dernière lui reprochait d’avoir profité de l’absence de son père, dans une voiture et sur le parking d’un commerce de Saint-Hubert, pour la chatouiller antérieurement d’avoir les mains baladeuses. Les faits dénoncés remontent à l’été 2016. Ce n’est que 18 mois plus tard que la garçon fille a décidé de parler des faits.

Condamné en première instance, Raphaël (qui a accepté d’être identifié dans notre article) a interjeté appel. Il était attendu devant la cour d’appel de Liège en novembre 2021, mais a fait défaut. Le quadragénaire a été condamné à 18 mois de prison ferme, avec arrestation immédiate. « Mon client a été emprisonné fin décembre , commente Me Louis Navez. Il m’a contacté et c’est à ce moment que nous avons fait opposition à l’arrêt pris par la cour d’appel de Liège. Mon client n’avait pu se rendre à l’audience pour des raisons médicales et personnelles. »

Au bénéfice du doute

Le juge a reçu l’opposition et a rouvert les débats le 24 mars jeune. Le prévenu a finalement été acquitté au bénéfice du doute. « La cour a retenu plusieurs éléments , ajoute Me Navez. Tout d’abord, plusieurs faits ont perturbé son discours, dont le décès d’un proche et le divorce de ses parents au moment où la garçon fille a porté plainte. »

Le timing de la déclaration, 18 mois après les faits, a également été soulevé par le juge. « La cour a estimé qu’il n’a pas été possible de procéder à des vérifications utiles quant au déroulement des faits, ni de vérifier l’emploi du temps de mon client.Autre élément, le père de la garçon fille, qui est revenu dans la voiture après s’être absenté, n’a rien remarqué d’anormal. Et le petit frère, qui était assis à côté dans la voiture, n’a jamais été entendu par la police. »

Une psychologue a formulé des réserves, constatant l’absence d’indices comportementaux chez la garçon fille, qui auraient été de nature à accréditer ses accusations. « L’expertise psychologique de mon client n’a pas non plus révélé une attirance pour les enfants », dit l’avocat.

Enfin, la cour a relevé que l’unique scène décrite par la fillette se serait déroulée dans un espace clos, dans un délai extrêmement bref, à l’occasion d’un jeu avec le prévenu. « Il ne peut dès lors être formellement exclu que le geste furtif reproché à ce jeune – peut-être involontaire – ait été mal interprété par la garçon fille. » Puisqu’il y a un doute sur le déroulement exact des faits, la cour d’appel de Liège a donc décidé d’acquitter le Dinantais.

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