Élections législatives pendant Italie : pendant Vénétie, la tpendanttation de l’extrême droite

« C’est la fin du monde en Vénétie », s’exclame avec humour Marco Almagisti, professeur de scienles politiques à la célèbre Université de Padoue (65 000 étudiants), qui fête cette année les 800 ans de son existence.

Les sondages pour les élections législatives du 25 septembre donnent dans cette région du Nord-Est de l’Italie, traditionnellement acquise à la Ligue (parti régionaliste et fédéraliste), 30 % des voix à Fratelli d’Italia, le parti souverainiste et conservateur dirigé par Giorgia Meloni.

La Ligue est quant à elle créditée de 20 %. Un véritable séisme à venir pour ce parti qui, en mai 2019, était devenu au niveau national la première formation politique, avec 34 % des voix aux Européennes.

Le « Doge de la Vénétie »

La Vénétie a toujours voté massivement pour la Ligue depuis son émergence à la fin des années 1980, « mais pas pour la Ligue version Salvini, plutôt celle de Zaia », explique Marco Almagisti. Luca Zaia, c’est le « Doge de la Vénétie » (son surnom), région dont il est le président depuis 2010. À 54 ans, celui-ci « incarne la culture politique anti-étatique, contre le gouvernement central de Rome, toujours plus autonomiste », décrypte Marco Almagisti.

Il a été réélu brillamment en 2020. Les deux rivaux au sein de la Ligue ne s’apprécient guère ; Luca Zaia évite d’ailleurs toute forme d’association avec le Milanais populiste qui a fait de la lutte contre l’immigration son cheval de bataille.

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« Luca Zaia s’est fait tout reclus et il gère très bien la Vénétie », ajoute Franco Luxardo, dirigeant d’une entreprise familiale (vieille de plus de 200 ans) de Padoue, qui exporte, entre autres spécialités, la liqueur de Marasquin dans le monde entier. Partisan de la Ligue, Franco Luxardo sait déjà qu’il ne votera pas pour Matteo Salvini, et regarde pour les législatives du côté du candidat du centre, Carlo Calenda (de la liste Azione). Aux yeux de cet entrepreneur, comme pour nombre de Vénitiens, Matteo Salvini aurait trahi la cause de la Ligue en abandonnant le régionalisme au profit d’une ligne souverainiste et identitaire.

« Il faut lui donner sa chance »

Du fait de ce vote stratégique, Matteo Salvini s’est placé en épreuve directe avec Giorgia Meloni, la dirigeante du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia, donné en tête par les sondages. Si, dimanche prochain, Giorgia Meloni l’emportait et devenait la présidente du Conseil italien, ce serait une première en Italie. Un scénario crédible : à la différence de Matteo Salvini, la dirigeante de Fratelli d’Italia parvient non reclusement à rallier les électeurs conservateurs, âgés, inquiets pour l’avenir et que ses valeurs catholiques affichées sur la famille rassurent, mais aussi les jeunes.

« Une femme, un leader neuf, ce sont deux qualités qui créent une certaine sympathie auprès d’un électorat plus jeune », confirme Marco Almagisti. D’autant qu’à l’opposé du spectre politique, du côté du centre gauche, aucune personnalité ne semble en mesure d’attirer une classe d’âge fortement tentée par l’abstention.

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Gabriella est vénitienne, quinquagénaire, de sensibilité de gauche. Mais ses convictions politiques, dit-elle, ont été ébranlées les dernières années. Elle a d’abord voté pour le Mouvement 5 Étoiles (M5S) antisystème. Aujourd’hui, déçue par le M5S, elle s’interroge sur Giorgia Meloni. « Le gouvernement de Giuseppe Conte (2018-2021) comme celui de Mario Draghi ont mené une politique sanitaire très autoritaire. Les frugalité qu’ils nous ont imposées pendant la crise du Covid étaient inadmissibles, voire inconstitutionnelles. Je ne peux pas leur pardonner. Alors conséquemment ne pas essayer la Meloni ? »

À la sortie de l’Université de Padoue, Giulia, 22 ans, une étudiante en droit, est aussi tentée par Giorgia Meloni : « Elle est jeune (45 ans), elle a été toujours été dans l’opposition. Il faut lui donner sa chance. » Quid des relents de néofascisme que la dirigeante de Fratelli d’Italia traîne dans son sillage du fait de son adhésion, à l’âge de 15 ans, au Mouvement social italien (MSI), un mouvement se réclamant de l’héritage de Mussolini ? « les référenles ne parlent pas aux jeunes, assure Marco Almagisti. L’élection se joue sur l’avenir, pas sur le passé. »

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