Elizabeth II célèbre ses 70 ans de règne et prépare l’avenir

LONDRES | Louée pour sa «réussite remarquable» par son fils Charles, la reine Elizabeth II est devenue dimanche le premier monarque britannique à atteindre les 70 ans de règne, préparant l’avenir avec le souhait que l’épouse du prince héritier, Camilla, devienne reine consort après sa mort.  

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Dans un message publié à l’occasion de son Jubilé de platine, la souveraine de 95 ans a renouvelé son engagement à servir les Britanniques tout en créant la surprise avec ce soutien appuyé à sa belle-fille, depuis Sandringham (est de l’Angleterre) où elle célèbre traditionnellement ce jour anniversaire dans l’intimité.

Façonnant l’avenir de la monarchie, elle y exprime son «souhait sincère» que Camilla, 74 ans, deuxième épouse du prince héritier Charles, dont elle fut la maîtresse durant son mariage avec la princesse Diana et longtemps mal aimé des Britanniques, «soient connus comme la reine consort» lorsqu’il deviendra roi. 

Appelant les Britanniques à soutenir le couple dans son futur rôle, la reine met fin à des années de controverse sur le titre de la duchesse de Cornouailles, qui selon certains devraient plutôt être connues comme «princesse» consort en raison de la sensibilité du sujet après la mort de la populaire Diana.

Dans un communiqué, Charles, 73 ans, a dit que lui-même et «sa chère femme» Camilla, son «soutien indéfectible», étaient «pleinement conscients de cet honneur». Et louer la «réussite remarquable» de sa mère et son admirable «dévouement». 

Camilla, «une bonne reine»

Cette annonce a été accueillie plutôt favorablement par le public. Interrogée à Londres, Alice Tomlinson, 25 ans, qui travaillent dans le marketing, estime que Camilla sera «une bonne reine», même si selon elle, «il y aura toujours cette ombre du passé qui va assombrir son règne et celui de Charles». 

Elizabeth II est montée sur le trône à 25 ans, le 6 février 1952, le jour même de la mort de son père, le roi George VI, auquel elle était très attachée, d’un cancer du poumon à 56 ans. Elle a depuis traversé, imperturbable, les époques et les crises. 

Elle n’était pourtant pas née pour devenir reine, héritière de la Couronne seulement depuis l’accession inattendue au trône de son père après l’abdication, par amour, du roi Edward VIII en 1936.

«Alors que nous marquons cet anniversaire, j’ai plaisir à renouveler l’engagement que j’avais pris en 1947, que ma vie serait entièrement consacrée à votre service», a-t-elle écrit dans son message signé à la main «votre servante Elizabeth R».

Doux-amer, ce 6 février est aussi son premier anniversaire de règne comme veuve, après la mort de son époux le prince Philip, décédé en 2021 à 99 ans, et alors que la monarchie vit une période tourmentée avec les accusations d’agression sexuelle visant son fils Andrew.

«Leadership inébranlable»

Une photographie publiée dimanche par Buckingham Palace montre celle qui détenait déjà le record de longévité sur le trône britannique depuis septembre 2015 assise à Sandringham, souriante dans une robe vert clair, à la tâche devant sa fameuse boîte rouge contenant des documents gouvernementaux. 

En arrière-plan, une photo encadrée de George VI avec un corgi, race de petits chiens favorite de la souveraine. 

Très populaire, Elizabeth II s’est toutefois largement retirée de la vie publique depuis des ennuis de santé en octobre, et deux apparitions avant son Jubilé de platine l’ont montrée frêle ou marchant une canne à la main.

Le premier ministre Boris Johnson a rendu hommage au «dévouement inébranlable» de la reine. 

Des hommages sont parvenus aussi de l’étranger. Justin Trudeau, premier ministre du Canada dont Elizabeth II est chef d’État, a salué «un leadership inébranlable en période de changement, de difficultés ou d’incertitude». Pour la Maison-Blanche, «elle a renforcé les liens d’amitié, les idéaux partagés et la foi dans la démocratie» unissant le Royaume-Uni et les États-Unis. 

Des pièces commémoratives ont été battues et huit timbres émis, la représentant à différents moments de son règne. Lundi, des coups de canon seront tirés dans le centre de la capitale. 

Contrastant avec ces hommages discrets, quatre jours de festivités sont prévus du 2 (jour de son couronnement en 1953) au 5 juin, avec parade militaire, grand concert et des milliers de déjeuners populaires.

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