« Elle m’a mis la pression et j’ai commencé à lui gueuler dessus » (Schaerbeek)

L’accusé, mineur au moment des faits, assure qu’il avait consommé beaucoup de drogue avant de se rendre dans le quartier de prostitution de Schaerbeek.

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Le jeune accusé du meurtre d’Eunice Osayande, prostituée nigériane de 23 ans, a fait entendre sa version des faits ce 13 janvier aux assises de Bruxelles.

L’accusé a raconté, jeudi, devant la cour d’assises de Bruxelles, que la victime l’avait giflé, qu’il l’avait repoussée puis qu’une bagarre avait eu lieu. « J’ai vu rouge et j’avais peur aussi, je ne sais pas pourquoi. Je me suis élancé vers elle en tenant le couteau à deux mains. J’ai pas les mots… J’ai frappé », a-t-il dit. L’accusé doit répondre du meurtre d’Eunice Osayande, une jeune prostituée nigériane, commis à Schaerbeek en 2018.

« J’ai payé 20 euros, puis je suis entré », a dit l’accusé. « Je n’ai pas vu où la dame a mis cet argent, j’étais dans la chambre en train de me déshabiller. Je transpirais, j’étais mal à l’aise. J’étais pas dans mon état d’esprit normal », a-t-il affirmé. Dans la première partie de son interrogatoire, il a détaillé son emploi du temps avant les faits, insistant sur le fait qu’il avait consommé beaucoup de stupéfiants, du cannabis et de la cocaïne.

Elle voyait que je lui faisais perdre son temps. Elle m’a mis la pression et j’ai commencé à lui gueuler dessus.

La présidente de la cour a rappelé à l’accusé qu’il avait déclaré qu’il ne parvenait pas à avoir une érection et que la victime lui mettait la pression. « J’avais un sentiment d’humiliation », a-t-il répondu jeudi. « Elle voyait que je lui faisais perdre son temps. Elle m’a mis la pression et j’ai commencé à lui gueuler dessus. Elle n’a pas apprécié, elle m’a donné une tape sur l’épaule comme pour dire ‘allez, sors’. Je l’ai repoussée puis ça a dégénéré en bagarre. J’ai jamais toléré les gifles et je pense que ça a été l’élément déclencheur », a relaté l’accusé.

Marie-France Keutgen, Présidente de la cour d’assises de Bruxelles, a rappelé à l’accusé qu’il avait déclaré qu’il ne parvenait pas à avoir une érection et que la victime lui mettait la pression.

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« J’ai vu rouge et j’avais peur aussi, je ne sais pas pourquoi. Je me suis élancé vers elle en tenant le couteau à deux mains. J’ai pas les mots. J’ai frappé », a-t-il ajouté. « Aujourd’hui, je ne comprends toujours pas comment j’ai pu faire ça ».

La présidente de la cour a insisté sur le nombre de plaies relevées, neuf au minimum, plusieurs coups ayant parfois été donnés dans la même plaie, et elle a rappelé que le couteau avait été enfoncé presque jusqu’à la garde. « Il n’y a rien à expliquer », a répondu l’accusé. « Je ne comprendrai jamais comment j’ai pu faire ça. »

J’ai fait plusieurs tours pour trouver une femme à mon goût et je suis allé vers Madame Osayande. Je voulais juste avoir un rapport sexuel.

« J’avais consommé beaucoup de stupéfiants durant toute la journée », a raconté l’accusé, jeudi plus tôt dans la journée. Ce dernier a déclaré qu’il n’était donc « pas dans son état normal » lorsque les faits ont eu lieu, tout en précisant qu’il ne cherchait aucune excuse.

« J’ai quitté le bar où je travaillais vers 3h. Je me suis ensuite rendu dans mon jardin, c’est-à-dire que c’est un jardin social où je vais souvent. J’ai continué à consommer… Un petit joint, pas grand-chose. Puis dans les toilettes, chez moi, j’ai encore pris de la cocaïne », a déclaré l’accusé.

«J’étais pas dans mon état d’esprit normal. J’avais trop consommé, Madame. Je ne contrôlais plus mes pensées», a assuré l’accusé du meurtre d’Eunice Osayande.

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« Je voulais avoir un rapport sexuel et je me suis rendu dans ce quartier où les dames se prostituent. J’ai fait plusieurs tours pour trouver une femme à mon goût et je suis allé vers Madame Osayande. Je voulais juste avoir un rapport sexuel. J’étais pas dans mon état d’esprit normal. J’avais trop consommé, Madame. Je ne contrôlais plus mes pensées », a-t-il exprimé.

Le procès se poursuit ce vendredi 14 janvier.

Le rappel des faits

Le jeune accusé, qui était mineur au moment des faits, doit répondre du meurtre d’une prostituée nigériane de 23 ans, Eunice Osayande. Celle-ci avait été tuée à coups de couteau, dans sa carrée située rue Linné à Schaerbeek, durant la nuit du 4 au 5 juin 2018.

L’accusé a été reconnu sur des images de caméras de vidéo-surveillance du quartier, filmées juste après les faits. Il y est observé courant vers la gare du Nord, puis montant dans un tram, et arborant un t-shirt déchiré. Il a ensuite été identifié sur base d’empreintes digitales relevées sur un paquet de cigarettes se trouvant dans un sac, vraisemblablement abandonné sur place par l’auteur.

Le jeune homme, qui était déjà connu de la police et des services judiciaires de la jeunesse.

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Le jeune homme, qui était déjà connu de la police et des services judiciaires de la jeunesse, a été arrêté le 20 juin 2018, soit une quinzaine de jours après les faits. Après avoir tout d’abord nié toute implication, il est passé aux aveux, expliquant son geste par un différend dans le cadre d’une relation sexuelle tarifée avec la victime. Il a déclaré s’être défendu face à la prostituée qui le chassait violemment, précisant qu’il n’avait pas l’intention de la tuer. Il est ensuite revenu une nouvelle fois sur ses déclarations pour nier son implication, avant de revenir sur la précédente. Il l’a confirmée ce 13 janvier devant la cour.

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