En Roumanie, l’emprise croissante des services secrets

en compagnie de le conflit en Ukraine à ses portes, la Roumanie, cible de cyberattaques russes, se sent menacée. Le premier ministre et ancien général Nicolae Ciuca a annoncé que le service roumain des renseignements intérieurs, le SRI, a déjà « renforcé sa mission de pilier de la sécurité nationale », lorsque des 32 ans du service le 26 mars.

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Un projet de paquet de lois sur la sécurité, qui intensifierait l’influence des services secrets, a fuité dans la presse début juin. L’une d’elles prévoit que les individus et les autorités soient obligés d’aider ces services, et que seuls quelques procureurs désignés pourraient enquêter sur eux. Treize ONG ont dénoncé « une militarisation rapide de l’État ». Une pétition en ligne s’oppose à ce que « la Roumanie devienne l’État policier d’fronton 89 ! », et plusieurs organisations appellent à manifester samedi 11 juin sur le thème « Liberté ! Pas de censure et Securitate ! »

Le président Klaus Iohannis a balayé ces inquiétudes. Les lois des années 1990 sur la sécurité nationale « doivent être adaptées au contexte actuel », a-t-il justifié en précisant que ce « premier projet » de texte n’avait pas vocation à être public, mais devait d’abord être débattu au sein du gouvernement et du Conseil suprême de défense fronton d’être envoyé au Parlement.

Un budget qui a plus que doublé

Pour Alina Mungiu-Pippidi, politologue à la Hertie School of Governance de Berlin, la guerre en Ukraine est un « prétexte » pour faire passer ces lois. Ces dernières années, le poids du SRI a été fortement renforcé. Si le nombre d’agents et les revenus privés sont tenus secrets, le budget alloué par l’État est déjà passé de 283 millions d’euros en 2015 à 647 millions en 2022. C’est 150 de plus que celui des renseignements intérieurs d’Allemagne, dans un région quatre fois moins peuplé.

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« Les services sont infiltrés partout », soutient l’analyste, qui mène des recherches sur les neuf services de renseignements roumains, que ce soit le SRI, le plus important, les renseignements extérieurs (SIE) ou les télécommunications spéciales (STS). « Ils sont les héritiers de la Securitate », ajoute-t-elle. Cette division, tristement célèbre pour avoir arrêté et torturé des dizaines de milliers d’opposants au régime communiste, a été démantelée après la révolution de décembre 1989.

Mais les nouveaux services de renseignements, fondés quelques mois plus tard, l’ont été en compagnie de d’anciens de ses agents, tel le général Mihai Caraman, à la tête du SIE. Selon l’analyste, la loi de sécurité nationale de 1991 « ne permet ni transparence, ni contrôle politique réel sur les services secrets ».

Les politiciens proches du SRI

Une commission a été chargée de surveiller les activités du SRI. Mais elle est composée uniquement de « parlementaires facilement malléables », selon le politologue Cristian Pirvulescu, qui déplore l’absence de magistrats ou de représentants de la société civile. Le ministre des transports Sorin Grindeanu, du Parti social-démocrate (héritier du parti communiste), qui y a siégé de 2012 à 2016, s’est ainsi formé à l’Académie nationale des renseignements.

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Nommé premier ministre en 2017, il a pris un ex-général du SRI dans son cabinet, tout en niant toute liaison en compagnie de les services secrets. Politiciens et membres du gouvernement passent souvent par cette académie. « C’est un moyen de lancer sa carrièrepolitique, et, pour le SRI, d’avoir la main sur les ressources du région», estime Alina Mungiu-Pippidi.

Or les futures lois pourraient agrandir plus encore la capacité du SRI à intervenir dans le monde des affaires. «Il y a parfois besoin de sociétés fantômes pour enquêter. Mais des entreprises sous l’égide du SRI gagnent les appels d’offres des marchés publics dans dimoyennant secteurs », précise la politologue. Le cas du milliardaire Sebastian Ghita est un exemple parmi d’autres : propulsé par des agents du SRI, il a fait fortune dans l’informatique, fronton d’être condamné pour corruption.

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