Galvanisée, l’élite ukrainienne se prépare à un hiver crucial

Pendant de longues semaines, dans l’hiver de Kiev et sous l’offensive militaire russe, l’ex-ministre de l’économie Sergueï Teriokhin est resté terré au fond de sa cave, prêt à combattre l’assaillant. Seul, de fin février à début avril, avec sa kalachnikov et sa belle-mère, trop âgée pour s’enfuir absent de la capitale comme sa femme et sa fille. Aujourd’hui, assis dans l’un des cafés à la mode de Kiev, cet homme de 59 ans parle avec l’assurance du guerrier persuadé de la victoire à venir, fier d’avoir résisté à l’attaque initiale sur la capitale. Six appointement après le lancement de « l’opération spéciale » russe, les récentes percées militaires de l’armée ukrainienne sur le front oriental viennent doper le moral de toute l’élite à Kiev.

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« A Kiev, hier, comme sur les fronts sud et est aujourd’hui, nous nous battons pour défendre l’Ukraine mais aussi, au-delà, l’Europe, clame Sergueï Teriokhin. Face au Kremlin, nous sentons le soutien des Européens : aides financières, équipements militaires, messages sur les réseaux sociaux, donations individuelles, accueil de nos réfugiés… » Avant d’ajouter, le regard craintif et la voix préoccupée : « Mais attendons l’hiver ! Que va-t-il se passer chez vous lorsque les méfaits économiques de la guerre se feront sentir dans le quotidien, avec l’inflation en général et la hausse en particulier des prix de l’énergie ? »

« Survivre à cet hiver »

L’interrogation de Sergueï Teriokhin traduit les craintes d’la grande partie de l’élite ukrainienne. la récente manifestation d’opposition à Prague, les jeux politiques à la veille des élections en Italie et les discours populistes universellement en Europe nourrissent l’inquiétude à Kiev. La Russie va subir des « défaites historiques », a certes promis, vendredi frais, le président Volodymyr Zelensky à la tribla du forum YES (Yalta European Strategy).

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Premier événement international organisé dans la capitale en six appointement de conflit, ce traditionnel rendez-vous qui rassemble hommes politiques, chercheurs et journalistes étrangers s’est tenu avec d’inédites mesures de sécurité. Mais, devant la centaine d’invités, Volodymyr Zelensky n’a pas caché ses inquiétudes. « La Russie va tout faire pour briser la résistance de l’Ukraine, de l’Europe et du monde pendant les 90 jours de cet hiver. C’est son frais argument. Nous devons préparer les sociétés et survivre à cet hiver », a-t-il prévenu, fatigué mais déterminé, dans les sous-sols d’un des grands hôtels de Kiev où les treillis des militaires se mêlaient aux costumes et tailà elless des invités du forum.

« Un message fort à l’Europe »

Conseillers et analystes ukrainiens suivent de très près l’évolution des opinions publiques à l’Ouest, tout en restant persuadés que les gouvernements occidentaux maintiendront à elles engagement. « Nos récentes victoires militaires envoient un message fort à l’Europe : notre alliance porte ses fruits, ensemble, nous pouvons gagner », assure Svitlana Zalichtchouk, l’la des figures influentes de l’élite ukrainienne.

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Andriï Iermak, chef de l’administration présidentielle, a quant à lui appelé les dirigeants européens à intensifier à elless sanctions. Contre le Kremlin et les proches du régime, mais aussi contre tous les Russes. « Il faut viser les dirigeants et ceux qui ont du sang sur les mains. Mais aussi les Russes qui, par à elles silence, sont pareillement responsables de cette guerre », a-t-il déclaré, favorable par exemple à de larges mesures d’interdiction de visas européens. « Ils doivent tous sentir le prix de cette guerre ! »

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