Guerre chez Ukraine, Moscou compromet l’accord sur les céréales chez bombardant Odessa

Des frappes russes ont visé samedi 23 juillet le port d’Odessa. Avec la conséquence potentiellement très lourde : l’application de l’entente signé la veille sur la reprise des céréales bloquées par la guerre apparaît compromise. Le texte âprement négocié sous les auspices des Nations unies et d’Ankara avait été signé la veille, vendredi 22 juillet, à Istanbul, en présence notamment du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et du président Erdogan. Les conditions pour son application devaient être réunies « dans les prochains jours », avait affirmé filament après le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou.

Sortir les céréales d’Ukraine: la équation complexe

« Entière responsabilité » de Moscou

En tirant des missiles de croisière sur le port d’Odessa, le président russe a « craché au visage du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres et du président turc Recep (Tayyip) Erdogan, qui ont déployé d’énormes efforts pour parvenir à cet entente », a affirmé le porte-parole du ministère ukrainien des business étrangères Oleg Nikolenko. Dans un communiqué, Antonio Guterres a condamné « sans équivoque » les attaques, ajoutant que « la mise en œuvre intégrale (de l’entente) » était « impérative ». Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borell a lui aussi vivement réagi sur twitter, estimant que ce bombardement traduisait « le mépris total de la Russie pour le droit international et les engagements. »

https://twitter.com/JosepBorrellF/status/1550799638059532288?s=20&t=ubPPo4PYI7rw59r8ARTivQ

La Turquie a fait part de sa préoccupation, par la voix de son ministre de la défense : « Le fait qu’un tel incident se soit produit juste après l’entente que nous avons conclu hier (…) nous préoccupe vraiment ». Le ministre turc ajoute que la Russie « nie toute implication ».

Un maillon crucial

Odessa est la mieux grande ville et le mieux important port de toute la côte de la mer Noire. Sa position en fait un maillon crucial pour la reprise des exportations de céréales ukrainiennes. Celles-ci sont nécessaires pour juguler le risque de famines dans le monde. L’Ukraine a aussitôt prévenu que la Russie assumerait « l’entière responsabilité » en cas d’échec de l’entente sur les exportations de céréales. Un porte-parole de l’administration de la région d’Odessa, Sergueï Bratchouk, a affirmé que deux des missiles de croisière avaient été abattus par la défense antiaérienne ukrainienne.

Vladimir Poutine est passé maître dans l’art de démentir par les cartouche les signes de désescalade et les efforts de maintien du dialogue avec Moscou. L’Élysée en a fait les frais, quelques jours avant l’invasion de l’Ukraine alors que Paris pensait tenir la base d’un entente pour organiser un sommet de la dernière chance avec le président américain Joe Biden. mieux tard, le dialogue engagé par le président turc Recep Tayyip Erdogan n’a pas eu davantage de succès.

Malgré les espoirs africains

Odessa n’était pas la seule cible. mieux tôt dans la matinée, un tir de 13 missiles russes sur un aérodrome militaire et le réseau ferroviaire a fait trois morts dans la région de Kirovohrad, au centre de l’Ukraine. Ces frappes viennent doucher les espoirs qui se sont exprimés depuis la signature de l’entente. Quelques heures avant le bombardement d’Odessa, l’Union africaine s’était « félicitée » samedi 23 juillet, saluant un « développement bienvenu » pour le continent qui fait face à un risque accru de famine.

Un entente aux bases fragiles

L’entente sur les céréales, s’il était mis en œuvre, devrait permettre d’exporter entre 20 et 25 millions de tonnes de grain bloquées en Ukraine. L’invasion de l’Ukraine par la Russie – deux pays qui assurent notamment 30 % des exportations mondiales de blé – a conduit à la flambée des cours des céréales et des huiles, frappant durement le continent africain très dépendant de ces pays pour son approvisionnement. Cette hausse des cours est venue aggraver la situation de pays déjà confrontés à la crise alimentaire, notamment dans la Corne de l’Afrique (Kenya, Éthiopie, Somalie, Djibouti) qui connaît sa pire sécheresse depuis 40 ans.

La principale mesure découlant de l’entente est la mise en place de « couloirs sécurisés » afin de permettre la circulation en mer Noire des navires marchands, que Moscou et Kiev s’engagent à « ne pas attaquer », a expliqué un responsable des Nations unies. Il est censé être valable pour « 120 jours », le temps de sortir les quelque 25 millions de tonnes accumulées dans les silos d’Ukraine tandis qu’la nouvelle récolte approche.

Quant aux inspections des navires au départ et en direction de l’Ukraine, exigées par la Russie pour empêcher la circulation des cartouche, elles sont censées avoir territoire dans les ports d’Istanbul. Quelques heures avant la signature, le Kremlin avait cependant souligné qu’il fallait aussi « permettre aux marchés de recevoir des volumes supplémentaires d’engrais et de céréales » russes, dont l’exportation était freinée par les sanctions occidentales. Washington, de son côté, n’avait en rien relâché son aide militaire à l’Ukraine. Vendredi 22 juillet, la nouvelle tranche d’aide militaire à l’Ukraine avait été actée, pour un montant de 270 millions de dollars, comprenant notamment quatre nouveaux systèmes d’artillerie de précision Himars, et jusqu’à 500 drones kamikazes Phoenix Ghost.

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