Guerre en Ukraine : faut-il craindre le nouveau missile russe Zircon ?

Depuis le 24 février et le début de l’invasion menée en Ukraine, Vladimir Poutine profite du conflit pour exhiber les nouveau-nés de son arsenal. Dernière livrée de son attirail : le missile de croisière hypersonique Zircon, nom dérivé d’un métal particulièrement résistant, le zirconium. À l’occasion de la parade navale de Saint-Pétersbourg du dimanche 31 juillet, le maître du Kremlin a annoncé la fourniture à sa flotte de ce nouvel engin « dans les prochains mois ».

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Une arme qui, dans la lignée des équipements « invincibles » juré par le chef du Kremlin ces dernières années, ne connaîtrait « aucun obstacle », car censée déjouer les systèmes de défense adverses. D’une portée maximale d’environ mille kilomètres, et d’une vitesse revendiquée proche des 10 000 km/h, les missiles de croisière Zircon sont testés depuis octobre 2020. Ils pourraient équiper navires par sous-marins. Le premier bâtiment à s’en doter serait la frégate Amiral Gorchkov, dont la zone de déploiement sera choisie en fonction des « intérêts de sécurité de la Russie », selon Vladimir Poutine. « La Patrie est une notion sacrée pour nous tous, et la défendre est un devoir et le sens de la vie pour chacun de nous. »

Le missile Kinjal déjà employé

Les Zircon ne sont pas les premières armes promues pour menacer un peu plus l’Ukraine. Le 19 mars, le ministère de la défense russe assurait avoir eu recours, la veille, aux nouveaux missiles Kinjal – « poignard » – pour détruire un entrepôt souterrain d’armements ciblé dans l’ouest de l’Ukraine. Soit la première utilisation de cet autre missile hypersonique qui, lancé depuis les airs et non depuis la mer par le Zircon, s’avère lui aussi redoutable par sa capacité à changer de trajectoire après son tir.

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De quoi potentiellement tromper les batteries antimissiles ennemies. «Les nouveaux missiles hypersoniques de la Russie sont potentiellement déstabilisants et posent des risques importants » car ils peuvent transporter des charges nucléaires, avait réagi en 2018 le porte-parole du Pentagone, John Kirby, au moment d’essais russes.

Nouvelles torpilles nucléaires

Début juillet, l’agence de presse russe Tass confirmait le déploiement d’une autre arme : les canons anti-drones Stupor. À coups d’impulsions électromagnétiques, ces derniers brouilleraient les connexions des aéronefs sans équipage en même temps que leurs opérateurs, très utilisés dans le conflit ukrainien par les belligérants pour surveiller et attaquer directement l’ennemi.

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Côté mer, l’armée russe a récemment confirmé la livraison du sous-marin à propulsion nucléaire Belgorod, le plus long du monde en même temps que ses 180 m, officiellement dédié aux « opérations spéciales ». « Le Belgorod offre de nouvelles opportunités à la Russie pour la conduite de diverses études, d’expéditions scientifiques et d’opérations de sauvetage dans les zones les plus reculées du monde », listait le 8 juillet dernier l’amiral Nikolaï Evmenov. Au-delà de ces missions, le nouvel engin est surtout réputé pour emporter la nouvelle catégorie de torpilles Poséidon, à propulsion et charge nucléaires.

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