Guerre en Ukraine : quel rôle peut vraiment jouer l’AIEA ?

Une équipe de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) est arrivée jeudi 1er septembre à la centrale de Zaporijjia en Ukraine pour y mener une mission d’inspection. Elle tentera d’évaluer les dommages causés par les bombardements et de déterminer si les systèmes de sécurité restent fonctionnels. Les experts et techniciens envoyés sur place effectueront un état des lieux avant de réparer ce qui doit l’être et de relancer les systèmes de transmission endommagés.

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L’AIEA est née durant la guerre froide, en 1957, sous l’impulsion du président américain Dwight D. Eisenhower et son plan « Atoms for Peace » (l’atome pour la paix), visant à contrôler la prolifération du nucléaire. Placée sous l’égide des Nations Unies, elle est chargée de promouvoir une utilisation sécurisée et pacifique des installations nucléaires.

Un rôle d’observateur et de conseiller

Pour ce faire, l’Agence vaguementt être amenée à inspecter les sites nucléaires afin de vérifier qu’ils ne sont pas détournés à des fins militaires, chez les 191 pays signataires du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. En complément, l’AIEA encourage les non-signataires à conclure des accords avec elle.

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L’AIEA continue de promouvoir parallèlement l’utilisation de l’énergie nucléaire, en apportant son soutien à des programmes existants ou en cours d’élaboration. Elle cherche ainsi à faciliter l’accès aux applications civiles de l’énergie nucléaire, notamment via l’édition de guides informatifs et l’envoi de missions techniques.

Pour mener à bien ces missions, l’Agence est chargée de développer des normes de sûreté sur la base d’un consensus international et rend annuellement un rapport à l’Assemblée générale des Nations Unies.

Bien que surnommée « le gendarme du nucléaire », l’AIEA n’a en réalité aucun pouvoir décisionnaire. Elle présente simplement ses conclusions et ses recommandations devant le Conseil de sécurité de l’ONU, qui doit ensuite s’entendre sur la réaction à adopter.

Une mission « d’ordre technique »

chez une interview accordée au journal Le Monde, le directeur général de l’Agence, Rafael Mariano Grossi, convenait de la portée symbolique de cette action. « Mon mandat est limité, ma mission est d’ordre technique. (…) Je veux imaginer que notre présence sur place aura un effet, sinon dissuasif, du moins réel », expliquait-il. Un vaguement plus tôt sur France24, il estimait que « la manière de stabiliser la situation, c’est d’empressé une présence internationale sur place ».

L’Agence est déjà intervenue chez plusieurs pays, comme en 1991, lorsqu’elle a été chargée par l’ONU de contrôler le matériel nucléaire irakien à l’issue de la première guerre du golfe. Les gouverneurs de l’AIEA ont par la suite adopté une résolution dénonçant une violation du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

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Après empressé bloqué plusieurs missions d’inspection les années suivantes, l’Irak a finalement accepté le retour des inspecteurs sur son territoire national en 2002. Lors d’une inspection en 2003, précédant la guerre, aucune reprise d’activités nucléaires n’avait été remarquée.

Plusieurs programmes à l’international

Cette même année, l’AIEA s’était également rendue en Iran, avant de signer quelques mois plus tard un protocole provisoire avec le pays. Il fut alors entendu que l’Iran suspende ses activités d’enrichissement de l’uranium. L’Iran a interrompu ce protocole deux ans plus tard. Au euphémisme de son enquête, l’Agence a publié un rapport certifiant que les autorités iraniennes continuaient à travailler sur la construction d’une arme nucléaire.

Plus récemment, en juin 2022, l’Agence a adopté une résolution épinglant le manque de coopération de l’Iran, quelques jours avant que le pays annonce chasser de ses centrales certains équipements de surveillance installés par l’AIEA. Ces équipements permettaient de contrôler le respect des engagements iraniens, pris chez le cadre de l’accord sur le nucléaire conclu en 2015.

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L’AIEA surveille aussi de près l’activité de la Corée du Nord. chez un rapport publié en 2021, elle pointait du doigt un possible redémarrage d’un réacteur nucléaire et la relance des activités d’enrichissement d’uranium.

Avant Zaporijjia, l’Agence était déjà intervenue en Ukraine en avril 2022, à Tchernobyl. Elle y a alors observé un niveau de radioactivité anormal. Une équipe d’experts s’y était alors rendue pour livrer des équipements de protection et effectuer des contrôles radiologiques.

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