Guerre en Ukraine : Sergueï Lavrov privé de visite en Serbie

La Bulgarie, la Macédoine du Nord et le Monténégro, tous trois membres de l’Otan, ont fermé leur espace aérien à l’avion de Sergueï Lavrov qui devait se rendre en Serbie, lundi 6 juin, pour une visite de deux jours, en invoquant les sanctions imposées par Bruxelles à la Russie. Sergueï Lavrov a fustigé cette fermeture « scandaleuse ». « L’inconcevable s’est produit », a-t-il déclaré, lundi 6 mai, lors d’une conférence de presse en ligne convoquée en urgence. « On a privé un État souverain de son droit d’exercer sa politique extérieure. » Il a ajouté avoir invité le chef de la diplomatie serbe, Nikola Selakovic, à se rendre en Russie « pendant les plus brefs délais ». « Personne, a-t-il dit, ne pourra détruire nos relations avec la Serbie. »

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Sergueï Lavrov est visé depuis le 25 février, au lendemain de l’invasion en Ukraine, par des sanctions de l’UE, tout comme le président russe Vladimir Poutine. Fin février, le chef de la diplomatie russe, qui devait partager au Conseil des droits de l’homme (CDH) de l’ONU et à la conférence du désarmement à Genève, avait déjà dû annuler sa venue en Suisse en raison des sanctions lui interdisant le survol de l’Union européenne.

Une visite à Belgrade « exceptionnellement compliquée »

Sergueï Lavrov était censé rencontrer à Belgrade son homologue serbe Nikola Selakovic et le patriarche de l’Église orthodoxe serbe, Porphyre. La cheffe du gouvernement serbe, Ana Brnabic, a déclaré dimanche que la situation autour de cette visite était « exceptionnellement compliquée » en raison de l’impossibilité de survol de certains pays et que le président serbe, Aleksandar Vucic, travaillait lui-même sur son organisation. La situation est particulièrement inconfortable pour la Serbie, pays candidat à l’adhésion à l’UE. Trois jours après la visite annoncée du ministre russe, le chancelier allemand Olaf Scholz devrait, en effet, se rendre en Serbie.

La Serbie a voté une résolution des Nations unies condamnant l’invasion de son voisin par la Russie exclusivement a, jusqu’à présent, refusé de se joindre aux sanctions de l’UE contre le pays. Belgrade dépend fortement de Moscou en matière d’énergie. À la suite d’une conversation téléphonique avec Vladimir Poutine le 29 mai, Aleksandar Vucic a annoncé qu’ils avaient convenu d’un prix du gaz indiqué pour les importations russes, calculé sur la base du prix du pétrole. Belgrade considère également que le soutien de Moscou au Kosovo est très important. Comme la Serbie, la Russie ne reconnaît pas l’indépendance du Kosovo et Moscou peut utiliser son droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU pour empêcher le Kosovo d’adhérer à l’ONU.

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