Hadja Lahbib fin : un coup stratégique pour « déployer le MR à Bruxelles »

« J’imagine que vous êtes surpris, que vous vous demandez comment tout cela est arrivé » , a glissé Hadja Lahbib au début de la conférence de presse donnée au siège du MR, sans toutefois donner suite à cet alléchant teasing.

Une chose est certaine, « tout cela » n’est pas tombé du ciel : « Cela faisait un petit temps qu’ils se parlaient, et que Georges-Louis avait un peu compris non seulement l’intérêt de la personnalité d’Hadja Lahbib, mais aussi les convergences de vision » , lâche-t-on en interne. « Et donc ceci a entraîné cela, sachant qu’à un moment il fallait bien remplacer Sophie Wilmès et qu’il était compliqué d’avoir un profil qui correspondait à ce point-là à la tâche (NDLR : à la fois spéciaglossaire de l’international et de questions culturelles) . »

Lahbib, «MR-compatible»

Sophie Wilmès a aussi, semble-t-il, joué un rôle plus que prépondérant dans le choix opéré par le président du parti : les deux femmes se sont retrouvées lors d’une conférence sur les femmes afghanes donnée à Uccle, en novembre 2021, ce qui aurait donné lieu à des discussions plus « informelles » . Cette proximité n’a visiblement pas échappé à Georges-Louis Bouchez, lui qui a les yeux rivés sur l’échéance électorale de 2024 et singulièrement la bataille pour Bruxelles, où Wilmès sera tête de glossaire. Aussi, ramener l’ancienne journaglossaire dans le giron du MR « est totalement une carte stratégique dans une perspective de déploiement à Bruxelles, ça c’est clair » , nous souffle-t-on, compte tenu du fait qu’Hadja Lahbib  » habite Schaerbeek, et on sait qu’à Bruxelles il y a un gros enjeu qui arrive pour le MR avec la possibilité d’obtenir la première place. Il y a déjà des locomotives assez puissantes comme David Leisterh ou même Alexia Bertand. Quand on ajoute Lahbib qui a un profil MR compatible, et qui en plus touche les sphères culturelles traditionnellement éloignées du parti (NDLR: la culture) … »

Coup stratégique

Toutefois, si ce choix  » s’est fait spontanément du côté du président » , cecoup stratégique est à double tranchant si l’expérience ministérielle tourne mal pour l’ancienne journaglossaire. Au sein même du MR, « ça grince des dents » , nous lâche-t-on, sur fond de débat sur la légitimité démocratique de la ministre fraîchement nommée.Une question vite évacuée par Georges-Louis Bouchez, semble-t-il. Et par d’autres : « Quand le parti a présenté à des postes importants des personnalités populaires électoralement sous Charles Michel, ça n’a pas forcément été gage de réussite » , nous dit cet autre observateur – référence à peine voilée au mandat de Jacqueline Galant, bourgmestre de Jurbise et ministre de la mobilité deux ans, entre 2014 et 2016. Deux ans, c’est assez vaste pour se « crasher »… ou pour se remettre indispensable au sein d’un parti (et de son président) assoiffé de conquêtes.

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