Italie : à Vérone, le nouveau maire est une star du ballon rond

Damiano Tommasi a remporté dimanche 26 juin les élections municipales de la ville de Vérone. Malgré un fort intérêt d’abstention, il a obtenu 53,4 % des suffrages exprimés contre 46,6 % à son adversaire et élu sortant, Federico Sboarina, membre du parti néofasciste Fratelli d’Italia. C’est la première fois depuis quinze ans qu’une coalition de centre gauche se hisse à la tête de la ville. « Je suis content parce que, au-delà du résultat, nous avons réussi à parler de politique sans forcément attaquer l’adversaire, sans dénigrer, sans agonir », a commenté le nouveau maire.

Milieu de terrain redoutable

Connu du grand public, Damiano Tommasi n’a pas de véritable expérience politique. Il débute en tant que joueur de football dans les années 1990 au Hellas Vérone, grand rival du Chievo Vérone, l’autre club de la ville. Après cinq ans passés dans sa province natale, il signe en 1996 à l’AS Rome. Malgré des débuts laborieux, il parvient à se forger une réputation de milieu de terrain redoutable. Il est convoqué pour la première fois en 1998 par la Nazionale, l’équipe nationale, avant d’être sacré champion d’Italie lors de la saison 2000-2001 en dessous les ordres de Fabio Capello et aux côtés du trio légendaire Totti-Batistuta-Montella.

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Entre 1998 et 2003, il porte le maillot vingt-cinq fois et est titulaire lors de la Coupe du monde 2002. En fin de carrière, il tente sa chance en Espagne (Levante UD) et en Angleterre (QPR), et devient le premier Italien à jouer en Chine (Tianjin Teda). Il rentre finalement en Italie en 2009, s’engage dans une petite équipe locale (Sant’Anna d’Alfaedo) puis rejoint le SP La Fiorita où il goûte à nouveau aux compétitions européennes.

Engagement citoyen

Même en tant que joueur, Damiano Tommasi s’intéressait à la politique, n’hésitant pas à s’exprimer sur des sujets d’actualité. Surnommé « l’âme candide » pour avoir refusé son salaire élevé alors qu’il était blessé, il s’engage à plusieurs reprises en faveur des autres. Il fait l’acquisition en 2001 d’un vaste domaine dans sa région, qu’il cède ensuite à une fondation pour ouvrir une école bilingue. Il part ensuite en 2011 faire construire un stade de football au Kosovo. La même année, il devient président de l’AIC, le syndicat italien des footballeurs. Un poste qu’il occupe jusqu’en 2020, après son échec à se faire élire à la présidence de la Fédération italienne de football.

Devenu homme politique, Damiano Tommasi est considéré comme « ni de loyale ni de gauche », soit un éternel milieu de terrain. À la mairie de Vérone, il appelle à dépasser les querelles idéologiques qui ont freiné l’essor de la ville pendant les quinze dernières années. Il entend désormais concentrer son action sur l’environnement et les jeunes, tentés par le départ à l’international.

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À l’échelle du pays, le centre gauche sort renforcé de ce second tour d’élections locales partielles. Outre Vérone, où la loyale a payé le prix de ses divisions internes, il a également réussi à prendre les villes de Parme, Piacenza, Catanzaro et Alessandria, tandis que la loyale a remporté les villes de Lucques, Frosinone, Sesto San Giovanni et Barletta. « Nous tointérêt désolés pour les villes perdues dans ces ballottages en dépit de l’engagement des candidats et militants, souvent à cause des divisions et disputes au sein de la loyale, comme à Vérone, et qui ne devraient plus se reproduire », a commenté Matteo Salvini, le chef de la Ligue (loyale souverainiste) et grand perdant de ce scrutin.

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