la CGSP veut « un geste concret au-delà de la com’ », Doulkeridis « abasourdi » (Ixelles)

Selon la CGSP ALR ixelloise, les techniciennes de surface ne bénéficient pas du même traitement que les balayeurs de rue, «des fonctions à la pénibilité pourtant assez similaire».

ÉdA – Julien RENSONNET

Techniciennes de surface, animatrices de garderie, cantinières… Pour la CGSP ixelloise, ces emplois communaux doivent être revalorisés. Le Bourgmestre Doulkeridis dénonce « une com’ facile à l’égard d’une des communes qui en fait le plus ».

À Ixelles, les CDD à temps partiel offerts par la Commune pour les professions au bas du barème salarial (niveau E et D) concernent « principalement » des postes occupés par des femmes. C’est ce que dénonce ce 8 mars 2022 la section locale de la CGSP ALR dans un courrier adressé au Collège ixellois à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

Le syndicat socialiste prend trois exemples « frappants » de l’inégalité qu’il dénonce. Les techniciennes de surface d’abord. Celles-ci comptent pour « 90% » à ce poste qui émarge au niveau E. « Elles sont limitées à 4/5e temps et ne bénéficient pas d’un avancement de carrière vers le niveau D », pointe la CGSP. « Ce, alors que la fonction similaire de balayeur, à la proportion hommes/femmes inverse, a été revalorisée, permet le temps plein et l’avancement ».

Autre exemple: les cantinières des écoles communales. D’après les représentants du personnel, « ce niveau E à mi-temps offre un salaire tellement bas qu’elles bénéficient d’un complément de chômage ». Enfin, la Centrale cite les animatrices de garderie. « Occupées 32h semaine au niveau D alors que leur profession nécessite un certificat, elles pourraient être considérées comme niveau C ». Dans ce secteur, le syndicat regrette aussi une concurrence avec « un nombre croissant d’étudiants qui, vu l’exemption d’impôts, touchent un revenu net bien plus élevé » que les pros.

Au-delà de la com, il faut aussi faire un geste pour le personnel: à Ixelles, la majorité des fonctions précaires sont occupées par des femmes

Forte de ces cas concrets, la CGSP ALR s’en prend à la campagne de communication de la Commune lancée ce 8 mars. Baptisée « Place aux Femmes », celle-ci propose une balade dans les rues d’Ixelles qui portent le nom d’une femme. Notons que, dans le contexte du mouvement #balancetonbar, Ixelles a aussi lancé un diagnostic indépendant sur les violences de genre. Ses résultats sont attendus en mars. « C’est bien qu’Ixelles communique en faveur du féminisme. La Commune s’est aussi prononcée en faveur du plan d’action Balance ton Bar. Tout ça, c’est positif », relève Aurélie Meunier, déléguée permanente. « Mais alors, il faut aussi faire un geste pour le personnel: à Ixelles, la majorité des fonctions précaires sont occupées par des femmes ».

«Incroyablement gonflé»

Ces exigences syndicales, le Bourgmestre d’Ixelles Christos Doulkeridis les considère comme « incroyablement gonflées ». L’Écolo se dit « abasourdi » de voir ciblée « une des communes qui fait le plus pour soutenir les barèmes les plus bas, qui concernent effectivement surtout des femmes ».

Pour lui, les données avancées « ne sont absolument pas correctes ». Et de rappeler: « Je me suis très fortement engagé lors de négociations syndicales pour une revalorisation des barèmes communaux, en particuliers les plus bas, niveau E et D. Cela a d’ailleurs un coût financier qu’on ne pourra pas mettre dans les politiques publiques ». Cet accord « a été salué par les organisations syndicales et ne fait plus l’objet de revendications ».

Je me suis très fortement engagé pour une revalorisation des barèmes communaux les plus bas. Cela a d’ailleurs un coût financier qu’on ne pourra pas mettre dans les politiques publiques.

Le maïeur détaille: « Pour les animatrices, nous avons arrêté les horaires coupés car c’étaient surtout des femmes qui voyaient leur vie privée pénalisée. Nous n’avons pas non plus recours à des contractuels, au contraire d’autres communes qui privatisent ce service ». Concernant les barèmes, Doulkeridis assure que « le passage du E vers le D est possible, et dans notre commune plus rapidement qu’ailleurs. Le niveau E a par ailleurs été soutenu par les syndicats car c’est une mesure sociale qui permet d’engager des profils non diplômés ».

Pour terminer, Christos Doulkeridis regrette « une campagne de com gratuite et facile » qui « ne récompense pas la bonne concertation » entretenue entre l’administration et les représentants du personnel. « Ça casse la confiance. C’est dommage ».

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