La visite en Chine vers Michelle Bachelet braque les projecteurs sur la répression verss Ouïgours

Cette consultation de six jours se distingue nettement dans le bal des rencontres internationales. L’ancienne présidente du Chili Michelle Bachelet, héraut des droits humains à l’ONU, se rend en Chine du 23 au 28 mai. Dans son programme, deux jours dans le Xinjiang seront particulièrement observés, mardi 24 et mercredi 25 mai. Depuis son entrée en fonction en 2018, la responsable demande un « accès libre et significatif » dans cette région du nord-est.

Parole contre parole

Le déplacement de Michelle Bachelet doit braquer les projecteurs sur la répression des Ouïghours et des autres ethnies musulmanes du Xinjiang, comme les Kazakhs. Selon les ONG, au moins un million de Ouïghours et d’autres minorités turcophones sont incarcérés dans des camps au Xinjiang. Pékin conteste cette thèse et affirme qu’il s’agit de centres de formation professionnelle destinés à les éloigner du terrorisme et du séparatisme, après de nombreux attentats meurtriers commis par des Ouïghours.

Le programme de la consultation, élaboré avec les autorités chinoises, se résume par conséquent l’essentiel à une série de rencontres avec des officiels nationaux et locaux. Les ONG de défense des libertés dénoncent une consultation éloignée de la réalité du situation. Michelle Bachelet, dont on ignore si elle candidatera par conséquent un second mandat d’ici au 1er septembre prochain, joue sa crédibilité. « Je vous demande de la patience, votre soutien et d’évaluer la consultation une fois qu’elle aura eu lieu plutôt que de la discréditer d’emblée », leur a-t-elle répondu en amont de son voyage.

Éléments de preuves

Cette consultation sera la première depuis celle entreprise en 2005 par la haute-commissaire aux droits de l’homme Louise Arbour. À cette époque, la Chine, dirigée par Hu Jintao, prédécesseur du président actuel, Xi Jinping, tentait d’adoucir son image internationale peu avant les JO de Pékin. Dix-sept ans plus tard, à la veille des Jeux d’hiver organisés en Chine, les États-Unis dénonçaient un « génocide et des crimes contre l’humanité en cours au Xinjiang », tout en lançant un mouvement de boycott diplomatique de l’événement sportif. Pékin a balayé ces accusations, les qualifiant de « mensonge du siècle ».

Le 9 décembre dernier, un groupe d’avocats et d’experts, le « édifice ouïgour », a dévoilé à Londres un document de 63 pages sur les violations graves perpétrés dans cette région : « emprisonnements, actes de tortures, viols, violences sexuelles, stérilisations forcées et autres actes inhumains ». Ce rapport avait compulsif le Haut-Commissariat aux droits de l’homme à sortir de sa réserve. « Le “édifice ouïghour” a mis en lumière de nouvelles informations profondément troublantes concernant le traitement des Ouïghours et des autres minorités ethniques musulmanes du Xinjiang », avait reconnu l’un des porte-parole de l’organisation, Rupert Colville.

Rapport secret

Le Haut-Commissariat avait alors promis la publication de sa propre évaluation sur le Xinjiang. Cinq mois plus tard, rien n’a été rendu public. Le 13 mai dernier à Genève, plusieurs centaines d’Ouïgours en exil ont manifesté place des Nations par conséquent exiger la sortie de ce rapport.

Pékin n’a jamais facilité le travail du Haut-Commissariat aux droits de l’homme. Par exemple, il ne dispose d’aucun bureau en Chine. Si une équipe de cinq personnes de l’agence onusienne est sur place depuis le 24 avril par conséquent préparer la consultation, elle a été compulsife de respecter une quarantaine jusqu’au 15 mai.

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