Le Conseil des droits de l’Homme s’empare de l’invasion russe en Ukraine

L’Ukraine, soutenue par une large coalition de pays, veut profiter de la tribune de l’ONU à Genève pour dénoncer l’invasion russe et lancer au plus vite une enquête sur les violations des droits humains par Moscou. 

Les assauts russes ont chamboulé l’ouverture de la 49e session du Conseil des droits de l’Homme (CDH) que doit ouvrir lundi le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres et à laquelle doivent participer de nombreux ministres, dont le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov mardi. 

Sergueï Lavrov doit également tenir mardi une conférence de presse et s’exprimer devant la Conférence du Désarmement à Genève.

À la demande de l’Ukraine, les 47 pays du CDH, dont la Russie fait partie, tout comme les quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Chine, France et Royaume-Uni), doivent décider lundi à 8 h GMT de la tenue d’un débat urgent sur l’invasion russe.

Lors de ce débat urgent, qui devrait avoir lieu plus tard dans la semaine, Kiev et ses partisans espèrent faire adopter une résolution condamnant l’invasion et demandant la création d’un mécanisme onusien d’enquête sur les violations présumées des droits de l’Homme par les troupes du président russe Vladimir Poutine.

À New York, une session extraordinaire de l’Assemblée générale est également prévue lundi pour que ses 193 membres se prononcent sur l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

À Genève, la Russie peut demander lundi un vote pour s’opposer à la tenue du débat urgent, mais il devrait lui être impossible de recueillir les soutiens nécessaires.

Mardi, les chefs des diplomaties américaine, Antony Blinken, et de l’UE, Josep Borrell, prendront la parole devant le Conseil, dans des messages vidéo. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kuleba en fera de même mercredi.

Les débats seront également ouverts lundi par la Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme Michelle Bachelet, qui ne s’est pas encore exprimée sur une lettre américaine affirmant qu’il existe une liste noire, établie par Moscou, d’Ukrainiens à éliminer en cas d’invasion.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian doit aussi prononcer un discours, par vidéo, lundi.

Suspension de la Russie?

Le président suisse et chef de la diplomatie Ignazio Cassis sera présent à Genève avant une réunion du gouvernement fédéral qui doit décider de nouvelles sanctions contre la Russie.

Vladimir Poutine a déclenché le 24 février à l’aube l’invasion de l’Ukraine, avec frappes aériennes et pénétration de forces terrestres, y compris en direction de la capitale Kiev. L’attaque a provoqué un tollé dans la communauté internationale et déclenché une batterie de sanctions internationales.

Quelque 368 000 réfugiés ont fui les combats depuis le déclenchement de l’invasion russe, dont plus de la moitié sont entrés en Pologne, et leur nombre continue d’augmenter, selon un bilan dimanche de l’ONU.

Des ONG à Genève, dont l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), demandent, elles, à l’Assemblée générale de l’ONU de suspendre la Russie du Conseil des droits de l’Homme après son offensive en Ukraine.

Le Conseil est composé de 47 États membres – dont certains sont régulièrement dénoncés pour leurs atteintes aux droits de l’Homme – qui sont élus par l’Assemblée générale des Nations unies.

Éthiopie, Birmanie, Soudan… de nombreuses autres crises et situations d’atteinte aux droits humains seront débattues ces prochaines semaines par le Conseil.

Nul ne sait encore si Mme Bachelet a prévu de publier pendant la session son rapport très attendu sur la situation dans la région chinoise du Xinjiang.

Selon des organisations de défense des droits humains, au moins un million de Ouïghours et membres d’autres minorités turcophones, principalement musulmanes, sont ou ont été incarcérés dans des camps dans cette région du nord-ouest de la Chine. 

Pékin affirme qu’il s’agit de centres de formation professionnelle destinés à les éloigner du terrorisme et du séparatisme. Mme Bachelet demande de longue date à pouvoir mener l’enquête sur place, ce que la Chine refuse.

Get in Touch

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Articles Connexes

Derniers Messages