Le licenciement collectif de 85 employés à l’hôtel Steigenberger est suspendu (Bruxelles)

« C’est un hôtel de luxe 5 étoiles qui a des gros clients et des réserves »

Pour rappel, une action de grève a commencé le 30 novembre au Steigenberger Wiltcher’s pour s’opposer au licenciement de 85 personnes et à la généralisation de la sous-traitance dans les départements du nettoyage et de la restauration.

Les trois syndicats sont représentés, mais la majeure partie des grévistes manifestent avec des vestes vertes du syndicat chrétien, qui a emporté cinq des six sièges au conseil d’entreprise aux dernières élections sociales.

« Au niveau des négociations internes, la direction a montré des calculs pour rentabiliser les services de nettoyage, selon lesquels il faudrait que les femmes de chambre fassent plus de chambres », a expliqué Didier Mvula, délégué syndical CSC et secrétaire du conseil d’entreprise au niveau de l’hôtel. « Les femmes de chambres – 20 sur 27 – ont arrêté de travailler ce 30 novembre, et ce sera sûrement encore le cas ces prochains jours, pour faire valoir qu’elles ne sont pas des machines. Elles ne veulent pas que seul l’aspect comptable soit considéré ».

C’est le caractère social des enjeux qui est ici mis en avant par les travailleurs, face à cette alternative qui a été étudiée avant d’être écartée lors des négociations.

Parmi les procédures initiées en justice, une décision est attendue dans les prochaines semaines concernant la question des syndicats de savoir si la direction peut se soustraire à l’obligation de reprendre du personnel via la sous-traitance, selon la lecture qu’ils ont d’une directive européenne en la matière.

« Il nous faut travailler sur des coûts flexibles »

« Nous voilà de nouveau face à des annulations en masse car l’hôtellerie est loin d’être sortie de la crise sanitaire », constate Michel Cottray, directeur général de l’hôtel. « Pour pérenniser notre entreprise qui affiche comme les autres des pertes en millions d’euros, il nous faut travailler sur des coûts flexibles et non plus sur des coûts fixes. […] La procédure Renault initiée le 16 juin est toujours en cours. Durant ces cinq derniers mois, on a répondu aux questions et on a même échafaudé une alternative qui s’est avérée impossible. Nous arrivons à un point où on a fait le tour de la concertation et on attend d’entrer dans la prochaine phase de négociation. »

Marina Kunzi, permanente CSC Alimentation et services, répond que « la direction veut faire payer le coût de la crise sanitaire aux travailleurs, alors que c’est un hôtel de luxe 5 étoiles qui a des gros clients et des réserves. Le chômage corona a de plus été utilisé. C’est surtout l’occasion de sous-traiter, comme on le voit de plus en plus dans le secteur, pour comprimer les coûts du personnel. Si cela passe, les équipes seront pressées comme des citrons et moins payées. Cela va nuire à la grande qualité du travail exigée dans un palace et c’est un personnel qui travaille au sein de l’hôtel depuis des années ».

Certains services au niveau de la sécurité ou de la lingerie sont d’ores et déjà traités par des entreprises extérieures, mais avec 85 licenciements sur quelque 180 travailleurs, il s’agit ici, selon la CSC, de faire entrer la sous-traitance au cœur de l’hôtel.

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