« Le PAD Herrmann-Debroux rendra physiquement impossible le passage du nombre actuel de voitures » (Auderghem)

La démolition du viaduc Herrmann-Debroux va réduire le nombre de bandes en entrée de ville mais selon Gosuin, cela vise à atténuer les impacts du trafic dans les quartiers adjacents.

ÉdA – Julien RENSONNET

Le Bourgmestre d’Auderghem Didier Gosuin veut apaiser les craintes des riverains: le PAD Herrmann-Debroux est conçu pour diminuer le trafic automobile dans les quartiers, non l’inverse. Comme le collectif PAD’Accord, il plaide pour la concertation. Et insiste: « Bruxelles ne peut pas construire de parking à Overijse ou Gembloux ».

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« Il n’a jamais été question d’entreprendre la démolition du viaduc Herrmann-Debroux sans entreprendre la mise en place de solutions de mobilité alternatives, comme le RER ou des parkings de dissuasion sur l’espace bruxellois ».

Didier Gosuin, Bourgmestre d’Auderghem (DéFI), tient à mettre les points sur les i après la parution dans les colonnes de L’Avenir des exigences des riverains du collectif PAD’Accord concernant le PAD Herrmann-Debroux. Pour rappel, ce vaste Plan d’Aménagement Directeur prévoit le cadre en vue d’abattre le viaduc du même nom. L’embouchure de la E411 sera reconfigurée en boulevard urbain sur 6 km de long. Toute l’entrée sud-est de Bruxelles en subira les répercussions, attendues depuis le carrefour Léonard jusqu’au quartier du Cimetière d’Ixelles. Ce PAD a été adopté en 2e lecture au Gouvernement bruxellois en juillet 2021.

Le PAD rendra physiquement impossible le passage du nombre actuel de voitures. La seule chance pour les navetteurs de tous continuer à entrer, ça sera d’attendre dans les files pendant 1h30.

Didier Gosuin, Bourgmestre d’Auderghem, insiste: le trafic sera moindre si Bruxelles réduit les bandes de circulation à Herrmann-Debroux.

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Concernant la Mobilité d’abord, Didier Gosuin ne partage pas la réflexion de l’association selon laquelle une entrée de ville étrécie risque d’augmenter le trafic de transit dans les quartiers adjacents d’Auderghem et Watermael-Boitsfort. « L’objectif du PAD, c’est de faire entrer moins de véhicules sur un laps de temps donné. Le principe du goulet occasionnera moins de nuisances: il rendra physiquement impossible le passage du nombre actuel de voitures ». Celui-ci est estimé à 50.000 par jour. « La seule chance pour les navetteurs de tous continuer à entrer, ça sera d’attendre dans les files pendant 1h30. Si ça marche dans toutes les grandes villes du monde, ça marchera aussi à Bruxelles ». L’ancien ministre bruxellois rappelle que « l’OCDE est arrivée aux mêmes conclusions depuis la fin du XXe siècle ».

Le maïeur auderghemois se range « bien sûr » aux côtés des riverains quant à l’importance des alternatives en vue du transfert modal. Il cite le RER, les liaisons de bus rapides entre Wavre et Auderghem, le prolongement du tram 8, le covoiturage ou les parkings de dissuasion gratuits aux abords des gares, « et non payants comme aujourd’hui à Louvain-la-Neuve ». Il souligne que plaider pour des emplacements de dissuasion hors de Bruxelles, comme PAD’Accord le fait pour Jezus-Eik, est « facile » pour des citoyens, mais répète que « le PAD ne peut pas mettre de parking à Overijse ou Gembloux ».

Certains Wallons découvrent le PAD Herrmann-Debroux. Ils l’ont zappé pendant 3 ans. André Flahaut et André Antoine plaident pour la concertation, mais ce sont eux qui doivent penser au confort de leurs navetteurs.

Concernant la concertation ensuite, l’édile amarante répète que c’est ce qu’il prône « depuis 14 ans ». Et de s’en prendre aux élus brabançons qui se matérialisent comme des cailloux dans sa chaussure. « Je sais que certains Wallons découvrent le PAD Herrmann-Debroux. Ils l’ont zappé pendant 3 ans. André Flahaut et André Antoine plaident pour la concertation, mais ce sont eux qui doivent penser au confort de leurs navetteurs, construire des parkings gratuits autour du RER, instaurer des lignes TEC rapides et plus fréquentes, pour lesquels nous nous sommes battus afin qu’ils obtiennent une bande propre sur l’autoroute ».

Le PAD Herrmann-Debroux prévoit un vaste parking de délestage dans un hub de mobilité à hauteur de l’Adeps, qui accueillera aussi le terminus d’un tram 8 prolongé. Par contre, Gosuin souligne que «Bruxelles ne peut pas construire des parkings à Overijse ou Gembloux», renvoyant ainsi la balle aux autorités flamandes et wallonnes.

ÉdA – Julien RENSONNET

On se souvient cependant qu’en 2017, des fissures avaient poussé à la fermeture d’Herrmann-Debroux. La circulation y avait été réduite à une file,  » évitant l’infarctus  » à Auderghem selon le bourgmestre FF de l’époque, Christophe Magdalijns. « On respirait », se souvient aujourd’hui Didier Gosuin. Lors de cette fermeture qui a fait la une plusieurs jours, les navettes de bus rapide depuis Walibi avaient essuyé un cuisant échec. Une crainte pour l’après-PAD? « C’était un one shot », rassure le maïeur. « On ne change pas ses habitudes pour quelques jours. Les navetteurs avaient opté pour une autre entrée, un autre mode de transport, le télétravail voire le congé. Si les adaptations sont structurelles, si le temps de parcours augmente tous les jours à cause du rétrécissement, les navetteurs devront réfléchir ».

Le potager de la rue de la Vignette « sacralisé »

Le petit potager collectif de la rue de la Vignette est installé sur un terrain constructible. Mais selon Gosuin, le promoteur n’a pas intérêt à y bâtir des appartements: ceux-ci seront plus rentables en bas.

ÉdA – Julien RENSONNET

Par ailleurs, Didier Gosuin tient à casser « les contre-vérités » concernant le potager de la rue de la Vignette, dont les riverains nous assurent qu’il est menacé par le PAD. « C’est totalement faux! Dans la seconde version du PAD, nous avons obtenu la sacralisation de cet espace vert: s’il y a construction rue de la Vignette, la superficie du potager doit être ajoutée à celle du parc de 2,4 hectares. Il n’est donc pas question d’implanter le potager collectif sur le toit du supermarché ».

Rappelons que l’espace vert de 2,4 ha est prévu sur le lit du Watermaelbeek remis à ciel ouvert, entre la station Demey et le boulevard du Souverain, en bordure de l’actuel shopping. Rappelons aussi qu’une construction reste possible sur l’actuel jardin: l’affectation du terrain en zone d’habitation n’a pas été modifiée. « Mais », argue Gosuin, « le promoteur n’y a aucun intérêt car les gabarits autorisés sur le potager actuel sont moindres que ce que le PAD prévoit en contrebas »

Le PAD prévoit un parc de 2,4ha (ici en vert) le long du parking de l’hypermarché actuel. Le potager (zone rayée vert et blanc en haut) est garanti soit à son emplacement actuel, soit en plus du parc lui-même.

perspective.brussels

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