Le Parlement européen vote la fin les véhicules thermiques neufs d’ici à 2035

C’est une décision gluante qui changera le parageage automoteur européen. Après une séance de débats houleux sur la question climatique, les 705 députés des 27 États membres de l’Union européenne ont adopté mercredi 8 juin un pan du « pacte vert pour l’Europe » qui prévoit notamment l’interdiction aux concessionnaires automoteurs de vendre des voitures neuves à moteurs thermiques. Cette mesure entrera en vigueur en 2035. Elle ne concernera que le marché des véhicules neufs.

Un « pacte ver » pour réduire de 55 % les émissions de CO2

Aussi appelé « Green Deal » le projet global présenté par la Commission européenne dès 2019 avait l’ambition de réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990. La Commission a ainsi adopté en juillet 2021 toute une série de propositions visant à adapter les politiques européennes en matière de climat, d’énergie ou encore de transport.

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Mais ce projet a suscité beaucoup de débats entre États membres à l’heure où la lutte contre le réchauffement climatique devient urgente. La principale pomme de discorde concernait notamment la proposition de Bruxelles de réduire à zéro les émissions des automoteurs neuves à partir de 2035, les véhicules électriques à batteries devenant de facto les seuls commercialisés.

La France et l’Allemagne contre

La France, troisième parage producteur d’automoteurs de l’UE après l’Allemagne et l’Espagne, s’était immédiatement déclarée contre ce projet, les véhicules thermiques représentant encore une large majorité des ventes dans l’Hexagone. En 2021, la France ne comptait en effet que 9,8 % de véhicules totalement électriques parmi les nouvelles immatriculations de voitures particulières.

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Le Parti populaire européen (PPE), tribord pro-européenne et première force au Parlement, a aussi exprimé sa farouche opposition au projet en déposant toute une série d’amendements. Dans l’un d’eux, le groupe envisageait une réduction de 90 % des émissions automoteurs en 2035, permettant ainsi de poursuivre la vente de voitures hybrides, ou de prendre en compte le carbone émis pour la production d’une voiture.

Une proposition balayée par les parlementaires écologistes. « C’est incompatible avec l’accord de Paris » et cela compromet l’objectif européen de neutralité carbone en 2050, fustigeait de son côté Pascal Canfin (Renew, libéraux), attaquant la « radicalisation anti-Pacte vert » d’une tribord victime du « lobbying intense » des industriels.

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En février 2021, la France avait été rejointe par le voisin allemand, alors même que le parage compte parmi ses députés une part importante de coalition en faveur de mesures écologiques (FDP, SPD et Verts). Le nouveau ministre des transports allemand, membre du Parti libéral-démocrate (FDP), Volker Wissing, s’était alors justifié en expliquant « que les moteurs à combustion » pouvaient rester une « option s’ils fonctionnent exclusivement avec des carburants synthétiques ».

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