Le problème Poutine | Le Journal de Montréal

Vladimir Poutine a engagé l’OTAN dans des négociations cruciales qui pourraient déboucher sur la guerre si elles échouaient. Ces négociations commencent officiellement aujourd’hui.

Poutine demande entre autres aux États-Unis et à leurs alliés de cesser d’admettre dans l’OTAN des pays qui faisaient partie de la sphère d’influence de l’Union soviétique. Il vise en particulier l’Ukraine. En cas de refus, ses troupes pourraient envahir une partie de l’Ukraine.

Une adhésion de l’Ukraine à l’OTAN menacerait directement le dispositif militaire vital de la Russie.

Mais le vrai problème n’est pas là.

Le fond du problème est que Poutine s’est transformé en dictateur. Qu’il appuie des dictateurs qui cherchent à empêcher l’avènement de la démocratie. Les exemples récents de la Biélorussie et du Kazakhstan sont révélateurs à cet égard.

De même, Poutine a approfondi la relation entre la Chine et la Russie, sans jamais critiquer la dérive totalitaire de Xi Jinping.

En comparaison, l’attitude des États-Unis, qui est loin d’être irréprochable, va plutôt dans le sens d’un soutien aux droits de la personne et à la démocratie.

Russie démocratique

Si Poutine n’était pas un dictateur, il y a fort à parier qu’il n’aurait pas soutenu autant des dictatures et qu’il n’aurait pas dressé contre lui plusieurs des anciens pays satellites de l’URSS.

Au contraire, une Russie démocratique serait probablement parvenue à retisser des liens amicaux avec tous les pays d’Europe de l’Est et avec l’Ukraine. Comme la France et l’Allemagne sont parvenues à se réconcilier.

Or, la population ukrainienne construit une démocratie. Une démocratie qui face à la dictature russe constitue une vitrine gênante des avantages de la démocratie.

Dans les circonstances, Poutine a intérêt à déstabiliser l’Ukraine. Il pourrait poursuivre son découpage et conquérir la partie du territoire qui s’étend entre la Crimée et le Donbass. Un territoire plus facile à contrôler que l’ensemble de l’Ukraine.

Pessimisme

Les négociations se poursuivent, mais il y a lieu d’être pessimiste.

D’abord, parce que les demandes de la Russie ont été rendues publiques par le gouvernement russe. Or, normalement, la règle consiste à ne pas rendre publiques de telles demandes afin d’éviter d’exciter les passions populaires.

Ensuite, parce que la Russie est opposée à l’Occident. C’est un abus de vocabulaire : la Russie fait partie de l’Occident. Penser autrement tend à dépeindre les intérêts russes et ceux des pays de l’OTAN comme mutuellement exclusifs.

Enfin, parce que les États-Unis sont en ce moment faibles et que leurs alliés européens sont divisés. Poutine a donc beau jeu.

La crise actuelle n’a pas de solution viable autre que le statu quo.

Mais à plus long terme, pour sortir de la confrontation, la Russie devra devenir une démocratie et recevoir de l’aide des États-Unis et de leurs alliés.

Pour le moment, Poutine y fait obstacle. Tout comme les dinosaures à la tête de l’OTAN.

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