Le reconfinement ne passe pas

Le controversé pari de durcir les mesures sanitaires contre les non-vaccinés ou de reconfiner entraîne la discorde et la violence dans plusieurs pays du monde. De telles règles « ne passeraient pas bien au Québec » non plus, estiment des experts. 

« Instaurer des mesures, c’est difficile. Enlever des mesures, c’est ce qu’il y a de plus facile, mais remettre des mesures, c’est là le plus compliqué », explique d’emblée Yannick Hémond, professeur en résilience, risque et catastrophes au département de géographie de l’UQAM. 

Dans les derniers jours, d’importantes manifestations ont éclaté aux quatre coins de la planète, au cours desquelles l’on rapporte des épisodes de violences, des émeutes, du vandalisme et des centaines de milliers de personnes dans les rues contre le retour de diverses mesures dû à la recrudescence des cas de COVID-19. Les non-vaccinés sont souvent visés par les consignes sanitaires les plus strictes.  

Arrestations et blessés

Aux Pays-Bas, notamment, l’instauration d’un confinement partiel et d’une série de restrictions ne passent pas. 

Des policiers en tenue antiémeute ont chargé samedi soir à La Haye des groupes de manifestants qui leur jetaient des pierres et des objets divers dans un quartier populaire. En trois jours, 145 personnes ont été arrêtées à travers le pays. On recensait aussi une douzaine de blessés, dont au moins trois par balles.

En Belgique, la marche pacifique de dizaines de milliers de personnes a rapidement dégénéré hier à Bruxelles, quand des manifestants ont commencé à lancer des projectiles. 

En Autriche, plus de 40 000 citoyens se sont réunis samedi et 6000 personnes hier contre la « corona-dictature », juste avant un nouveau confinement. Ce pays est le premier de l’Union européenne à obliger la vaccination. Les Autrichiens non-vaccinés ont aussi été forcés de se confiner. 

Fragile mentalement 

Si le taux de vaccination au Québec ne justifie heureusement pas le retour de telles mesures pour le moment, des experts estiment qu’il faut à tout prix éviter un reconfinement, en optant pour des solutions de rechange.

Geneviève Beaulieu-Pelletier
Psychologue

« Si la question revient sur la table éventuellement, on n’a absolument pas d’autre choix que de prendre en compte la fragilité psychologique de la population en ce moment. Une part ne serait plus capable psychologiquement de tolérer ça, vaccinée ou non », explique la Dre Geneviève Beaulieu-Pelletier, psychologue et professeure associée à l’UQAM. 

À son avis, un confinement visant seulement les non-vaccinés est aussi à éviter, car il viendrait diviser davantage la population.

« On pourrait s’attendre à des manifestations, à de la violence, parce qu’il y aurait un sentiment d’injustice et d’incompréhension, croit-elle. Il faut comprendre les raisons psychologiques qui font en sorte que quelqu’un refuse le vaccin. Ça serait comme de punir sans essayer de comprendre ce qu’il y a derrière. »

–Avec l’AFP

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