«Les hôpitaux doivent s’attendre à recevoir plus de patients covid»

Les hôpitaux bruxellois seront probablement aidés par la couverture vaccinale qui atteint désormais les 70% à Bruxelles, au-delà de 18 ans.

ÉdA – Mathieu GOLINVAUX

«On se trouve malheureusement dans une 4e vague» à Bruxelles. Inge Neven, responsable du dispositif Covid de la Cocof, ne mâche plus ses mots: les hôpitaux bruxellois «doivent se préparer à accueillir plus de patients covid».

Suivre @JulienRENSONNET

«Tous les indicateurs sont à la hausse».

Plus de faux-semblants dans le discours d’Inge Neven: Bruxelles doit se préparer à un hiver compliqué sur le front de la pandémie. Selon la responsable du dispositif Covid-19 à la Cocom, «personne ne la souhaitait et personne n’y croyait, mais on se trouve malheureusement au début d’une 4e vague».

Clairement, le climat a changé en 15 jours. On parlait alors de « stabilisation » de l’épidémie. Depuis début octobre, la valeur R, qui mesure le taux de reproductivité du virus, se tenait bien gentiment sous la barre fatidique de 1. Elle plafonne ce 26 octobre à 1,23. Un record depuis la rentrée. Le ton se veut donc prudent, tendance pessimiste. «Il faut désormais prendre soin de soi et prendre les actions nécessaires pour se protéger et protéger les autres». Et ainsi, «faire en sorte qu’on ne doive pas durcir les mesures et refermer certains secteurs». Le spectre d’un nouveau lockdown plane donc de nouveau au-dessus des Bruxellois.

 

Il faut faire en sorte qu’on ne doive pas durcir les mesures et refermer certains secteurs

 

Ce qui motive ces avertissements, c’est la flambée des cas «observées partout en Belgique et pas seulement à Bruxelles». Dans la capitale, ceux-ci ont augmenté de 49% sur les 14 derniers jours. On n’est pas encore au 100% d’augmentation du Luxembourg ou des 120% namurois. Et on reste loin des 280% du Limbourg ou de Flandre Occidentale. Mais les autorités sanitaires bruxelloises ne s’autorisent aucune euphorie ni fanfaronnade. Le guide d’Inge Neven et de la Cocom, c’est la courbe des admissions hospitalières. Point barre.

Ainsi, si les décès «n’augmentent pas encore» en stagnant aux alentours de la vingtaine depuis 3 semaines, «on constate une légère augmentation des personnes hospitalisées», mesure la spécialiste. Ça reste un frémissement: de 217 cas la semaine dernière, Bruxelles en enregistre 253 ce 25 octobre. On était à 94 il y a 15 jours. Pas de quoi mettre les institutions de soins sur les rotules déjà, mais celles-ci sont prévenues: «il faut prévoir une capacité supplémentaire». Car en soins intensifs, «on reste stable pour l’instant mais on s’attend à une augmentation», prévient Neven. Total actuel: 61 patients (pour 54 il y a 15 jours), dont 38 sous respiration artificielle. Un constat demeure: «Ce sont les personnes qui ne sont pas complètement vaccinées qui occupent les lits de soins intensifs. Marc Noppen, directeur de l’UZ Brussel, me le confirmait encore ce matin». Même pas besoin de lire entre les lignes: «Le vaccin reste la meilleure solution pour lutter contre la propagation du virus».

 

Les contaminations actuelles conduisent à moins d’hospitalisations. Mais le variant Delta est plus agressif et la protection vaccinale n’est pas encore complète…

 

Alors que faire? La 4e vague est-elle évitable à Bruxelles? Moue dubitative: «Quand on compare les chiffres de contamination avec ceux des vagues précédentes, on constate des augmentations similaires partout en Belgique et en Europe». Le couperet tombe: «On est en effet dans une 4e vague». Mais sera-t-elle aussi dommageable dans les hôpitaux? «C’est difficile à estimer sur base des simulations que nous avons. Celles-ci remontent à l’été et les chercheurs analysent encore celles qui se basent sur la situation actuelle». La vaccination n’aura-t-elle pas un effet? Réponse de Normand: «Ce qu’on voit, c’est que les contaminations actuelles conduisent à moins d’hospitalisations. Mais le variant Delta est plus agressif et la protection vaccinale n’est pas encore complète», tempère Inge Neven. Qui rassure: «je pense cependant que les conséquences de ces contaminations en hausse seront moins lourdes sur les soins intensifs, grâce à la vaccination, oui».

Ces courbes montrent les différentes vagues de 2020 (orange) et 2021 (bleu). En foncé, le nombre d’admissions à l’hôpital pour cause de covid. En clair, leur répercussion sur les soins intensifs.

Cocom

On reste cependant loin de sabrer le champagne: «Les hôpitaux se préparent à nouveau à accueillir de nombreuses personnes. Si elles seront plus ou moins nombreuses qu’au printemps 2021 ou qu’à l’automne 2020? On le saura dans les semaines à venir. Mais ça implique de retarder le traitement d’autres maladies, ce qui n’est ni bien, ni désirable. Il faut donc tout faire pour éviter cette pression». Et la responsable du dispositif Covid de la Cocom de conclure: «On apprend tous les jours de ce virus. Même en Flandre, avec ce taux de vaccination très élevé, contaminations et hospitalisations reprennent».

 

La hausse des admissions implique de retarder le traitement d’autres maladies, ce qui n’est ni bien, ni désirable. Il faut tout faire pour éviter cette pression.

 

Get in Touch

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Articles Connexes

Derniers Messages