« Les PAD, ces nouveaux quartiers plus denses, c’était à la pointe en 2000 » (Anderlecht)

Le député bruxellois MR Gaëtan Van Goidsenhoven se dit particulièrement attentif aux dernières zones de biodiversité bruxelloises, comme c’est le cas de Neerpede à Anderlecht, qui fait l’objet d’un plan de développement.

EdA – Julien RENSONNET

« Écolo est coincé dans le modèle dépassé de son partenaire de majorité ». C’est l’avis du député MR bruxellois Gaëtan Van Goidsenhoven. Qui souhaite repréciser l’ambition territoriale des libéraux bruxellois.

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« Nous ne sommes pas d’horribles représentants des hyper-riches: c’est un fantasme ».

Il est remonté, Gaëtan Van Goidsenhoven. Contre Écolo et ce que le député bruxellois MR appelle « une caricature frontale et désobligeante ». Cette caricature, il la lit dans le discours des élus verts Isabelle Pauthier et John Pitseys. Ces derniers évoquaient ce 4 février pour L’Avenir l’ambition libérale de construire à Bruxelles un « parc d’attractions pour les élites ». Selon leur collègue d’opposition, il s’agit là d’une « deuxième attaque après leur questionnement sur la légitimité du MR à se positionner sur la nature en ville ».

Revolver démographique

Van Goidsenhoven souhaite donc rappeler l’ambition territoriale des bleus pour la capitale. Il souligne qu’il se bat « depuis des années » pour la zone verte de Neerpede, qui fait depuis janvier 2021 l’objet d’un  » plan opérationnel « . Et de s’en prendre à « cette vision des PAD et du PRDD (*). Ces nouveaux quartiers urbains plus denses, c’était peut-être à la pointe en 1990-2000. Mais aujourd’hui, c’est dépassé. On n’a plus le revolver démographique sur la tempe: la population n’augmente plus que de 2.000 personnes maximum par an ». Cette préoccupation n’est pas neuve chez l’ex-Bourgmestre d’Anderlecht: en 2017 déjà, il alertait L’Avenir quant aux  » passe-droits  » des PAD. « En caricaturant », disait-il alors, « la rare pâture magnifique où broutent les vaches en face de chez vous pourrait devenir du jour au lendemain un tour de 100 logements ».

Ces nouveaux quartiers plus denses, c’était à la pointe en 1990-2000. Aujourd’hui, c’est dépassé. On n’a plus le revolver démographique sur la tempe: la population n’augmente plus que de 2.000 personnes par an.

En 2022, le libéral n’a pas changé d’avis. Il propose donc « de nouvelles pistes du XXIe siècle » dont « aucune n’est exclusive », pour que « la classe moyenne ne s’évapore pas car elle permet de financer les politiques sociales ». Et de répéter ces voies souvent citées que sont « la reconversion des bureaux comme ce pourrait être le cas autour de la friche Josaphat » ou un « cadastre des logements inoccupés ». Plus original: l’idée d’un « cadastre des sous-sols, ressource quasi jamais sollicitée et qui pourrait accueillir des infrastructures » ou encore « une révision du RRU, trop strict, pour surélever davantage les immeubles, construire par le haut comme on le voit à Vienne ou en Suisse ».

Gadget pour les grenouilles

Concernant les « derniers » espaces verts de biodiversité, l’Anderlechtois s’interdit de les utiliser. « C’est une erreur fondamentale. Ces friches ne sont pas des gadgets pour les papillons et grenouilles comme j’ai entendu un membre de la majorité le dire: c’est un enjeu fondamental ». Van Goidsenhoven évoque « une perte de 20% des espaces verts entre 2003 et 2016 ». Plutôt que d’urbaniser « ces champs, friches et bois », le libéral juge plus judicieux de « construire la ville sur la ville comme sur le bassin de Biestebroeck à Anderlecht » et ainsi « densifier les terrains mal construits ». Et de citer Schaerbeek Formation, la gare de Berchem, Van Praet, le bassin Vergote. « Ce sont des endroits à développer sans se mettre le couteau sous la gorge pour sacrifier des espaces verts ». Piste originale du MR: « créons un statut de parc naturel urbain. Il protégerait les zones vertes tout en autorisant leur développement économique durable, via l’agriculture urbaine par exemple ».

Urbaniser les derniers espaces de biodiversité, c’est une erreur fondamentale. Ces friches ne sont pas des gadgets pour les papillons et grenouilles.

Enfin, pour la politique territoriale à proprement parler, Gaëtan Van Goidsenhoven insiste sur l’importance d’une « participation en amont et pas quand le dossier est ficelé à 80% ». Il glisse ainsi le concept d’un « conseil d’aménagement urbain » qui regrouperait experts et citoyens « à consulter en amont » de tout projet d’envergure. Et de terminer en renvoyant Écolo à « ses accords territoriaux mal négociés avec un partenaire de majorité qui veut avancer sur ses projets de PAD: ils sont coincés dans des modèles dépassés. Construire sur les friches, c’est le plus simple: il faut être plus inventif ».

(*) Pour rappel, une réforme du CoBAT (Code Bruxellois de l’Aménagement du Territoire, qui définit les règles urbanistiques dans la région bruxelloise entre autres via les PRAS, PPAS et les très contestés PAD) est en cours, et principalement celle du RRU (Règlement Régional d’Urbanisme). Le futur RRU, ou « Plan Good Living » vient de recevoir un avis d’une commission d’experts composé d’architectes, urbanistes et promoteurs, accompagnés par l’administration publique Urban. Brussels et le cabinet du secrétaire d’État à l’Urbanisme Pascal Smet. Ce rapport est daté d’octobre 2021.

Par ailleurs, le PRDD ou « Plan Régional de Développement Durable »a été approuvé par le précédent Gouvernement bruxellois en juillet 2018. Il s’agit de l’outil urbanistique faîtier de la Région. Il définit « les réponses adéquates aux défis et enjeux que connaît Bruxelles en tant que territoire urbain ». Dont l’essor démographique, le logement, la mobilité, l’économie, l’environnement… C’est ce plan qui définit les 11 zones de développement prioritaire bruxelloises, dont certaines ont ensuite fait l’objet de PAD.

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