l’une des écoles qui va débrayer (Dinant)

Initialement, à l’école fondamentale de Bellevue, on comptait « seulement » tout arrêter pendant deux heures, mercredi prochain. Mais finalement ce sera grève le lendemain, jour de mobilisation du monde de l’enseignement. Un autre site du réseau catholique dinantais va aussi débrayer. C’est plutôt rare.

Tout a commencé par un message à la presse, envoyé par l’équipe éducative de l’école fondamentale de Bellevue, à Dinant:  » Le mercredi 9 février de 10h10 à 12h10, les élèves des maternelles et primaires seront dans la cour de récréation avec des surveillants. Nous aimerions témoigner de notre mécontentement, de notre ras-le-bol, de nos inquiétudes concernant notre fonction, de nos conditions de travail et des perspectives on ne peut plus inquiétantes ».

C’était une manière « soft » de participer au grand mouvement de protestation prévu dans le monde de l’enseignement jeudi prochain (manif devant le siège de la Fédération Wallonie-Bruxelles). En le précédant d’une journée. C’est que nous explique Agnès Espreux, directrice du fondamental à Bellevue, l’un des sites gérés par l’ASBL « Enseignement catholique dinantais ». Dixit Mme Espreux, il s’agissait « de ne pas prendre les parents en otage  » et d’éviter de désorganiser encore plus une école déjà très perturbée par l’épidémie. « Il y avait beaucoup d’activités programmées le jeudi, comme une journée Adeps réservée à l’avance ».

Mais finalement, la première intention, la manière de se montrer solidaire du mouvement annoncé la semaine prochaine au sein du monde éducatif, a laissé place à une action plus musclée. Il ne se passera rien mercredi, et jeudi, ce sera grève. Des enseignants de Bellevue se rendront à la manif programmée à Bruxelles. Pourquoi ce revirement? La directrice du fondamental raconte qu’il est consécutif « à une rencontre avec nos délégués syndicaux ». Visiblement, ces derniers ont insisté sur la nécessité de participer au mouvement global. Résultat, annoncé par Agnès Espreux: « Toute l’équipe éducative de l’école a décidé de la grève totale, le jeudi. On s’est mis d’accord entre les deux écoles pour aller manifester à Bruxelles, tous ensemble ». Les deux écoles? La directrice ajoute l’autre site du fondamental, celui de la rue En Rhée, l’école Notre-Dame. Là, on dénombre 170 élèves. À Bellevue, en primaires et maternelles, c’est 250.

 

«Comme des poules sans tête»

 

Voilà, c’est décidé, le fondamental fera grève jeudi prochain. Va-t-on suivre au niveau du secondaire (deux sites également, celui de Bellevue et place Albert)? On le lira par ailleurs, des assemblées générales auront lieu au début de la semaine prochaine.

Les parents ont été prévenus ce vendredi qu’il faudra trouver des solutions pour jeudi prochain (même si une garderie est assurée). Agnès Espreux se dit partagée entre deux sentiments: imposer une contrainte supplémentaire aux familles, tout en sentant la nécessité de clamer un ras-le-bol. Dans les écoles, en général: « On est comme des poules sans tête. Pour ma part, j’ai l’impression de courir dans tous les sens, c’est affolant ». Le Covid n’étant que la goutte qui a fait déborder le vase (même s’il s’agit plutôt d’une immense vague).

« On ne fait pas grève tous les jours », souligne la directrice. Mais cette fois, l’équipe éducative en a ainsi décidé. « Même si on est bien conscients que ce n’est pas le moment. Mais les syndicats ont fait leur job ».

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