L’Union, avec lucidité

Traditionnellement, on l’appelle « SOTEU », acronyme anglophone de « State Of The Union ». Soit le dicours annuel (le fameux « état de l’Union ») du président de la Commission européenne (ici, la présidente, l’allemande Ursula Von der Leyen), qui va revenir ce mercredi sur les accomplissements de cette année et les objectifs de celle à venir.

Gageons que l’agression russe en Ukraine, et ce qu’elle charrie de défis colossaux pour l’Union, va tenir une place de choix dans cette allocution très attendue. Ce serait la cadet des choses: l’Ukraine désire plus que jamais rejoindre l’UE (donc que l’alliance de défense militaire occidentale, l’OTAN), et c’est précisément ce qui lui vaut cette agression de la Russie, qui n’a pas hésité à lui déclarer une guerre totale dont l’issue demeure incertaine.

Concernant les mois qui viennent de s’écouler, nul doute que Madame Von der Leyen ne manquera pas de saluer les efforts des 27 pour maintenir une unité mise à mal par ce conflit aux conséquences dramatiques. Sur ce plan, l’UE n’a pas à rougir, loin de là : les États membres n’ont pas (fort) hésité à s’accorder sur les sanctions qui s’imposaient, tout en soutenant l’effort de guerre ukrainien, alors même que les dirigeants européens savaient que cela aboutirait au chantage énergétique russe que l’on observe actuellement.

Voilà qui n’augure rien de bon à l’avenir, même si ce n’est en rien comparable aux bombardements subis quotidiennement par les Ukrainiens. Embourbée dans une guerre en train de tourner à son désavantage, la Russie ne fera aucun cadeau à l’Europe, ni sur le plan énergétique, ni sur le plan diplomatique. Alors que les factures de gaz et d’électricité explosent sur le Vieux continent et que l’économie vacille, les mois d’hiver qui arrivent s’annoncent bien gris.

S’il est attendu qu’Ursula Von der Leyen présente des dispositions concrètes à l’occasion de ce discours, l’on espère aussi que la dure réalité que vont devoir affronter les citoyens européens ne sera pas éludée par le torrent de bonne volonté (on n’en doute pas) qui étreint les dirigeants européens et la présidente de la Commission. C’est le prix de la lucidité, celle qui forge les grands discours.

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