Manifestation à Bruxelles contre la venue du président égyptien al-Sissi (vidéo) (Bruxelles)

Près d’une cinquantaine de militants d’Amnesty International, du Cairo Institute for Human Rights Studies (CIHRS) ou encore de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) se sont rassemblés mercredi en début d’après-midi à la place du Trône à Bruxelles pour dénoncer les violations des droits humains en Égypte à l’occasion de la venue du président Abdel Fattah al-Sissi au palais royal de Bruxelles.

« Alors que nos autorités déroulent un tapis rouge au président al-Sissi, nous avons voulu rappeler que cette personne que le roi a reçue en audience et que notre Premier ministre rencontrera demain en compagnie de la ministre des Affaires étrangères est à la tête d’un gouvernement qui bafoue violemment les droits fondamentaux de la population égyptienne », a déclaré Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International. « Ainsi, toute voix perçue comme dissidente est persécutée, particulièrement les défenseurs des droits humains ».

Alexis Deswaef, vice-président de la FIDH, a défendu que faire primer les intérêts économiques sur le respect des droits humains bafoue les valeurs qui fondent l’Union européenne.

Ramy Shaath, défenseur des droits humains libéré en janvier après 2 ans d’emprisonnement, a parlé de conditions de détention inhumaines, de nuits passées à dormir à même le sol, de haies formées par les gardiens pour tabasser les détenus…

Son épouse Céline Lebrun-Shaath s’est montrée solidaire avec Souheila Yildiz, la compagne belge d’Ahmed Samir Santawy, un étudiant toujours détenu en raison de ses recherches universitaires sur les droits des femmes et la religion. « Il y a un an et 3 mois, c’était mon président Emmanuel Macron qui recevait avec tous les honneurs le président égyptien à Paris », a rappelé Céline Lebrun-Shaath. « Cela faisait beaucoup de peine ». Les deux femmes se sont tenues côte à côte sur la scène.

Une vingtaine de silhouettes grandeur nature à l’effigie d’Ahmed Samir Santawy ont été déployées pour appeler à sa libération. Le message « Free Ahmed » a aussi été mis en exergue via une bannière sur laquelle sera inscrit: « Free Ahmed Ahmed ». Philippe Hensmans a lu la lettre d’Amnesty International adressée au roi Philippe pour demander sa libération. La section belge de l’ONG a rassemblé près de 13.000 signatures en moins d’un an pour sa libération.

« Le cas d’Ahmed Samir est représentatif de la terrible répression qui sévit dans ce pays », a apprécié Philippe Hensmans. « Malgré les mesures de façade prises par le gouvernement égyptien, force est de constater que les violations flagrantes des droits humains se poursuivent sans discontinuer en Égypte », a ajouté Eve Geddie, directrice du bureau d’Amnesty International pour les institutions européennes.

Des pancartes présentant les photos d’autres personnes injustement détenues en Égypte ont également été arborées. Les manifestants ont scandé « Libérez Ahmed, libérez-les tous! ».

EdA Mathieu Golinvaux

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