Médecin de réputation mondiale, il fait 250 km pour venir vacciner à Comines! (Vresse-sur-Semois)

Sommité à la retraite, le docteur Robert Dion participe à l’effort de vaccination. En toute humilité, avec empathie, juste pour enrayer le virus.

Cette semaine, le centre de vaccination du Bizet a repris du service. Du personnel médical local y côtoie des bonnes âmes qui apportent leur aide. C’est ainsi que, le lundi et le mardi, une pointure mondiale de la chirurgie cardiaque, le professeur Robert Dion, a vacciné les Cominois!

« Dès mars, j’ai proposé mes services bénévoles comme médecin, explique celui qui habite à Vresse-sur-Semois. J’ai travaillé aux centres de Dinant, Gedinne et Mesnil-Saint-Blaise. Un jour, Isaline, l’une des responsables des centres wallons, m’a demandé si je ne voulais pas me rendre à Comines, à 250 km de mon domicile! Et j’ai relevé le défi, logeant dans l’appartement de mon fils, à Saint-Idesbald! »

Le professeur Robert Dion, aujourd’hui âgé de 74 ans, a compté parmi le top mondial de sa spécialité: « A 68 ans, j’ai mis un point final à ma carrière. Et quelle émotion, en 2017, quand j’ai reçu un coup de fil de New York pour m’annoncer qu’on m’avait accordé un award pour l’ensemble de ma carrière! Une décision qui émane de l’association mondiale des chirurgiens cardiaques! »

 

Il a opéré avec le professeur Barnard

 

Il faut dire que sa carrière est impressionnante. « Je suis né au Congo; j’ai fait la médecine à l’UCL, puis une spécialisation en chirurgie cardiaque. Je me suis rendu en Afrique du Sud où, en 1976, j’ai opéré avec le Professeur Barnard, l’auteur de la première transplantation de cœur en 1967. »

Après avoir peaufiné son art dans les plus grands hôpitaux, il devient chef de service à Saint-Luc en 1985: « Par la suite, je l’ai été à Leyden (Pays-Bas), à Genk et à Leuven. Apprendre moi-même et transmettre aux jeunes générations ont toujours été mes leitmotivs. »

En 40 ans de pratique, il a vu évoluer les techniques: « L’imagerie médicale a révolutionné la chirurgie, surtout dans mes domaines de prédilection: les artères et les valves. J’ai opéré un peu partout dans le monde. En 1994, à Bakou, j’ai implanté le premier cœur artificiel sur le sol russe. J’ai aussi enseigné mon art dans les pays les plus pauvres: je suis allé trois fois en Inde, cinq fois en Chine, en Tunisie, au Pakistan, en Égypte, etc. J’ai souvent été émerveillé par ces chirurgiens qui faisaient des miracles avec un matériel rudimentaire ».

Moment d’émotion également en 2015 quand il est retourné à Cape Town, en Afrique du Sud. « L’hôpital a décidé pour moi de rouvrir la salle d’opération, fermée depuis des années, où j’avais opéré avec le professeur Barnard, en 1976! Près de 40 années, ponctuées d’immenses progrès, étaient passées! »

En 2016, il a mis un point final à sa carrière: « Avec mon épouse, nous avons déménagé à Orchimont, le village d’origine de mon grand-père. Nos trois fils nous ont permis d’être huit fois grands-parents. Quel plaisir! J’ai repris le violon, j’étudie l’ornithologie, je m’investis dans le conseil des aînés, je suis bénévole à la bibliothèque, etc. Le sens de ma vie, c’est de rendre service. Je le ferai tant que la santé me le permettra! »

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