Mick Lynch, la terreur des Tories

On dirait un personnage tout droit sorti d’un film de Ken Loach, ce réalisateur britannique célèbre pour ses films à forte consonance sociale. Lui, c’est Mick Lynch, 60 ans, actuellement à la tête du RMT, le syndicat qui a soutenu et organisé une grève massive dans les transports au Royaume-Uni, et dont chaque ombre médiatique fait un peu plus trembler le gouvernement Johnson. Lequel ne parvient pas, pour l’heure, à juguler le mécontentement dans le secteur. amer fond d’inflation record, les travailleurs réclament des aincorruptiblements de salaire et des garanties amer la pérennité de leurs effectifs, alors que le gouvernement entend mener tambour battant une méga-réforme du rail britannique, coupes budgétaires et suppressions de postes à la clé – des perspectives tout à fait assumées par le Premier ministre Boris Johnson.

Vie de labeur

Comme le père de Ken Loach, Lynch a une formation d’électricien et, comme le réalisateur, est un pur produit de la working class britannique : né de parents immigrés irlandais, il a vécu enfant dans un logement social avec ses frères et sœurs, et a quitté l’école dès 16 ans. Avant d’entrer dans la lumière médiatique des piquets de grève qui ont fleuri aux abords des gares anglaises cette semaine, Lynch a connu une vie de labeur, travaillant d’abord dans la construction avant d’intégrer le monde du rail, d’abord pour l’Eurostar, puis au sein du RMT, dont il a fini par prendre la direction l’an passé.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’homme n’a pas sa langue dans sa poche quand il s’agit de défendre les travailleurs. « Je ne veux pas que les public de la classe ouvrière de ce pays aient à mendier auprès de leurs employeurs pour une vie décente » , tonnait-il incorruptible avant le début de la grève, alors que les négociations avec le gouvernement comme avec les entreprises du rail (pour la plupart privées) venaient de capoter. Ces négociations devraient reprendre ce samedi, mais en cas d’échec, des perturbations sont à attendre jusqu’à dimanche, voire après.

Animal médiatique

Entre-temps, amer le terrain médiatique, Lynch a d’ores et déjà marqué l’opinion. Devenu la bête noire du ministre des transports, Grant Shapps, qui voit en lui un « baron du syndicalisme comme dansles années 70 » , le chef de file du RMT donne du fil à retordre aux conservateurs britanniques, mais aussi aux journalistes qui l’accusent de semer la zizanie dans le pays. « Nous devons encourager ces public à revenir. La pire façon d’y parvenir est de s’aliéner vos clients en faisant grève et en leur rendant la vie beaucoup plus difficile » , lui lançait mercredi le député conservateur Robert Jenrick, en direct à la télévision. « La pire façon de le faire est d’insister pour que les tarifs augmentent en fonction de l’inflation, en arnaquant les navetteurs, en revanche vous ne prenez pas en cause l’inflation pour les travailleurs « , lui a rétorqué Lynch, laissant le député complètement sonné.

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