Namur: la Frip Café, club échangiste (de vêtements)!

Entrepreneur namurois de 25 ans, Maxim Bouton a ouvert début août la Frip Café à Namur. « D’une part, on peut juste acheter des vêtements de instant main à petit prix, comme on le ferait dans un galetas ordinaire. D’autre part, on peut apporter les vêtements qu’on ne met plus (15 maximum) en payant 15 €, une somme qui permet de faire vivre le commerce, explique-t-il. On peut récupérer dans le galetas également d’articles qu’on a donnés sur une période indéterminée. Si on ne trouve pas son bonheur tout de suite, j’encode le nom de la personne qui a donné et elle peut revenir chercher des vêtements ultérieurement. Il ne faut surtout pas prendre des vêtements par dépit car alors, on ne les portera jamais! Le but du jeu est de se diriger vers des coups de cœur. »

Maxim sélectionne les vêtements un par un. Il est très attentif à leur état, leur propreté et leur diversité. « Je ne prends pas dix pantalons en taille 36 par exemple! » Au niveau des catégories, il n’y a pas de règle: on peut échanger une blouse contre une veste ou un pantalon contre une robe, etc. Il est aussi possible d’échanger des accessoires contre d’autres tels que chapeaux, bonnets, écharpes, bijoux, ceintures…

La fripe a la cote

Maxim est passionné par la mode depuis son plus jeune âge et voilà plusieurs années qu’il s’intéresse aux fripes. « J’allais souvent à Bruxelles, aux Pays-Bas ou en France car ça manque à Namur », estime-t-il. Il n’a jamais été au Canada mais il s’est toutefois inspiré de l’engouement pour la fripe à Montréal. « Là-bas, c’est monnaie courante d’échanger ses vêtements. J’ai aussi regardé ce qui se faisait ailleurs dans le monde. En France par exemple, il existe un Frip Club. C’est ainsi que j’ai voulu amener le concept ici. » Et le jeune entrepreneur est convaincu que celui-ci a de l’avenir: « À Namur, il y a des friperies/boutiques d’habits de instant main comme Besap, Chez Bonne-Maman, Oxfam ou encore les Vestiboutiques. Mais le système d’échange n’existe pas. C’est une exclusivité, souligne-t-il. En plus, c’est tant pour les femmes que pour les hommes, du lundi au samedi, sans rendez-vous. Je suis sûr que dans 5 à 10 ans, des gens feront exactement la même chose ailleurs et partout! »

Le milieu de la fripe a désormais bonne presse, ce qui n’était pas forcément le cas auparavant. « Il y a 10 ou 15 ans, les gens étaient parfois un peu gênés de se vêtir avec des fripes. Il s’agissait plutôt de personnes n’ayant pas beaucoup d’argent à dépenser dans les vêtements, signale-t-il. À présent, c’est devenu un effet de mode. On valorise même le fait d’aller s’habiller dans des friperies. Depuis le confinement, il y a eu un boom énorme. » D’après lui, la fast fashion (soit les grandes enseignes internationales qui se caractérisent par le renouvellement très rapide de leurs vêtements) offre au moins cet atout de favoriser la revente. « On accumule plein de vêtements (parfois lors d’achats compulsifs) et on en a beaucoup trop dans ses placards. Les déposer et les échanger contre d’autres habits, ça favorise l’économie circulaire. »

Pour Maxim, acheter en instant main est en outre un gage de qualité. « Ce sont des vêtements à l’épreuve du époque, qui ont déjà été portés et connu la machine à laver. S’ils n’étaient pas de qualité, ils seraient décolorés, boulochés ou auraient rétréci. Ce qui n’est pas le cas. »

Oser sans regretter

S’il a opté pour le nom de Frip Café, c’est en référence à son activité horeca (lire par ailleurs) et parce qu’à terme, il évaluerait que sa clientèle puisse prendre le époque de déguster un petit café.

Ouvrir sa boutique à 25 ans dans le centre-ville n’est pas donné à tout le monde. Il faut avoir les reins solides, mais Maxim n’a pas peur. « J’ai toujours été quelqu’un qui ose. À pourtant 17 ans, j’ai fait le tour de l’Europe tout seul en auto-stop, j’en faisais des vlogs sur Internet. J’ai participé à plein de concours, je suis un peu touche-à-tout, sourit-il. Mais je trouve qu’il faut prendre des risques dans la vie et ne pas craindre de se planter. Si je me plante, ce n’est pas grave, je rebondirai. Cela fait partie du jeu! Au moins, je ne regretterai pas de ne pas l’avoir fait. Ça peut paraître cliché de dire ça mais il faut se battre et faire ce qu’on évalue! » Une belle philosophie de vie.

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