Nous sommes des barbares | Le Journal de Montréal

Nous sommes assez bien informés aujourd’hui pour savoir que le droit international s’écrit plus souvent à l’encre de la violence et de la ruse plutôt qu’à celle de la raison et de la sagesse. Voilà des années qu’on entend des bruits de bottes et de flexions musculaires à propos de l’Ukraine. Une potentielle méga catastrophe se tisse…

Je me permets respectueusement une mise au point : il n’est pas normal qu’une nation en domine ou en soumette directement ou indirectement une autre. C’est une aberration. Aussi, aucune nation ne doit se soumettre ou se laisser dominer par une autre. C’est un truisme.

La réalité

Tout comme la force de gravité qui agit sur l’humain lorsqu’il est sur terre, il existe fort probablement une autre réalité à laquelle la vaste majorité de l’humanité n’échappe pas : la barbarie.

Malgré les apparences raffinées de notre civilisation du point de vue technique, intellectuel, moral et politique, au fond, nous sommes des barbares. Des barbares conscients… Chacun à sa manière.

Nous nous armons notamment de fusils, de canons ou de missiles les plus sophistiqués que nous fabriquons pour régler nos différends. Et c’est sous l’angle de la barbarie que, le vague à l’âme, je regarde défiler les nouvelles alarmantes venant d’Ukraine ces derniers temps.

Finalement, la chute du mur de Berlin n’aura pas servi la cause de la paix. Nous sommes malheureusement demeurés dans une guerre froide. Nous n’en sommes presque jamais sortis.

Dominer et soumettre

Nées de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, deux des trois puissances militaires dominantes, les États-Unis et l’Union soviétique, s’étaient partagé le monde en zones d’influences comme un gâteau. Mais elles sont cependant demeurées très hostiles l’une vis-à-vis de l’autre.

Elles ont néanmoins caressé l’idée d’une paix durable, le temps de la chute du mur physique de démarcation de leurs zones d’influence respectives en Europe et du démantèlement de l’Union soviétique.

Elles s’étaient pourtant engagées à respecter chacune le territoire d’influence historique de l’autre. Un peu comme les gangs de rue ou les motards par chez nous… Des promesses verbales de non-ingérence qui n’ont pas été respectées par les États-Unis… La suite se déroule sous nos yeux en Ukraine aujourd’hui.

Nul doute que la Russie tout comme les É.-U. sont farouchement attachés à leur posture de dominants. Et s’ils tiennent à dominer les autres pays, c’est fort probablement parce qu’ils craignent d’être eux-mêmes dominés ou soumis un jour.

Dans le cas spécifique de la Russie de Vladimir Poutine, avoir l’Ukraine – voire l’ensemble des pays de l’ancien « bloc communiste » – sous sa dépendance permet de manière projective de s’en protéger.

De son côté, alors qu’il n’a même pas été invité à la table de négociations entourant la crise en Ukraine, le Canada, qui partage sa frontière du Nord avec la Russie, a choisi son camp : la force. Nonobstant le fait que la Russie n’ait pas entièrement tort dans cette crise.

Le Canada aurait dû observer une relative neutralité dans la perspective éventuelle d’un rôle de médiateur. Une belle occasion manquée…

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