Pas de procès, mais un coût énorme et une réputation en lambeaux pour le prince Andrew

S’il évite un procès grâce à l’accord obtenu avec Virginia Giuffre, l’Américaine qui l’accuse de l’avoir agressée sexuellement en 2001, le prince Andrew n’est pas tiré d’affaire, avec une somme considérable à payer et une réputation en lambeaux.

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L’arrangement financier annoncé mardi reste confidentiel, mais plusieurs journaux britanniques affirment que le troisième enfant d’Elizabeth II devra verser 12 millions de livres (plus de 20,642 millions $CAD) à l’ancienne victime du multimillionnaire américain Jeffrey Epstein ainsi qu’à son association.

Le document judiciaire se contente d’indiquer que le duc d’York «a l’intention de faire un don important à l’organisation de Virginia Giuffre», baptisée «Speak Out, Act, Reclaim», qui soutient les victimes de trafic sexuel.

Selon le tabloïd The Daily Mirror, le prince âgé de 61 ans verserait deux millions de livres à cette association et 10 millions à Mme Giuffre personnellement, sans préciser si cette somme inclut ou non les frais d’avocats très élevés dans ces cas.

Une lourde somme qui pourrait contraindre Elizabeth II à mettre la main au portefeuille pour aider celui qui a été souvent décrit comme son fils préféré, selon le Telegraph.

En nouant un accord, comme se conclut l’immense majorité de ce type d’affaires aux États-Unis, Andrew s’est épargné l’humiliation d’un procès civil incluant les témoignages de l’un de ses anciens conseillers ainsi que d’une femme affirmant l’avoir vu avec Mme Giuffre dans une boîte de nuit londonienne il y a environ vingt ans.

«Énorme paiement» 

Mais cet accord va représenter pour lui «un énorme paiement» a dit à l’AFP Mark Stephens, avocat spécialiste en réputation au cabinet d’avocats Howard Kennedy, soulignant que le prince devra «confirmer que cela vient de ses propres ressources» et non de l’argent public.

La vente par Andrew d’un luxueux chalet suisse qu’il avait acquis en 2014 avec son ex-femme, Sarah, pour 13 millions de livres sterling pourrait contribuer à régler la facture.

Avec la conclusion de cet accord, la famille royale britannique a pu pousser un soupir de soulagement, espérant désormais concentrer l’attention du public et des médias sur le jubilé de platine d’Elizabeth II, qui célèbre ses 70 ans de règne.

Mais c’est compter sans l’héritier du trône, le prince Charles dont la fondation fait l’objet d’une enquête de police annoncée mercredi. Les enquêteurs cherchent à savoir si des dons ont été récompensés par des titres honorifiques et ont servi à appuyer une demande de naturalisation d’un homme d’affaires saoudien.

«Le prince de Galles n’a eu aucune connaissance de la prétendue offre d’honneurs ou de citoyenneté britannique sur la base d’un don à ses oeuvres de bienfaisance», ont réitéré ses services.

Profil bas

Le prince Andrew est, lui, sans doute condamné à faire profil bas le restant de ses jours.

«Sa réputation ne s’en remettra jamais», a dit à l’AFP Penny Junor, spécialiste de la famille royale. Même s’il a toujours contesté les faits qui lui sont reprochés et que l’accord n’est pas synonyme d’aveux, «beaucoup de gens pensent qu’il est coupable», a observé Mme Junor.

«Je pense juste que c’est horrible que tout ait été mis sous le tapis», a réagi Yasmine Ollive, 34 ans, chargée de clientèle.

Près du palais de Buckingham, Collin Gilbert, 53 ans, touriste du Colorado assurait que «du point de vue américain, je pense que nous avons réalisé depuis longtemps que la monarchie a des squelettes dans le placard».

Pour protéger l’image de la famille royale, Andrew a été privé le mois dernier de tout rôle officiel et ne peut plus utiliser son titre d’Altesse royale.

Il a en outre été privé de ses titres militaires, une humiliation supplémentaire.

Il n’avait déjà plus aucune activité publique depuis une interview télévisée calamiteuse en 2019 durant laquelle il avait catégoriquement démenti les accusations le visant, sans la moindre empathie pour les victimes et sans regret pour ses liens avec Jeffrey Epstein.

Une députée de York (nord de l’Angleterre), Rachael Maskell, a plaidé pour qu’Andrew perde également son titre de duc d’York estimant qu’il avait «profondément blessé et embarrassé» les habitants de la ville.

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