Pauline Puteaux, le traitement et la protection des données multimédia

Quel est votre domaine de recherche ?

Pauline Puteaux : Ces dernières années, la France – caractérisée par une population très connectée – a réussi sa transition numérique. Parallèlement, le monde numérique est devenu un espace de confrontation caractérisé par la recrudescence de la concurrence déloyale, de l’espionnage, de la désinformation, du terrorisme et de la cyber-criminalité. Ainsi, face à l’accroissement des capacités des attaquants et la prolifération des scénarios d’attaques, la sécurité du numérique est devenue un enjeu majeur de la sécurité nationale.
Les données multimédia sont tout spécialement en proie aux différentes menaces de par leur abondance sur les réseaux. D’après CISCO, elles représenteraient plus de 80% du volume total des données en transit, en particulier sur les réseaux sociaux et les plateformes d’informatique en nuage (cloud).
Dans ce contexte, des méthodes de protection de contenu multimédia ont été développées. En particulier, le chiffrement permet d’assurer la confidentialité visuelle des données originales et empêcher une personne non autorisée de visualiser leur contenu (reconnaissance et identification automatiques, suivi, traçage…). Dans mes travaux de recherche, je m’intéresse au traitement et à la protection des données multimédia dans le domaine chiffré, motivée par cinq défis techniques : 1) veiller à la protection de la vie privée, 2) conserver le format original des données, 3) rendre possible la visualisation des données chiffrées, 4) préserver la taille des données en clair, 5) s’assurer de la réversibilité des opérations réalisées.

Qu’avez-vous fait avant d’entrer au CNRS ? Pourquoi avoir choisi le CNRS ?

P. P. : Après un Master en Cybersécurité à l’Université de Grenoble, j’ai choisi d’effectuer une thèse académique au Laboratoire d’Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier (LIRMM – CNRS/Université de Montpellier), sous la supervision du Pr. William Puech. Lors de ma thèse, j’ai travaillé sur l’insertion de données cachées dans les images chiffrées, le recompression d’images JPEG crypto-compressées et la correction d’images chiffrées bruitées.
Après ma soutenance en octobre 2020, j’avais pour projet d’effectuer un contrat post-doctoral à l’Université de Salzburg en Autriche. Néanmoins, le contexte sanitaire dû à l’épidémie de COVID-19 ne l’a pas permis. J’ai alors été recrutée en tant qu’ATER à l’Université de Montpellier. Lors de cette année, j’ai eu l’opportunité d’initier des collaborations avec des collègues du CRIStAL de Lille et du Laboratoire d’Informatique en Images et Systèmes d’Information (LIRIS – CNRS/INSA de Lyon/Université Claude Bernard Lyon 1) de Lyon. J’ai ainsi travaillé sur deux nouveaux thèmes de recherche, à savoir la détection de falsifications dans des images numériques et la vérification d’intégrité dans les documents. Cette année a permis de renforcer mon envie de continuer dans le domaine de la recherche académique.
Par ailleurs, depuis mes années de Master, j’ai une forte volonté de prendre part aux activités de défense nationale et à l’échelle européenne et souhaite travailler en étroite collaboration avec les instances nationales. Pour ces raisons, choisir le CNRS pour ma poursuite de carrière était une évidence.

Qu’est-ce qui vous a amené à faire de l’informatique et/ou des sciences du numérique ?

P. P. : Lorsque j’étais au lycée, je voulais devenir architecte d’intérieur. Après un bac scientifique, j’ai donc intégré une école d’architecture. Néanmoins, je me suis vite rendue compte que je n’y étais pas à ma place : les sciences me manquaient. Après quelques semaines à peine, j’ai quitté cette école pour entrer en Licence de mathématiques fondamentales et appliquées. J’ai choisi des options d’informatique, suivant le conseil d’un de mes enseignants qui m’assurait que cela me plairait. J’ai très vite été attirée par le domaine de la cybersécurité.
Plus tard, j’ai découvert le domaine du traitement d’images, qui faisait naturellement écho avec mon affinité pour l’art. J’ai eu un réel déclic confirmant mon désir de poursuivre dans la recherche en informatique lors de mon stage de première année de Master où je me suis passionnée pour la sécurité multimédia.

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