« Pour 2022, on veut simplement retrouver une vie normale » (Rochefort)

Grands sinistrés des inondations de juillet, les Dillien aspirent juste à retrouver une routine. Une stabilité après avoir connu l’errance et le doute au fil de six déménagements en quatre mois.

Deux enfants devant un dessin animé, un chien paressant sur son pouf, un joli sapin de Noël qui clignote dans son coin et un frigo rempli pour la raclette du soir. Scène paisible et banale d’une veille de nouvel an. Mais chez les Dillien, à Wavreille, elle prend un tout autre sens. La famille a été très durement touchée par les inondations du 15 juillet dernier. « C’est simple, on a tout perdu », résume Sébastien. Depuis la catastrophe, cette famille de quatre enfants (15, 13, 7 et 4 ans) a déménagé six fois, au gré des contraintes et des opportunités. Pour s’installer enfin le 15 novembre dans cette nouvelle construction louée par la société de logement Ardenne & Lesse. « La maison est rangée, les enfants sont en congé… Ça fait seulement une semaine qu’on respire un peu », souffle Sébastien. « Oui, on commence juste à se poser et à retrouver un semblant de vie », appuie Jessie.

À quoi bon décorer?

Le couple est marqué par le chemin de croix et l’errance de quatre mois qu’il a traversés. « Psychologiquement, ça a été difficile, je n’allais pas bien du tout, j’ai dû consulter, confie Sébastien. Je suis en arrêt maladie mais je n’aspire qu’à une chose maintenant: entendre mon réveil sonner à 3 h du mat pour aller prendre le volant de mon camion. »

Jessie, elle, n’avait même pas le cœur à décorer leur nouveau logement de Wavreille, ni à sortir les illuminations de Noël. « Mais je l’ai fait finalement, pour les enfants, et je n’en suis pas mécontente. L’important maintenant, c’est de retrouver une stabilité, une normalité dans la vie de tous les jours, cette routine dont on se plaint parfois mais qui en fait nous fait du bien. »

Les parents sont surtout soulagés d’offrir une perspective à leurs enfants. « La petite a été particulièrement traumatisée par les inondations et tout ce qui a suivi, note Jessie. Les deux petits ont voulu redormir avec moi pendant des semaines. Depuis qu’on est à Wavreille, ça va mieux, pour eux comme pour nous. » »Pour le réveillon, la grande va chez une copine, et le grand chez sa tante, sourit Sébastien. Je pense qu’ils ont besoin de ça aussi. Nous, on reste à la maison avec les deux petits monstres. »

L’avenir incertain

Cette maison louée par Ardenne & Lesse leur est promise pour deux ans maximum. « Ensuite? C’est la grande question, s’inquiète Sébastien. Ce n’est pas simple de trouver une maison de quatre ou cinq chambres dans la région: tout a été transformé en gîtes ou en appartements. » Réintégrer après travaux la maison qu’ils louaient au centre de Rochefort, rue Reine Astrid, reste une option. « Comme on n’a qu’une voiture, c’était pratique, avec l’école et les commerces à proximité, dit Jessie. On y était bien, mais a-t-on vraiment envie d’y retourner après ce qu’on y a vécu? Il y aura toujours la crainte que ça recommence, et surtout de la peur pour nos enfants. »

Pour les Dillien, 2022 portera son lot d’incertitudes, mais aussi une promesse: cette nouvelle année ne pourra pas être pire que celle qui vient de s’achever.

« On a été réveillés à 4h30 par le bruit d’une cascade »

15 juillet 2021, 4h30 du matin. « On a été réveillés par le bruit d’une cascade, on se serait cru au bord d’une rivière. J’ai posé les pieds au sol, il y avait 20 centimètres de flotte dans la chambre », se souvient Sébastien. L’eau montra jusqu’à 1m30, noyant la majorité des biens de la famille. « On a évacué les enfants et emporté quelques objets de valeur: ordinateur, GSM, console de jeux… » La mère de Jessie habite non loin, sa maison a échappé à la crue et a offert un refuge d’urgence.

« On a passé la nuit suivante à l’hôtel, mais on n’avait pas les moyens financiers d’y rester, raconte le père de famille. La seconde nuit, on a campé dans la seule pièce de la maison qui avait échappé à l’inondation, mais avec l’humidité et les moisissures, ce n’était pas tenable. » Un appartement d’urgence leur a été loué pour deux semaines (« 1100€! »), après quoi les Dillien se sont installés dans un logement communautaire, toujours à Rochefort. Le temps de vider la maison sinistrée, de retrouver vêtements et biens de première nécessité, d’établir les documents pour les assurances. « On a fait plus de 2000 photos et rempli 15 pages pour tout décrire. On a retouché au final 66 000€ sur les 83 000€ de pertes. Mais l’argent ne pourra jamais racheter les photos et les bricolages des enfants. Le traumatisme est plus moral que financier. »

Avant d’obtenir la maison de Wavreille, les Dillien devaient trouver un gîte. « On s’est dit: autant le louer au soleil. On a passé une semaine près de Marseille, et ça nous a fait le plus grand bien. Ça nous a rapprochés, tous les six, après ce qu’on avait vécu. »

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