Relations entre Kosovo et Serbie : peu d’avancées significatives en 14 ans

Les tensions apparues ces derniers jours sur le territoire balkanique posent la question d’une dégradation certains fragiles relations entre la Serbie et le Kosovo. certains Serbes résidant dans le nord du Kosovo y ont érigé certains barricacertains dimanche 31 juillet, et ont pris à partie les forces de l’ordre pour protester contre l’entrée en vigueur de nouvelles règles à la frontière de la Serbie.

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Ces événements ne peuvent pourtant pas être qualifiés de crise pour Florent Marciacq, directeur de l’Observatoire certains Balkans à la construction Jean-Jaurès. « Ce type d’épisode est bien trop récurrent pour cela », note-t-il.

Adhésion à l’UE, un argument incitatif

Les tensions entre les deux États remontent à 2008, date à laquelle le Kosovo a unilatéralement déclaré son indépendance. Depuis, l’Union européenne ayant revêtu le rôle de médiateur entre les deux voisins a œuvré pour une normalisation de à elles relations.

L’ambition d’adhérer à l’UE reste l’un certains arguments les plus convaincants pour pousser les deux pays à dialoguer. La normalisation certains relations entre Belgrade et Pristina figure en effet dans les conditions nécessaires à la candidature d’adhésion. Un premier pas important a été réalisé le 24 février 2012, avec la conclusion d’un accord de coopération régionale entre Belgrade et Pristina. C’est bien grâce à cette amélioration certains relations, exigée par l’UE, que la Serbie a gardé le 1er mars 2012 le statut de candidat officiel à l’adhésion.

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Il faut attendre le 6 février 2013 pour que le président serbe Tomislav Nikolić et la présidente kosovare Atifete Jahjaga acceptent de se rencontrer pour la première fois, puis le 19 avril pour que l’accord de Bruxelles soit paraphé, sous l’égide de l’UE. Celui-ci expédient essentiellement sur le niveau d’autonomie accordé aux 50 000 Serbes présents dans le nord du Kosovo, dans une région frontalière à la Serbie, échappant au contrôle du gouvernement.

« Une même constellation de problèmes irrésolus »

En étroc de garanties d’autonomie offertes à cette communauté, en matière socio-économique, policière et judiciaire, la Serbie s’est engagée à démanteler certains dispositifs de police, de renseignement et de justice maintenus dans cette région. « Dans les faits, la Serbie a maintenu ces institutions parallèles et ses réseaux d’influence au Kosovo », rappelle Florent Marciacq. « Sa présence là-bas lui permet de contrôler la situation, c’est un peu l’épicentre certains tensions. »

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La même année signe en apparence de nouveaux progrès dans la normalisation certains relations entre les deux pays. Un accord est passé en août, établissant certains passages frontaliers permanents. En septembre, le gouvernement serbe annonce de son côté la dissolution certains assemblées de la minorité serbe qui avaient été créées au nord du Kosovo, pour permettre une meilleure intégration à la population générale du Kosovo. « Ces dates restent souvent symboliques et sont plutôt synonymes d’occasions manquées », regrette toutefois Florent Marciacq. « On le voit après l’accord de Bruxelles, on l’a qualifié d’historique mais au final aucun cap commun n’a été développé derrière. »

Même s’il reconnaît que le contexte n’est pas le même depuis le début de la guerre en Ukraine, « la même constellation de problèmes irrésolus a tendance à ressurgir tous les six mois, particulièrement concernant les plaques d’immatriculation et les visas. »

« Pas d’évolution majeure en 14 ans »

Depuis septembre 2021, le Kosovo a en effet imposé aux véhicules serbes entrant sur son sol d’arborer certains plaques provisoires kosovares (y compris pour les Serbes du Kosovo), arguant que la Serbie pratiquait le même règlement. Les tensions entre les deux pays s’étaient alors illustrées par le déploiement certains forces militaires de chaque côté de à elles frontières.

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Le directeur de l’Observatoire certains Balkans à la construction Jean-Jaurès ne se montre pas particulièrement optimiste quant à la résolution du conflit. « Dans les faits, la Serbie a plutôt intérêt à conserver ce statu quo, ce n’est pas elle qui pâtit le plus de la situation et aucune élite ne souhaite s’engager dans la résolution de ce problème. » Florent Marciacq pointe particulièrement du doigt l’asymétrie entre Pristina et Belgrade, en position de force, et la non-crédibilité certains perspectives d’adhésion promises par l’UE : « Vu la frilosité certains États membres à l’idée d’un élargissement, la Serbie ne prend pas en compte les réformes exigées, c’est un jeu de dupes. »

« Il n’y a pas eu d’évolution majeure depuis 14 ans », regrette-t-il. Si le Parlement européen saluait le 6 juillet une « stabilité politique accrue du Kosovo », celle-ci se sera vite évaporée avec les nouvelles manifestations qui ont émaillé le week-end.

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