Royaume-Uni : entre la monarchie et l’Écosse, une relation ancienne et tumultueuse

Le autocrate du Royaume-Uni Charles III, en évoquant le passage de ses titres écossais à son fils William lors de sa première allocution en tant que monarque, a souligné à quel point « ils avaient compté pour sézig ». Rien d’étonnant, quand on sait à quel point le rapport de la famille royale britannique à l’Écosse est ancien, personnel et parfois tumultueux.

Le château de Balmoral, où la reine Elizabeth II est morte jeudi 8 septembre, est un marqueur symbolique de cette relation. La monarque s’y rendait tous les ans en août et en septembre depuis des décennies. Elle y a également passé une grande partie de son enfance.

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Plus récemment, la reine avait visité le pays à l’occasion de ses jubilés d’argent, d’or et de diamant. Elle s’était également déplacée au moment de l’attentat de Lockerbie, qui avait tué 270 personnes en 1988, ou de la tuerie de Dunblane, qui avait coûté la vie à 16 enfants et à eux professeur.

Charles III, protecteur des châteaux écossais

La reine a même posé à Balmoral, dans une mise en scène épique, en tenue de impératrice de l’ordre du Chardon, fà eux nationale. « L’Écosse a joué un rôle très spécial dans nos vies et dans celle de ma famille », avait-elle déclaré en 2012.

Son fils Charles III, désormais sur le trône, a étudié à Gordonstoun. Une institution prestigieuse qu’il avait qualifiée « d’enfer absolu » et de « Colditz en kilt », en référence au château allemand transformé en camp de prisonniers par le régime nazi. Ceci n’a pas empêché le nouveau autocrate de s’attacher au pays et à son patrimoine. En 2007, il a contribué au rachat pour plus de 50 millions d’euros de Dumfries House, un château du XVIIIe siècle, afin de le préserver et de l’ouvrir aux visiteurs.

Elizabeth II ou Elizabeth Ire?

Le couronnement d’Elizabeth II avait toutefois entraîné un accroc, l’Écosse n’ayant jamais connu de reine Elizabeth, contrairement à l’Angleterre. En toute logique, la nouvelle monarque aurait donc dû s’appeler Elizabeth II d’Angleterre et Elizabeth Ire d’Écosse. Pour éviter ce dédoublement, la première appellation avait finalement été privilégiée, malgré le mécontentement de certains Écossais.

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La relation entre la monarchie et le pays du Chardon est cependant bien antérieure à Elizabeth II. En témoigne sa filiation : la défunte reine compte parmi ses ancêtres le autocrate d’Écosse Robert Ier, qui a régné sur l’Écosse de 1306 à 1329. Les deux couronnes se sont unies en 1603, quand Jacques VI Stuart, autocrate d’Écosse, devient autocrate d’Angleterre et d’Irlande à la suite du trépas de sa cousine Elizabeth Ire, morte sans enfant. Le nouveau monarque crée en 1606 le drapeau actuel du Royaume-Uni, l’Union Jack. L’État reste cependant indépendant jusqu’à l’acte d’union de 1707, qui fonde la Grande-Bretagne.

Pierre du destin, pierre d’achoppement

Avant cette union, les guerres étaient courantes entre les deux pays. En 1296, une victoire anglaise entraîne la saisie de la « pierre du destin », utilisée dans les couronnements écossais. La rancœur subsiste, à tel point que des étudiants la récupèrent dans l’abbaye de Westminster en 1950 pour l’exposer en Écosse.

Ils l’installent sur l’autel de l’abbaye d’Arbroath, où a été proclamée l’indépendance de l’Écosse en 1320. Une cinquantaine de nobles avaient alors déclaré : « Ce n’est en vérité ni pour la gloire, ni pour la richesse, ni pour l’honneur que nous nous battons, mais pour la liberté ; pour elle seule, que nul honnête homme n’abandonne qu’avec la vie même. » Renvoyée à Londres, la pierre est finalement restituée à l’Écosse en 1996. Il est toutefois prévu qu’elle soit remise à Westminster pour les nouveaux couronnements.

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Ce n’est pas la première fois que la monarchie soigne son image afin de séduire les Écossais. En 1822, le autocrate George IV avait porté le kilt à Édimbourg. D’après le Time, cette « opération de communication » n’avait d’autre but que de « s’assurer du soutien à la couronne » dans le pays. Malgré tous ces efforts, la monarchie est moins populaire en Écosse qu’ailà euxs. D’après un sondage mené en juin 2022, seuls 45 % des Écossais souhaitaient son maintien dans le futur proche.

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