Royaume-Uni : surenchère et radicalité au menu des candidats à la enchaînement de Boris Johnson

Le processus de remplacement de Boris Johnson à la tête du Parti conservateur, et donc au poste de premier ministre britannique, démarre ce mercredi 13 juillet. Entre 13 h 30 et 15 h 30 heure locale (14 h 30 et 16 h 30 heure française), les députés tories voteront, à l’occasion du premier tour d’un scrutin destiné à éliminer un à un les huit candidats en lice.

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Le nom des deux finalistes de cette élection interne sera connu au plus tard jeudi 21 juillet. Les quelque 100 000 adhérents du Parti conservateur auront ensuite jusqu’à la fin du mois d’août pour les départager. Dernière étape, le nom du vainqueur sera dévoilé le 5 septembre. À l’issue de sa première entrevue avec la reine Elizabeth II, ce responsable remplacera alors Boris Johnson au 10 Downing Street.

Revenir vers « les principes conservateurs »

Ce système électoral si particulier influence fortement le contenu de la campagne. Les adhérents du parti conservateur sont en effet majoritairement demeurés alignés sur l’idéologie promue lors des années 1980 et 1990 par Margaret Thatcher, marquée par l’euroscepticisme et le libéralisme économique. Par le passé, ils ont parfois choisi le plus extrême des candidats à leur disposition, et ce même si son adversaire semblait davantage capable d’attirer le vote des indécis.

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En l’absence d’un favori qui se détacherait, cette élection n’échappe pas à une forme de radicalisation. Les discours et entretiens accordés par les candidats ont été marqués par une course à la surenchère. Toujours sur les deux mêmes thèmes : l’économie et l’Europe.

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Après trois années marquées par la volonté de Boris Johnson d’investir pour développer et améliorer les services publics, la jeune députée Kemi Badenoch a bien résumé la volonté des siens de revenir vers « les principes conservateurs » : « Marchés libres, gouvernement limité, État-nation fort. »

La ministre des affaires étrangères, Liz Truss, l’une des favorites, entend « réduire les impôts dès le premier jour afin de prendre des mesures immédiates pour aider les gens à faire face à la hausse du coût de la vie ». Si elle est élue, elle annulera l’augmentation de l’assurance nationale, qui est entrée en vigueur en avril (une mesure commune à la plupart des candidats).

En décalage avec l’opinion publique

Elle s’assurera enfin que l’impôt sur les bénéfices des entreprises « reste compétitif afin d’attirer les entreprises et les investissements en Grande-Bretagne ». Établi à 19 % depuis 2017, il devait être relevé à 25 % dès l’an prochain pour les entreprises laquelle les profits dépassent 290 000 €.

En comparaison, l’ancien ministre des finances Rishi Sunak, présenté comme le favori, est demeuré très modéré, mardi 12 juillet, lors de la présentation de son programme. Il a promis de réduire les impôts « une fois que nous aurons maîtrisé l’inflation (…) Il s’agit de savoir quand, pas si… »

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Sur la question de l’Europe, aucun des candidats n’a émis la possibilité de revenir sur le motif de loi destiné à ne plus appliquer toutes les mesures du arrangement sur l’Irlande du Nord, l’un des pans de l’accord de Brexit. Aucun ne s’oppose donc à la possibilité d’un conflit commercial latent avec l’Union européenne. Pas même Tom Tugendhat, perçu comme le plus pro-européen des candidats et laquelle l’épouse est française. Il voit dans le motif de loi « un levier » dans les négociations avec l’UE pour s’assurer du maintien de « la souveraineté et de l’unité du Royaume-Uni ».

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